Quand nos malades errent dans les rues

Un autre itinérant, Farshad Mohammadi, a perdu la vie... sous les balles. Au... (Archives La Tribune)

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Un autre itinérant, Farshad Mohammadi, a perdu la vie... sous les balles. Au même moment on entend dire que le gouvernement veut couper les fonds des organismes communautaires qui viennent en aide aux itinérants ou aux gens affectés de troubles mentaux.

Et bien laissez-moi vous dire que mon frère aurait pu être à la place de Farshad.

Atteint de maladie mentale depuis 37 ans, il s'est promené de foyer en foyer, selon les critères de notre cher gouvernement. Parfois de bons foyers et dernièrement un moins intéressant après quoi il s'est retrouvé dans une maison de chambres remplie de toxicomanes, donc pratiquement à la rue.

N'ayant plus d'encadrement, il quêtait dans les rues... Un bon jour, il s'est retrouvé dans un parc du centre-ville à midi trente et un policier zélé lui a donné une contravention pour refus de circuler dans un endroit public - il était midi trente, pas minuit trente! - alors qu'il mangeait tout simplement un sandwich assis sur un banc.

Alors, je me fâche et je le transporte vers l'Hôtel-Dieu qui ne veut pas le garder, mais je ne sais où aller alors je fais des menaces d'appel aux journalistes. Il y restera quatre longs mois, au 8e étage, jusqu'à ce qu'on lui trouve un centre de soins de longue durée, La Maison Blanche, fin décembre 2010. Pourquoi? Pour protéger sa vie...

Il aurait pu être Farshad lorsque le policier lui a donné une contravention... Mais encore là, pourquoi donner une contravention à un itinérant qui est visiblement atteint de maladie mentale?

Je me débats actuellement avec la cour municipale pour faire casser cette amende de 100 $ qu'il n'a évidemment pas les moyens de payer et pour laquelle il n'a jamais plaidé coupable.

C'est un avocat nommé par une travailleuse sociale de l'Hôtel-Dieu (sans consentement) qui a plaidé cette infraction 10 mois après son départ de l'hôpital.

Mon propos est donc le suivant : qui sommes-nous, comme société, pour juger qui que ce soit? Qui sommes-nous, comme société, pour laisser nos policiers devoir gérer ce que les travailleurs sociaux n'ont pas la compétence de gérer? Qui sommes-nous, comme société, pour laisser notre gouvernement abandonner des humains dans la rue en coupant les vivres aux organismes communautaires qui font pas mal plus pour nos malades et nos itinérants? Qui sommes-nous, comme société, pour laisser notre Ville donner des contraventions à des malades ou à des itinérants? C'est à nous d'y répondre!

Les politiciens sont imputables des agissements de leurs employés, peu importe le service municipal ou le ministère provincial. Je crois que nous sommes passés du « je me souviens « au « quosse ça donne « et ceci est très malsain... Levons-nous, engageons-nous... et faisons en sorte que ces situations changent!

Bianca Battistini

Sherbrooke

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