De courage et de vision

Omer Girard... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Omer Girard

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(Magog) À 92 ans, Omer Girard présente un parcours singulier: pilote au sein de l'Aviation royale du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale, pionnier de la câblodistribution au pays et président fondateur de la Chambre de commerce et d'industrie Magog-Orford. Il a sans aucun doute été l'un des Magogois les plus influents des 50 dernières années.

Pendant plusieurs années, malgré l'héritage important qu'il avait laissé, on n'entendait plus guère parler de M. Girard à Magog. Cependant, l'an dernier, la CCI Magog-Orford l'a dignement honoré à l'occasion de son gala 50e anniversaire. En décembre 2012, le Temple de la renommée des télécommunications du Canada a reconnu son travail à son tour.

Les deux honneurs reçus au cours de 2012 ont ramené l'ancien propriétaire de Transvision Magog à l'avant-scène. Homme affable, le Magogois a apprécié qu'on se souvienne de lui alors que le milieu a paru conquis en le redécouvrant.

À la CCI Magog-Orford, on a d'ailleurs décidé de poser un geste de plus pour que la mémoire d'Omer Girard ne s'efface pas. L'organisme a créé la Soirée des Omer, un événement où on récompense des gens d'affaires de la région magogoise. La première édition se déroulera le 15 mars prochain.

«J'ai été un peu surpris par la création de la Soirée des Omer, reconnaît le nonagénaire. Mais, de façon globale, je suis bien fier de tous les honneurs qu'on m'a accordés ces derniers mois.»

Avouant avoir eu une vie professionnelle remplie de succès, M. Girard affirme qu'il a toujours «essayé de faire ce qui devait être fait. Avec le recul, on s'aperçoit à travers quoi on est passé et on réalise que ç'a été mouvementé».

Le Magogois a vécu une des périodes les plus animées de sa vie dans les années 1970, après avoir déclaré la guerre à Bell Canada. Le conflit portait sur le droit des câblodistributeurs d'utiliser les poteaux de Bell pour installer leurs propres fils et avait suscité des réactions partout au Canada.

«La guerre des poteaux, comme les gens l'appelaient, est un moment important de ma carrière. C'était David contre Goliath, mais j'étais convaincu dès le départ qu'on gagnerait la bataille et c'est ce qui est arrivé», révèle celui qui s'était mérité le surnom de héros de Magog à cette époque.

Un pilote

À l'âge de 19 ans seulement, Omer Girard a joint les rangs de l'armée. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il gravissait les échelons dans l'Aviation royale jusqu'à devenir pilote.

«Personne ne veut aller à la guerre. Moi, j'ai eu la chance que la guerre se termine peu avant que je parte au combat. Par contre, en devenant pilote, je réalisais un rêve de jeunesse. Les avions m'attiraient: comme la câblodistribution par la suite, c'était la modernité.»

Après la guerre, le Magogois aurait beaucoup apprécié être recruté par Air Canada. Malheureusement pour lui, il y avait surabondance de pilotes en provenance de l'armée au milieu des années 1940. «C'était décevant pour moi de ne pas pouvoir me recycler en pilote de ligne. Mais j'étais habitué à la discipline de l'armée et je suis vite passé à autre chose», explique-t-il.

Il s'inscrit donc à l'École d'arts et de métiers Octave-Casgrain à Montréal, où il complète un diplôme en technique radio. Il commence ensuite à vendre du matériel électronique et se familiarise avec la câblodistribution, une industrie naissante.

De retour à Magog, il crée en 1957 un des premiers réseaux de câblodistribution au Québec. Quelques années plus tard, il s'associe à un groupe de gens d'affaires dynamiques et fonde la Chambre de commerce et d'industrie Magog-Orford.

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