Un engagement qui coule dans le sang

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Mark O'Donnell

 

Caroline Bouchard
La Tribune

(RICHMOND) Chaque année, dans la nuit qui précède le défilé de la Saint-Patrick, un farfadet sillonne les rues de Richmond pour tracer d'une ligne verte le trajet qu'empruntera le cortège du lendemain. C'est du moins ce que Mark O'Donnell se plaît à raconter à qui veut bien l'entendre. Oui, car pour le président de la Société Saint-Patrick de Richmond, toutes les raisons sont bonnes pour attribuer le mérite à autrui, même à un personnage fantastique.

Mark O'Donnell n'aime pas les grands honneurs. Ce Mérite estrien, il aurait voulu le partager avec tous les membres de la communauté de Richmond qui, de près ou de loin, s'impliquent eux aussi à faire rayonner la culture irlandaise.

Dans le même esprit, M. O'Donnell a du mal à se rappeler à quand remonte son implication dans la Société Saint-Patrick, fondée il y a 135 ans.

« Peut-être que ça fait 20 ans, peut-être 25 ans, peut-être 30 ans, s'interroge-t-il. C'est dur à dire, parce que c'est dans mon sang. Mon père était impliqué et c'est probablement à cause de ça que j'ai commencé. Quand j'étais jeune, on participait au défilé. Puis, quand mes enfants ont grandi, j'avais plus de temps pour m'impliquer. Je le fais beaucoup par plaisir, et c'est important de garder l'histoire et les traditions irlandaises vivantes», relate M. O'Donnell, dont les deux enfants, Patrick et Julie, sont eux aussi engagés dans les activités de la Société Saint-Patrick.

Mark O'Donnell a d'abord agi à titre de bénévole pour ensuite gravir les échelons du conseil d'administration de la Société Saint-Patrick jusqu'au poste de président, autrefois occupé par son père, Michael O'Donnell.

« C'est une affaire d'équipe, la Société Saint-Patrick. Je ne suis jamais tout seul. On plante une graine, et, ensuite, c'est toute l'équipe qui s'en occupe. Pour le défilé, qui grandit toujours depuis 35 ans, c'est la même chose. La Ville de Richmond s'implique elle aussi. Ou encore, le Centre d'art, qui présente un concert de musique traditionnelle pendant les célébrations de la Saint-Patrick. On n'a rien à voir là-dedans, mais c'est une autre fleur dans notre bouquet», illustre M. O'Donnell.

Chaque année, la Société Saint-Patrick célèbre le mois des Irlandais en organisant une série d'activités comme le banquet, le brunch et, bien sûr, le défilé, qui a rassemblé en mars dernier 13 000 personnes dans les rues de Richmond, une foule record.

En plus des traditionnelles célébrations de la Saint-Patrick, la Société Saint-Patrick organise chaque année un voyage à Grosse-Île afin de commémorer le passage des Irlandais là-bas vers les années 1850. La semaine dernière, fruit de dix ans de travail, elle a lancé un livre écrit par le professeur d'histoire retraité Peter Southam, qui relate l'histoire des Irlandais de la région.

« On fait parfois des activités pour nous-mêmes, pour nous faire plaisir, comme le souper au corned-beef. On ne fait pas d'argent avec ça, mais tout le monde embarque. Il faut savoir que 40 % des Québécois ont du sang irlandais. À Richmond, tout le monde a du sang irlandais!», lance Mark O'Donnell qui, l'an dernier, a aussi aidé à concevoir le nouveau pub irlandais du Festival des traditions du monde de Sherbrooke.

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