Objectif: déverrouiller le VIH

Brendan Bell et Nancy Dumais... (Imacom, Maxime Picard)

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Brendan Bell et Nancy Dumais

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Brendan Bell et Nancy Dumais, deux chercheurs de l'Université de Sherbrooke, ont publié cet été les résultats d'une découverte majeure dans la lutte contre le VIH. Ils ont ouvert la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de latence et d'activation du virus.

Les deux scientifiques ont réussi à identifier les constituants cellulaires et viraux qui permettent l'activation du virus et à prouver qu'ils sont propres au VIH.

Cette percée pourrait bien mener un jour au contrôle du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Elle peut conduire à la mise au point d'un médicament capable de détruire le virus ou encore à ne jamais se développer.

La nouvelle, publiée dans la revue Retrovirology, a rapidement fait le tour du monde. Elle a été lue par quelque 2000 chercheurs à travers le monde. Elle a apporté une belle visibilité aux laboratoires sherbrookois et a suscité des offres de collaboration avec des groupes français, québécois et espagnol.

Toute cette attention a aussi fait naître beaucoup de fierté dans l'équipe. « Cela fait du bien. On s'en rappellera quand les travaux avancent trop lentement à notre goût », confie en riant Brendan Bell.

Originaire de l'Ouest canadien, ce professeur au département de microbiologie et d'infectiologie de la faculté de médecine et des sciences de la santé est arrivé à Sherbrooke en 2004 après avoir ses études postdoctorales à Strasbourg et Barcelone. S'il a accepté un poste à l'UdeS, c'est d'abord en raison du fameux Ribo-Club, un groupe de chercheurs réputés.

« Le Ribo-Club est connu à l'échelle internationale. Ses chercheurs sont les meilleurs au Canada sur l'ARN. Ils sont une force de Sherbrooke», affirme Brendan Bell.

Nancy Dumais est née à Rimouski. Elle a justement consacré son doctorat à l'Université Laval à l'étude du VIH. « C'était une période où l'on en parlait beaucoup. J'étais curieuse de comprendre son mécanisme. Comment fait-il pour se répliquer? À force de chercher, je me suis fait prendre au jeu», raconte-t-elle.

C'est vers cette virologiste du département de biologie de la faculté des sciences que Brendan Bell s'est tourné quand ses travaux amorcés il y a huit ans ont commencé à donner des résultats. Ensemble, ils ont trouvé une réponse à une question vieille de 20 ans : le promoteur du VIH est-il spécifique?

« La clé du promoteur du VIH est en effet propre à ce virus. Nous avons identifié des régions du promoteur de base et des séquences d'ADN nécessaires pour que le virus puisse être activé», explique-t-il.

À la suite d'une infection, le virus du VIH se cache dans les cellules lymphocytaires mémoires. Latent, il ne peut être détruit par le système immunitaire ou par des médicaments antirétroviraux. Les chercheurs tentent donc de trouver comment l'extraire et le détruire.

Pour illustrer le problème, Brendan Bell utilise l'image d'une clé et d'une serrure. « Nous avons réussi à identifier la forme de la serrure et de la clé nécessaire pour déverrouiller les réservoirs et à faire sortir le virus. Mais il reste beaucoup de travail pour trouver les détails de cette clé», avoue-t-il, confiant.

« On peut être optimiste», croit aussi Nancy Dumais.

 

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