Or, M. Ouzilleau devait composer avec un facteur hors de son contrôle : les propriétaires de la compagnie, les actionnaires d'un fonds de capital de risque américain, ne réinvestissaient pas les profits de Cabico dans l'entreprise, préférant plutôt s'en servir à d'autres fins. « Je ne peux pas leur en vouloir. Pour eux, c'était peut-être la bonne décision, mais ça rendait notre développement difficile », raconte M. Ouzilleau, qui admet que, à un certain point, c'était la survie même de la compagnie qui était hypothétique.
Au terme d'une négociation qui a duré plus de trois ans, M. Ouzilleau a finalement réussi à convaincre les anciens propriétaires de lui vendre l'entreprise à la fin de la dernière année. « Désormais, nous possédons tous les outils pour grandir «, se réjouit ce dernier.
La force de l'équipe
De nature humble, M. Ouzilleau insiste pour dédier l'honneur du Mérite estrien à l'ensemble des travailleurs de Cabico. « Si je n'avais pas eu confiance en notre équipe, je n'aurais jamais voulu me porter acquéreur de l'entreprise. C'est grâce à eux si j'ai décidé de le faire », assure celui qui, lors de la visite de La Tribune, semblait connaître le prénom de tous ses employés, qui sont tout de même au nombre de 250.
Pourtant, en regardant la santé économique de l'entreprise au cours des dernières années, force est d'admettre que M. Ouzilleau a de quoi être fier. Malgré un incendie qui a ravagé les installations de la compagnie à Way's Mills en 2005 et en dépit d'une crise économique qui a affecté durement le principal marché d'exportation de Cabico, les États-Unis, la compagnie n'a jamais cessé d'être profitable.
« L'incendie nous a permis de voir la force de caractère de notre équipe. Cet événement aurait pu nous mener à notre perte, mais nous avons réussi à profiter de la situation afin de faire des gains de productivité énormes », relate l'homme d'affaires.
M. Ouzilleau s'estime choyé par son cheminement professionnel, qui l'a conditionné à rechercher toujours plus d'efficacité. « Je crois que nous devenons ce que notre environnement nous pousse à être. Dans mon cas, j'ai toujours travaillé dans des entreprises où il fallait être prudent afin de rester rentable. Je n'ai jamais vraiment connu l'opulence », mentionne-t-il.
Des plans pour le futur
Maintenant qu'il contrôle les destinées de l'entreprise, M. Ouzilleau entend bien la voir grandir. « Sur le moyen à long terme, nous avons des acquisitions en vue », confie-t-il. Deux avenues sont possibles : l'achat de l'une des très nombreuses entreprises québécoises qui oeuvrent dans la fabrication d'armoires, ou encore l'acquisition d'une entreprise américaine afin de se rapprocher de cet important marché.
« Pour le moment toutefois, nous pouvons augmenter notre production à l'interne. Nous avons l'espace suffisant pour la doubler », précise le nouveau propriétaire.
Lorsqu'on lui demande si quelque chose a changé depuis qu'il est devenu propriétaire, M. Ouzilleau assure que non. « J'ai toujours géré l'entreprise comme si elle m'appartenait, alors ça n'a pas vraiment changé grand-chose », assure-t-il. Et on le croit.