Serge Boucher a choisi l'écriture et l'écriture lui réussit. Pourtant, c'est comédien que souhaitait devenir le garçon qui a grandi à Victoriaville.
« Je rêvais d'être le plus grand acteur au monde! « se souvient-il.
Et c'est avec cette idée qu'il quitte sa ville natale à 17 ans pour poursuivre des études en théâtre au Cégep de Sainte-Thérèse. Au cours de ses trois ans de formation, quelque chose se transforme en lui.
« Quand j'ai eu mon diplôme, je savais une chose. Je ne voulais pas être acteur. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Tout à coup, il y a eu une prise de conscience de l'image. C'est devenu ardu. «
Il sait alors qu'il ne deviendra pas acteur, mais sait aussi que sa passion est le théâtre et qu'il y reviendra.
En 1984, il est de ceux qui fondent le Théâtre de l'Opsis. Il entame ensuite des études pour devenir enseignant au secondaire. Un métier qu'il exerce pendant dix ans à temps plein, puis sept ans à temps partiel, laissant de plus en plus de place à la dramaturgie.
« Mes parents n'aimaient pas nécessairement le théâtre, mais on était des enfants libres. Je partais seul et j'assistais à des spectacles. J'ai suivi des cours de claquettes, j'ai gigué. Je suis venu à la 500e émission des Soirées canadiennes à Sherbrooke. J'ai grandi dans tout cet univers de Renée Martel et Lévis Bouliane. «
Il apprend une chose importante de ses parents qu'il applique encore aujourd'hui à sa vie artistique. « Mes parents avaient des commerces, des restos et des dépanneurs. Et ils disaient toujours: ce sont les gens qui nous font vivre. C'est vrai dans tous les sens. Pas seulement parce qu'ils se déplacent pour remplir les salles de théâtre, mais aussi parce que lorsque j'écris, même si je le fais aussi pour moi, je le fais pour les rejoindre. «
Au primaire, il crée déjà quelques scénarios. « Le samedi après-midi avec ma soeur, on faisait des petites pièces de théâtre dans le sous-sol. Et on demandait 5 cents aux enfants du quartier qui venaient nous voir. «
Il se rappelle que son écriture était déjà très réaliste.
Son mentor est Michel Tremblay, qu'il a découvert à l'adolescence à la bibliothèque. « On doit beaucoup à l'écriture de Tremblay. Je lui dois beaucoup, toute l'humanité... L'oeuvre de Tremblay est en moi, c'est viscéral «, raconte celui qui est devenu ami avec son idole de jeunesse.
Dans la rue, l'anonymat de l'auteur lui convient. La reconnaissance de ses pairs lui suffit.
L'écriture est pour lui une discipline. « Je suis un gars de routine dans tous les aspects de ma vie. J'écris trois heures le matin. Puis de 11h à 13h, je vais jouer dehors, été comme hiver. J'écris ensuite de 14h à 15h30 et de 18h à 20h «, explique celui qui planche présentement à l'écriture d'Autopsie, sa troisième télésérie.
Son rêve d'enfant s'est transformé en rêve d'adulte. Au lieu d'être le plus grand acteur au monde, Serge Boucher désire toujours être là où il devrait être. Faire ce qu'il devrait faire. « Et c'est l'impression que j'ai en ce moment. «
Né à Victoriaville le 26 juillet 1963;
Diplômé en théâtre au cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse en 1983;
Bachelier en enseignement du français au secondaire en 1989, il sera professeur dans une école de Saint-Rémi pendant 17 ans;
Auteur de sept pièces de théâtre dont Nature morte, Avec Norm et Motel Hélène pour laquelle il reçoit le Prix Gratien-Gélinas;
Auteur des séries télé Aveux et Apparences;
Récipiendaire du Gémeaux du meilleur texte en 2010 pour Aveux.