Son petit bonhomme de grand chemin

Alexandre Poulin... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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Alexandre Poulin

Archives La Tribune, Maxime Picard

 

Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Alexandre Poulin aurait pu baisser les bras et déclarer forfait. Après le report, trois fois plutôt qu'une, de la sortie de son disque, il aurait pu se dire tant pis et tourner le dos à son rêve musical. Parce que six ans d'espoirs qui s'éteignent à répétition, c'est long.

L'auteur-compositeur-interprète sherbrookois a bien eu des moments de doute, des instants d'hésitation. Mais ils n'ont jamais duré longtemps. Envers et contre tous, porté par la confiance de ses proches, habité par son désir de vivre de sa musique, il a continué.

« Je suis plutôt persévérant de nature, mais j'ai aussi pu compter sur un entourage formidable. À la loto de la famille, j'ai tiré un numéro gagnant. J'ai des parents extraordinaires qui m'ont toujours encouragé et soutenu. »

En 2008, il quittait définitivement l'enseignement et lançait enfin son premier disque éponyme sous l'étiquette des Disques Victoire. Son deuxième gravé, Une lumière allumée, paru en 2010, lui valait une nomination aux récents Canadian Folk Music Awards, où il a été sacré auteur-compositeur-interprète francophone de l'année. Mercredi, son deuxième opus sera lancé en France, où suivra une série de spectacles, certains en solo, d'autres avec Lynda Lemay, qui l'a invité à se joindre à elle sur scène. Bref, ça va bien pour le chanteur de 34 ans. Vraiment bien.

« Tout ça, c'est une source de grande fierté et un élan supplémentaire pour continuer. J'ai toujours cru que c'était possible de composer des chansons sans refrain de plus de cinq minutes, même si on me disait que ça réduisait mes chances de percer dans le milieu. Aujourd'hui, je suis heureux du chemin que j'ai parcouru, je me sens privilégié de faire du folk en français et d'avancer dans ce métier en faisant la musique qui me ressemble, sans compromis. Ma route a peut-être été plus sinueuse, mais elle m'amène là où je le voulais. Chaque pas que je fais est plus solide que le précédent. »

Alexandre Poulin a senti l'étincelle musicale lorsqu'il a pris pour la première fois la guitare de son père, vers l'âge de neuf ans. Complètement mordu de musique, il réglait alors son cadran une heure plus tôt pour avoir le temps de gratouiller sa six cordes avant le passage du bus scolaire. Le feu s'est embrasé peu après, au spectacle de fin d'année du Triolet.

«Je suis plutôt persévérant de nature, mais j'ai aussi pu compter sur un entourage formidable.»

Alors en troisième secondaire, le jeune brunet avait interprété une chanson de Richard Séguin en plus de deux compos. Une longue ovation debout avait salué sa prestation. L'adolescent d'alors était revenu à la maison sur un nuage, fort d'une nouvelle conviction : sur une scène, il était dans son élément.

De là s'est forgé son grand rêve : faire de l'écriture de chansons son gagne-pain. S'il a étudié pour devenir enseignant, il savait que sa vocation était ailleurs.

« J'avais envie de raconter des histoires en musique, je savais que c'est ce qui me rendrait le plus heureux dans la vie. »

Ces jours-ci, avec tout ce qui se passe, il nage dans le bonheur. Il savoure les marées hautes. Et il se dit qu'il a eu raison de maintenir le cap lors des marées basses.

 

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