Un feu roulant d'émotions

Jean-Pierre Gagné... (Imacom, Maxime Picard)

Agrandir

Jean-Pierre Gagné

Imacom, Maxime Picard

Partager

Sur le même thème

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune

(Sherbrooke) Après cinq ans chez Bombardier et autant d'années comme chauffeur d'autobus, Jean-Pierre Gagné se lance en affaires en 1978. Il ouvre d'abord un dépanneur avant de fonder, en 1982, Estrie Piles, une entreprise spécialisée en distribution de piles et de produits d'éclairage. Deux ans plus tard, l'industrie de la pyrotechnie attire l'attention de l'homme d'affaires, qui crée alors FAE Pyrotechnie. Depuis, les feux d'artifice ont occupé une place toujours grandissante dans la vie professionnelle de M. Gagné.

« Le volet feux d'artifice est devenu une vraie passion! D'ailleurs, je m'y consacre entièrement depuis la vente d'Estrie Piles en 2009 «, révèle le Sherbrookois de 65 ans. La Fête du lac des Nations, la Traversée du lac Memphrémagog, le Tournoi Yvon Pif Dépatie, le Festival du papier de Windsor sont parmi ses premiers et plus fidèles clients.

Sa plus grande fierté en carrière est sans contredit sa victoire au dernier Championnat mondial pyrotechnique de Blackpool en Angleterre. « Dans mon esprit, c'est la seule compétition au monde que tu ne peux pas acheter. Dans toutes les autres, les entreprises peuvent dépasser les budgets fixés par les organisateurs selon leur bon vouloir. Mais en Angleterre, c'est un budget prédéterminé qui ne peut pas être dépassé. C'est donc une vraie compétition de concepteurs», explique M. Gagné.

Une passion familiale

Depuis une dizaine d'années, le concepteur de FAE Pyrotechnie est Jean-Sébastien Gagné, le fils du fondateur de l'entreprise. « Mon épouse travaille avec moi depuis le début et notre fils est avec nous depuis 2000. Quelques années après son arrivée, il s'est intéressé à la conception des feux. Quand j'ai vu à quel point il avait du talent, je lui ai laissé toute la place et j'ai eu le goût de pousser le volet pyrotechnique encore plus loin», confie fièrement le père de famille.

Avec ses cinq employés réguliers et une quarantaine de pigistes, FAE Pyrotechnie a remporté les honneurs à l'échelle mondiale devant de grandes entreprises de la France, d'Angleterre et d'Australie. L'entreprise sherbrookoise a notamment battu Howard & Sons Pyrotechnics, une entreprise australienne qui compte 200 employés et 600 pigistes. Cette victoire offre à FAE Pyrotechnie une reconnaissance au-delà des frontières du Québec. « Mais pour aller chercher des contrats, il n'y a rien comme un client satisfait», soutient celui qui n'a jamais tenté d'être le plus gros de son industrie, mais qui a toujours visé l'excellence.

La conception de feux d'artifice est un vrai travail de création qui comprend le choix des bombes, la synchronisation de la musique et des explosions. « L'objectif est de faire naître l'émotion», confie M. Gagné précisant que la configuration du site est une variable importante. Les feux d'artifice créés par FAE Pyrotechnie peuvent coûter de 250 $ à 100 000 $. Ses clients sont des municipalités, des corporations, des particuliers.

« J'ai fait des feux d'artifice pour à peu près toutes les occasions. Évidemment, pour les fêtes nationales, les festivals d'été, les carnavals d'hiver et les célébrations de fin d'année. On en a aussi fait pour des mariages et même pour des funérailles, se souvient-il. Un père était venu me voir car son fils de 17 ans qui adorait les feux d'artifice était décédé. On l'a fait et on a envoyé la facture au ciel!»

Au cours de l'existence de l'entreprise, aucune grande épreuve n'est survenue. « Mais toujours des problèmes quotidiens à régler. « De son temps, FAE Pyrotechnie a fait un virage vert et utilise maintenant des bombes en plastique biodégradable ou en carton. Des matériaux 80 % moins polluants qu'il y a 20 ans, affirme M. Gagné.

Le chiffre d'affaires a connu une croissance régulière au fil des ans et aucun accident de travail n'est jamais survenu. « Parce qu'on travaille avec des explosifs, les gens croient qu'on fait un métier dangereux. Mais je ne le crois pas, car on contrôle très bien ce qu'on fait », résume celui qui ne se couche jamais sans avoir un projet pour le lendemain.

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer