Et un sport que Marko a pris du temps à apprécier, ironiquement.
Qu'importe, le jeune Sherbrookois de 15 ans, champion junior québécois en tennis de table chez les 18 ans et moins, classé parmi les cinq meilleurs pongistes juniors au Canada, a décidé qu'il allait exploiter au maximum cette passion.
Ainsi, depuis maintenant deux mois, il se débrouille comme un grand à Gatineau, site de l'équipe nationale de tennis de table, où il concilie études et sport de haut niveau à la vitesse grand V.
Membre du Club d'excellence de tennis de table de l'Estrie, ayant David Jacques comme entraîneur, il a décidé de passer à une autre étape. Et le déménagement devenait incontournable.
« Jusqu'à présent, j'apprécie, c'est l'fun. Je n'ai pas beaucoup de temps libre, mais j'ai fait le choix d'aller là-bas pour m'améliorer alors je ne devais pas m'attendre à avoir du temps pour faire le party», a dit le jeune homme qui parle déjà comme un vétéran.
L'horaire, en effet, ne laisse que bien peu de temps pour souffler. Études, devoirs et petite balle ronde en plastique se côtoient.
Mais pourquoi le tennis de table?
« Je me fais souvent poser la question. Je jouais au soccer, étant jeune, mais il y avait plus ou moins de débouchés. Je n'avais que très peu de chances d'en faire une carrière. Mon père jouait beaucoup, lui qui est originaire de Sarajevo. J'ai aussi suivi des cours de tennis, mais ce n'était pas assez. De fil en aiguille, j'en suis venu au tennis de table. J'avoue qu'au début, je trouvais ça plate. J'étais poche. Mais plus tu progresses, meilleur devient ton niveau et ça devient intéressant. »
« Mon entraîneur m'a dit que j'avais une chance de gagner aux Jeux du Québec, en 2007. J'y suis allé et j'ai terminé deuxième. Ça m'a motivé à continuer. J'ai ensuite participé au championnat junior du Québec, où j'ai battu celui qui m'avait vaincu aux Jeux du Québec. Ce qui m'a donné une place au championnat canadien.Finalement, je suis bon, ça ne sera pas si pire.»
Les parents de Marko sont originaires de l'ex-Yougoslavie. Ils ont quitté ce qui allait devenir une zone de guerre, en 1994. Dans les Balkans, le tennis de table y est plus populaire que le hockey, forcément.
« Les gens ici ne connaissent pas vraiment les subtilités du sport. On n'en voit pas à la télévision. En Europe, c'est très différent, c'est reconnu. Il y a des ligues là-bas. Ici, l'hiver est long, le hockey prend beaucoup de place. Jusqu'à présent, j'ai de bons résultats chez les juniors. J'ai même terminé troisième lors du dernier championnat canadien. C'est le temps pour moi d'élever mon jeu puisque j'en suis à une dernière année chez les juniors avant de passer senior. J'aimerai faire partie de l'équipe canadienne senior afin de participer au championnat du monde et aux tranches de coupes du monde. »
« Et à long terme, peut-être que je vais aller en Europe. C'est là-bas que ça se passe, c'est là que je pourrais peut-être faire du tennis de table un gagne-pain.»