Nés pour un bon pain

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Élizabeth Dupont et Jean Vanaise... (Imacom, Claude Poulin)

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Élizabeth Dupont et Jean Vanaise

Imacom, Claude Poulin

 

Caroline Bouchard
La Tribune

(RICHMOND) Une bonne tranche de pain moelleux. Il y a quelques années, il s'agissait-là d'un véritable luxe culinaire dont les personnes souffrant d'une intolérance au gluten devaient se passer. Aujourd'hui, le pain qui est fabriqué à la Maison Cannelle de Richmond est envoyé aux quatre coins de la province, tout comme une variété d'autres produits. Des quatre coins de la province, des messages reviennent aux copropriétaires, Élizabeth Dupont et Jean Vanaise : merci d'exister, leur dit-on.

D'un besoin personnel est née la Maison Cannelle en 2005. Souffrant elle-même d'une intolérance au gluten, Élizabeth Dupont constatait que ce qu'elle trouvait sur le marché, ici comme ailleurs dans le monde, « n'était pas mangeable». Elle décide de remédier à la situation en ouvrant son commerce chez elle, à Durham-Sud.

«Quand tu es cuisinière-pâtissière de formation et puis en plus, une épicurienne, tu te dis que tu ne mangeras pas ça pour le reste de tes jours. Mon but était aussi que n'importe quel habitant de Sept-Îles, Amos ou Rouyn-Noranda, puisse manger sans gluten», relate-t-elle.

Après six mois, l'espace manquait déjà et les cuisines déménageaient à Melbourne. Aujourd'hui, la Maison Cannelle propose des lasagnes, des ragoûts, des desserts, mais parmi la variété de produits sans gluten offerts, c'est le pain qui a demandé le plus d'efforts, un savoir-faire qui a pris près de deux ans à mettre au point.

« D'habitude, les pains sans gluten ne sont vraiment pas hauts, ils ressemblent plus à des briques. Et on est obligés de les griller, parce que sinon, ça s'égraine et c'est dur comme du carton. Mais pas notre pain, grâce à l'amalgame des farines qu'on utilise et à notre façon de le faire. En Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, il n'y a pas beaucoup de blé. Il y a des farines de millet, de quinoa, de sarrasin, de gourgane, de pois chiche. La difficulté était d'obtenir une belle texture en utilisant différentes farines», explique Mme Dupont.

En 2010, Jean Vanaise arrive pour ainsi dire à la rescousse, alors que la Maison Cannelle est victime de son propre succès.

« Il était temps qu'il arrive : j'avais 45 points de vente à travers le Québec et j'en avais 36 qui attendaient. J'avais besoin d'un gestionnaire, je n'avais pas le temps de planifier. Jean a aussi une passion pour l'alimentation, et ça prenait ça», constate Mme Dupont.

« Au début, il a fallu structurer, magasiner davantage les prix des matières premières, des emballages, rentabiliser les transports. On a chacun nos champs de compétences», illustre Jean Vanaise.

En juillet 2011, la Maison Cannelle s'installe dans le parc industriel de Richmond et un deuxième agrandissement est déjà prévu d'ici la fin de l'été afin de réunir toutes les activités sous le même toit.

Depuis l'association des deux propriétaires, la Maison Cannelle est passée de 45 à 346 points de vente répartis au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. L'an dernier, le chiffre d'affaires a atteint près d'un million de dollars, et il devrait doubler cette année.

« On reçoit des témoignages de New York, de la Californie, des gens veulent savoir quand on va distribuer nos produits là-bas. Des personnes nous disent merci, merci d'exister, merci de nous avoir redonné le bonheur de manger. On a reçu une photo d'une dame française venue en vacances au Québec qui disait que c'était son premier sandwich en cinq ans. Et je pense que c'est ça, notre mission », conclut Jean Vanaise.

 

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