« En 1995, lorsque j'ai pris ma retraite, j'avais le goût de m'impliquer dans mon milieu. C'est le président fondateur du Symposium des arts de Danville, Rénald Gauthier, qui m'en a donné la chance. Je ne connaissais rien aux arts, mais j'ai développé ce goût et acquis des connaissances au fil du temps... Toutefois, c'est toujours mon coeur qui me guide dans mes choix.»
Pierre Grimard reconnaît ne pas être très doué en habiletés manuelles artistiques. « Je suis un artiste de coeur, par contre, je me sens très bien dans ce milieu parce que les artistes sont avant tout des humains, vivant dans leur bulle pendant leur création, mais lorsqu'ils en sortent, j'ai grand plaisir à parler avec eux, à les découvrir. Nous avons eu 14 présidents d'honneur au Symposium, ce furent toutes de chics personnes, aimables et conscientes de leur rôle de rassembleur auprès de nos artistes. Le fait de travailler avec eux m'a procuré des moments de plaisirs immenses. »
« Mon implication dans la communauté, et particulièrement dans cet événement, m'a permis de m'instruire, d'apprendre énormément. Chaque jour m'apporte de nouvelles connaissances, un nouvel apprentissage, ce qui fait que même à 74 ans, le temps passe rapidement et agréablement », confie-t-il en toute simplicité et avec humilité.
La crème de la crème
La quarantaine d'artistes qui se présentent à Danville chaque année, lors de la fin de semaine de la fête du Travail, font partie de la crème des peintres. Le processus de sélection se doit donc d'être rigoureux. « Les choix sont souvent laborieux et déchirants. Le pauvre président que j'ai été a parfois été le bouc émissaire des foudres d'artistes non retenus, malgré leur talent certain. Nous voulions devenir le premier symposium à l'est du Canada avec des artistes hauts de gamme, de tous les coins du Québec, un objectif atteint, mais qui a obligé des décisions souvent ardues. »
Cet événement a pour mission première de faire la promotion des arts visuels dans la région, mais aussi de faire connaître la richesse architecturale de Danville. « Tout cela a permis à des gens de chez nous de prendre conscience de la richesse de leur patrimoine. De plus en plus, ils investissent dans la protection de cette richesse, ils sont plus soucieux de l'environnement entourant leurs propriétés. »
Deux grandes fiertés
Pierre Grimard partage deux grandes fiertés en relation avec le Symposium des arts. « L'accès des sites est d'abord toujours gratuit. Nous allons chercher notre financement par diverses levées de fonds, impliquant des gens de divers domaines politiques et des affaires, ainsi que par l'obtention de subventions. Également, nous faisons place dans une de nos galeries à des peintres non professionnels du milieu, des artistes de talent, mais aussi à des musiciens de la région pour des spectacles qui s'harmonisent avec notre programmation. »
Son rêve, c'est celui que le Symposium des arts de Danville poursuive sur sa lancée avec la même qualité, sans dévier de sa mission, renforçant la reconnaissance de sa position de premier Symposium de l'est du Canada, le plus important du Québec.