Le visage de Sherbrooke

Ne pas pouvoir faire découvrir sa ville aux touristes hispanophones désolait... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

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(Windsor) Ne pas pouvoir faire découvrir sa ville aux touristes hispanophones désolait fortement Madeleine Ouellette depuis plusieurs années.

Un jour, cette ambassadrice indéfectible de Sherbrooke en a eu assez : alors âgée de 60 ans, elle s'est mise à l'apprentissage de l'espagnol. D'abord dans une formation en groupe, puis en cours privés. Elle s'est sentie satisfaite d'elle-même seulement le jour où elle a pu guider des touristes sud-américains à travers la ville dans leur langue maternelle.

Cette belle anecdote démontre tout l'engagement de Madeleine Ouellette, démontré maintes fois pendant 23 ans, pour faire connaître les attraits de la Reine des Cantons-de- l'Est. À la fois guide, comédienne et préposée au bureau municipal d'informations touristiques, elle a été le visage de Sherbrooke pour des milliers de visiteurs.

Rien ne la prédestinait à tenir ce rôle. Rien sinon un goût immodéré pour les gens, la satisfaction de rendre service et le désir de toujours apprendre.

Jeune fille, cette travailleuse d'usine n'avait pas hésité à suivre des cours d'anglais «pour pouvoir parler aux gens» quand sa famille a déménagé à Richmond. À 38 ans, cette mère monoparentale de cinq enfants est retournée aux études pour terminer son secondaire et oeuvrer tour à tour comme secrétaire, restauratrice, courtière d'assurance-vie et marchande de produits naturels.

Mais lorsqu'on lui a remis la brique préparée par la Société d'histoire de Sherbrooke à son embauche au bureau d'informations touristiques, elle a tout de suite ressenti se trouver au bon endroit. «À l'école, j'étais forte en histoire et en géographie», dit-elle.

Pour mémoriser l'histoire de la ville, la toute nouvelle guide a rédigé des dizaines de fiches emplies de faits, de dates et de personnes illustres. Jusqu'à sa retraite, il y a quelques mois, elle s'est toujours astreinte à réétudier chacune de ces fiches avant d'accompagner un groupe dans la ville.

«Pour toujours être certaine de donner la bonne information», affirme-t-elle avec une fierté bien justifiée. Ce n'est pas sans raison qu'elle a reçu la médaille d'argent du Grand Prix du tourisme québécois. Deux mois auparavant, elle avait remporté le Grand Prix régional du tourisme québécois.

Pendant plus de deux décennies, Madeleine Ouellette s'est donné le défi quotidien de ne jamais laisser partir un touriste sans lui remettre une adresse, un numéro de téléphone ou une adresse internet qui «l'amène ailleurs».

« Il y a tant de choses à faire à Sherbrooke », s'exclame-t-elle, toujours aussi emballée par les attraits de la capitale régionale. Elle est d'ailleurs une témoin de premier choix de l'évolution de l'offre touristique des 20 dernières années.

C'est avec bonheur, par exemple, qu'elle parle de la mise en valeur du lac des Nations, de la rénovation de la vieille gare, de l'apparition des grandes murales et de l'avènement du train touristique.

«J'ai vu arriver des Suisses qui m'ont demandé où se trouvait le lac des Nations, car ils en avaient entendu parler dans leur pays. Des Japonais m'ont montré un dépliant plein de signes incompréhensibles où l'on voyait une photo du lac. Ils voulaient pouvoir s'y rendre », raconte-t-elle.

Tout au long de sa carrière, Madeleine Ouellette a ressenti un grand plaisir à se trouver à un carrefour culturel. «C'est si agréable de discuter avec des gens d'ailleurs. Ils viennent nous apporter beaucoup de choses », souligne la nouvelle retraitée.

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