Au début des années 1900, des sentiers pédestres sont tracés aux États-Unis. Mais c'est seulement en 1968 que le concept traverse la frontière jusqu'aux Cantons-de-l'Est. « Ce sont deux amoureux de plein air, Jacques Gautier et Robert Poisson, qui en ont eu l'idée. Un premier tronçon est alors tracé entre Kingsbury et le parc national du Mont-Orford. Il sera balisé en 1971 par des bénévoles », raconte M. Croteau, membre depuis 1974 et coordonnateur depuis 2004.
Aujourd'hui, les Sentiers de l'Estrie s'étalent sur 200 km et relient une douzaine de sommets des Appalaches dont les monts Orford et Sutton. Les pistes traversent une vingtaine de municipalités, avec l'accord de 108 propriétaires privés, sur un axe nord-sud du village de Kingsbury au poste frontalier d'East Richford. Le trajet se parcourt en une dizaine de jours de marche et attire dans la zone la plus achalandée quelque 15 000 passants par an.
« Sur le plan anatomique, on n'est pas fait pour être assis longtemps. Et beaucoup de loisirs découlent de la marche en plein air. On n'a qu'à penser à la photographie, la peinture, l'ornithologie, la mycologie, le repérage de traces animalières et le géocaching », relate M. Croteau pour expliquer la popularité de la marche en forêt.
Depuis sa fondation, l'organisme des Sentiers de l'Estrie a connu des épreuves et de grandes victoires. Dame Nature a donné du fil à retordre aux nombreux bénévoles lors du verglas de janvier 1998 et des orages du 3 et 4 juillet 1999.
Par contre, les efforts déployés par chacun ont été récompensés puisque l'organisme a été nommé Sentier de l'année par la Fondation québécoise de marche en 2000, a été identifié comme Organisme bénévole de l'année de la Ville de Sherbrooke en 2007, a reçu la Reconnaissance de la Fondation estrienne en environnement en 2010 et a remporté le Grand Prix du tourisme québécois en 2011.
« On a aussi eu la chance d'accueillir de 600 marcheurs lors du Festival de la marche en 2002 », ajoute-t-il.
Ouverts plus de dix mois par an, les sentiers mesurent un mètre de largeur. « Ainsi, les marcheurs, les fondeurs et les raquetteurs demeurent à l'ombre et à l'abri du vent en tout temps, les motorisés ne peuvent pas passer et les terres à bois sont préservées », explique M. Croteau.
L'organisme désire étirer ses pistes au cours des prochaines années. D'abord, un tronçon de 4,5 km devrait être tracé entre le marais Réal-D.-Carbonneau et le parc de Dubonair. Puis, le sentier du parc de Dubonair devrait atteindre le secteur de Beauvoir pour enfin, d'ici 5 ans, mener à Stoke.
Le réseau des Sentiers de l'Estrie est un cadeau pour tous les amateurs de plein air de la part des propriétaires terriens et des bénévoles passionnés qui travaillent depuis plus de 40 ans à l'entretien des pistes.