Aucun incident regrettable, aucun vandalisme, aucun acte d'incivilité notoire n'a été relevé durant ces quatre mois de grève. Quand on connaît les tensions psychologiques et financières qu'ont dû endurer ces grévistes, on doit admettre que leur comportement a été exemplaire.
Quant à l'Université de Sherbrooke, à son conseil d'administration, à sa rectrice (l'invisible Luce Samoisette) et à sa triste équipe de négociateurs, je n'ai aucune louange à leur faire. Leur attitude a été ignominieuse et l'institution devra longtemps endurer les séquelles de ces négociations.
(...)Qu'une université qui dit dispenser des cours reconnus en administration, en relations de travail, en gestion du personnel, en sciences humaines et en tant d'autres disciplines puisse laisser traîner un conflit pendant une période aussi longue (n'oublions pas que la convention collective des membres du SEESUS était échue depuis 2008
est proprement odieux. Quel bel exemple pour les milliers d'étudiants que vous êtes censés former!
Ne vous vantez pas non plus d'avoir respecté votre sacro-saint «cadre financier». Avant d'appuyer sur la touche finale de vos profits et pertes, essayez d'évaluer les dommages collatéraux de votre «victoire».
Vos employés, Madame, rentrent blessés et enragés. Ne vous fiez pas trop au vote d'acception de 66,9%. Plus de la moitié des gens qui ont accepté l'ont fait la rage au coeur. Ils l'ont fait par dépit et par lassitude face à l'intransigeance de l'Université. Ils l'ont fait aussi par compassion, parce que les situations familiales et financières de beaucoup de leurs collègues devenaient intolérables.
Et vous, Madame, vous avez défait en un seul mandat ce que vos prédécesseurs ont mis des années à construire: le lien de confiance et d'appartenance de vos employés à l'Université. Le climat de travail risque d'être pourri pour longtemps. Ça vaut combien, ça, Madame?
Et ces services dont les étudiants ont été privés pendant toute une session, cette formation à rabais que vous leur avez dispensée, ça vaut combien, ça, pour l'image de l'Université? (...)
André Jacques
Sherbrooke