« Dans l'année qui a suivi ce diagnostic, j'étais effondré. Je me suis d'abord présenté à la SAE pour y obtenir de l'aide, puis je me suis embarqué à plein dans cet organisme sans but lucratif qui rend des services extraordinaires et impossibles à trouver ailleurs concernant cette maladie qui fait encore aujourd'hui malheureusement l'objet de trop de préjugés», exprime M. Beaumont.
Membre du conseil d'administration pendant trois ans, impliqué dans la campagne de financement, organisateur de l'Encan d'oeuvres d'art, il continue toujours de représenter les proches aidants de personnes atteintes d'Alzheimer. C'est une tâche lourde, qui demande disponibilité, empathie, écoute des autres. C'est sans oublier que dans le cadre du 25e anniversaire de la SAE, ce généalogiste en herbe a dépoussiéré et remis au goût du jour les archives de l'organisme.
Si la SAE rayonne autant aujourd'hui et que sa réputation dépasse largement les frontières de l'Estrie, Paul Beaumont en est un des artisans. Il a même fait des représentations auprès de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, pour différentes questions touchant la maladie d'Alzheimer.
« S'il y a des préjugés concernant cette maladie, c'est à cause de la méconnaissance. Et ici au Québec, en raison de notre héritage culturel et du sens qu'on donne à ce mot, il faut arrêter de l'identifier comme étant une démence. C'est une maladie neurodégénérative», rajoute Paul Beaumont.
Il est tout aussi prompt à réagir à l'expression « aidant naturel « encore utilisée pour identifier les gens qui prennent soin de leur proche malade. « Même si on le fait avec tout notre amour, ce n'est pas naturel. Je préfère qu'on parle de notre engagement comme étant celui de proche aidant», précise M. Beaumont.
Mais la réalité de cette maladie, tant pour la personne atteinte que son entourage, reste très difficile. « Ce ne sont pas juste les pertes de mémoire, mais aussi de repères, d'identité. Tout change chez la personne atteinte d'Alzheimer. Le discours devient répétitif et souvent le sujet est banal. On ne peut plus communiquer en profondeur. Toutes les personnes qui prennent soin d'un conjoint ou d'un proche avec la maladie d'Alzheimer ont besoin de beaucoup d'aide et de soutien. Surtout, il ne faut pas s'isoler. Heureusement, la SAE est là pour offrir des conseils, du soutien et du réconfort», analyse également Paul Beaumont, dont la façon de garder l'esprit vif et alerte consiste à publier régulièrement une revue, Tempus Fugit. Il en sera prochainement à son centième numéro.