Le transport en commun, une entreprise privée ?

À entendre la Société de transport de Sherbrooke (STS) vanter son nouveau Plan... (Archives La Tribune, Christian Landry)

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La Tribune

À entendre la Société de transport de Sherbrooke (STS) vanter son nouveau Plan de transport 2009-19, on croirait entendre une entreprise qui se met en lice pour le prix «Entreprise de l'année»! Le transport en commun, un service d'une municipalité pour permettre, entre autres, à ses citoyens n'ayant pas d'autres moyens de se déplacer de le faire, pour avoir accès à tous les services d'une ville, vous avez entendu quelque chose là-dessus?

Face à des citoyens qui demandent plus de services dans les arrondissements de Rock Forest-Saint-Élie-Deauville ou de Brompton, face à des jeunes travailleurs qui demandent plus de service le dimanche matin, les réponses sont toutes identiques, d'ailleurs répétées à la conférence de presse de la STS le 19 mai: il faut voir s'il y a suffisamment de densité de population, suffisamment d'achalandage, et «ça dépend des moyens de la STS»!

 

Les moyens, la STS les a pour offrir une panoplie de rabais de 10 pour cent à des salariés qui, en majorité, gagnent bien leur vie et pourraient payer le plein tarif. Elle les a pour construire de beaux terminus (pour les transferts et les étudiants) et pour faire de belles rénovations au siège social. La densité de population? Tous les Sherbrookois payent des taxes et ont droit au transport. Il pourrait y avoir des taxibus et des minibus pour les zones de faible densité. Des demandes de transports laissées sans réponse, parce que pas rentables en ce qui a trait à l'achalandage? Il s'agit là d'un langage d'entreprise! Nous avions, au RUTASM, manifesté ces craintes «de gestion d'entreprise» en 2004 lorsque que le président de la STS d'alors avait confié à une firme et quelques chercheurs d'université le mandat de mettre en place un nouveau plan de transport (La Tribune, 6 et 8 avril 2004).

Il est vrai que la STS cherche à se défaire de l'image que le transport en commun est un service pour les pauvres. Elle y réussit très bien. Des innovations très sophistiquées, «de très haute qualité», sont prévues pour améliorer les transports des étudiants et travailleurs. Heureusement que le transport adapté est financé en majorité par des subventions du ministère des Transports, car ce n'est pas un service rentable!

Il est vrai également que la STS a connu une «mutation profonde» ces dernières années. C'est même à se demander si elle sait encore qu'elle est un «service public», comme l'eau, l'électricité, les services de police et d'incendie dans une ville au service de tous les citoyens de Sherbrooke...

Raymond Duquette

France Croteau

RUTASM

 

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