C'est au cours des 13 années passées dans la vente de produits électriques que M. Lambert repère un filon intéressant qui mènera à la création de son entreprise. « À l'époque, le recyclage prenait de l'ampleur dans plusieurs domaines, mais était à peu près inexistant dans l'appareillage électrique. Je visitais plusieurs entreprises et voyais des marchandises électriques importantes qui n'étaient pas réutilisées. Surplec, c'est pour surplus électrique. L'objectif était, et est encore aujourd'hui, de remettre sur le marché des appareils qui autrefois étaient ferraillés», explique l'homme d'affaires de 57 ans.
En 1991, Surplec devient le pionnier du recyclage chez Hydro-Québec. « Nous avons proposé des ententes pour remettre sur le marché des équipements qui étaient autrefois rebutés. Ce modèle de récupération a été copié dans d'autres secteurs d'activités chez Hydro-Québec.
Surplec a aussi approvisionné tous les grands chantiers de l'est du Canada à la fin des années 1980 et au cours des années 1990 », se souvient-il en pensant aux chantiers Alouette, Norsk-Hydro, A.B.I. et Hibernia.
Le président de Surplec est aussi fier de dire que les trois premiers parcs éoliens au Québec ont été faits avec des appareils remanufacturés de Surplec.
En 2004, M. Lambert scinde l'entreprise en deux, Surplec Industriel et Surplec HV, la première entreprise se concentre sur le 600 volts et moins et la deuxième sur le haut voltage. « La clientèle, le personnel et l'inventaire étaient tellement distincts qu'on a divisé les deux activités.»
M. Lambert a vendu la majorité de ses actions de Surplec Industriel et il contrôle toujours Surplec HV.
Aujourd'hui, Surplec HV compte environ 100 employés. Principalement des électrotechniciens et des ingénieurs électriques.
« Moi, j'ai bâti l'équipe. Et l'équipe a bâti l'entreprise. Je n'ai jamais eu peur de m'entourer de gens forts qui ont des compétences autres que les miennes. Dès le début, il y a 25 ans, j'ai monté la relève et les gens que j'ai engagés à 20 ans sont maintenant les leaders de l'entreprise.»
Mario Lambert aime ses employés et ses employés aiment travailler chez Surplec si on se fie à l'ancienneté du personnel. « Beaucoup ont entre 15 et 20 ans de service. Ce sont des gens brillants et passionnés qui aiment relever des défis.»
Les trois usines de Surplec HV sont situées sur le chemin Godin à Sherbrooke et on y retrouve le seul laboratoire privé haute tension de l'est du Canada.
Le chiffre d'affaires de l'entreprise provient de trois branches d'activités. La réparation des produits électriques de haute tension (transformateurs, sectionneurs, disjoncteurs), l'achat-vente de surplus incluant la remise à neuf et la vente de produits neufs. « Grâce à l'expertise de notre personnel, des manufacturiers chinois et américains nous ont choisis pour adapter leurs produits aux normes canadiennes et nous sommes le distributeur exclusif de leurs produits. »
Parmi ses principaux clients, Surplec HV compte Rio Tinto Alcan, Kruger, Cascades, Hydro-Québec. L'entreprise a aussi une clientèle internationale, principalement américaine.
Et les grandes épreuves des 25 ans d'existence de Surplec? « Pas de grandes épreuves, mais énormément de travail. Je suis la preuve vivante que le travail ne fait pas mourir. Je ne pensais jamais travailler autant dans ma vie. Les premières années, je travaillais 7 jours semaine, après 6, après 5», explique l'autodidacte qui peut maintenant se permettre des semaines de 4 jours et passer plus de temps à jouer de la guitare et faire de la boxe.