Une augmentation compréhensible

La Tribune révélait le 23 septembre dernier que 40 cols blancs de... (Archives La Tribune, Jocelyn Riendeau)

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Archives La Tribune, Jocelyn Riendeau

La Tribune

La Tribune révélait le 23 septembre dernier que 40 cols blancs de la Ville de Sherbrooke ont eu une prime salariale (environ 800 $ par année) car ils sont bilingues. Le Parti québécois, l'organisme Impératif français et certains ministres expriment de forts reproches quant à cette nouvelle mesure, lui reprochant entre autres d'être humiliante, de désavantager certains employés, et même de démontrer notre «mentalité de colonisés». Je me permets une réponse...

Rappelons-nous qu'on parle ici dans la moitié des cas d'employés du service d'urgence 9-1-1. Je ne crois pas que les gens qui appellent là et qui veulent se faire servir en anglais le font par principe... ils sont en situation d'urgence! Ils vont faire leur possible pour être compris! Bien sûr, au Québec, tout le monde devrait parler français: c'est notre langue officielle.

On ne s'obstinera pas là-dessus. Mais les touristes qui visitent notre province, peuvent-ils appeler le 9-1-1? Et les immigrants fraîchement arrivés (pas facile d'apprendre le français en un mois, quand même)? Il faut que ces personnes puissent être servies comme tout le monde. Il faut donc que certains employés maîtrisent l'anglais en plus du français.

On demande à ces employés une compétence de plus, c'est compréhensible qu'ils soient payés plus cher. Les unilingues francophones ne sont pas «désavantagés». S'ils étaient payés moins cher que des unilingues anglophones, il y aurait déséquilibre, mais ce n'est pas le cas.

Également, pour moi, une «mentalité de colonisés» ce n'est pas de reconnaître l'importance de la maîtrise de plus d'une langue dans certains métiers. La «mentalité de colonisés», c'est plutôt de grimper aux rideaux chaque fois qu'on entend parler de l'anglais sans se poser trop de questions sur le sujet.

L'anglais ne doit d'ailleurs pas être vu comme la «langue de l'envahisseur», signifiant que, justement, nous ne sommes rien de plus que des «colonisés». On peut toutefois reconnaître que, puisque c'est la langue véhiculaire numéro un au monde, il peut être important pour certains employés de la parler en plus du français.

Camille Dauphinais-Pelletier

Étudiante en communication

Sherbrooke

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