Aux yeux de Guy Vachon, la musique constitue son «petit côté givré».
«Je n'ai jamais vraiment gagné ma vie avec la musique, précise-t-il. J'ai été registraire-adjoint à l'Université de Sherbrooke pendant 12 ans et j'occupe présentement un poste de conseiller à la direction en travaillant sur la refonte du système informatique. Je fais donc de la musique par passion!»
L'homme né à Asbestos, mais qui habite aujourd'hui Sherbrooke, a amorcé son parcours en 1962 au sein de l'Harmonie cadette à l'école de musique de l'Harmonie d'Asbestos.
Dix ans plus tard, alors que les deux directeurs musicaux étaient absents, Guy Vachon a pris la baguette afin de diriger les musiciens de l'Harmonie des jeunes d'Asbestos, poste qu'il a finalement occupé jusqu'à son mariage en 1980. Par la suite, il s'est investi pendant une année chez les seniors pour finalement se retrouver en 1995 à la tête de l'Harmonie cadette.
Au début des années 2000, le musicien a également rempli le rôle de vice-président exécutif du Festival des harmonies du Québec, est devenu le directeur musical du band de l'Université de Sherbrooke et a participé à la conception des Paniers de l'espoir de l'UdeS.
Au fil du temps, Guy Vachon a aussi offert son temps au Camp musical d'Asbestos en plus de s'intégrer à l'Orchestre à vents de musiques de films et à l'Ensemble à vents de Sherbrooke en tant que musicien.
Bref, pas moins de 500 musiciens ont été dirigés par Guy Vachon jusqu'à présent, dont certains qui sont même devenus professionnels.
«Malheureusement, plusieurs ont quitté le monde de la musique. Mais grâce à cet art, j'ai probablement influencé certains de mes élèves dans leur perception de la vie. Ils ont appris à travailler en équipe et il faut savoir que quelques-uns n'ont pas abandonné leurs études parce qu'ils aimaient la musique. Je crois donc que mon but est atteint», souligne M. Vachon.
Un ensemble primé
Depuis 2007, Guy Vachon dirige l'Ensemble à vents du Haut-Saint-François. Avec ses musiciens, il a d'abord remporté le deuxième rang dans la catégorie senior C en 2008 au Festival des harmonies du Québec pour ensuite empocher le premier rang en 2010 dans le senior C et en 2011 dans le senior B.
«J'ai tenté de faire en sorte que mes élèves jouent de façon expressive et cela leur est propre. Faire de la musique sans émotions, un ordinateur peut y parvenir. Avant d'amorcer une pièce, je fais d'ailleurs toujours un sourire à la troupe et je leur rappelle de s'amuser et de jouer comme si c'était la dernière fois!» lance-t-il.
Cet art lui aura permis de devenir ce qu'il est aujourd'hui: un père de famille aimé, un professionnel engagé et un musicien passionné.
«La musique m'a aidé à canaliser mes émotions et encore aujourd'hui, j'adore ce que je fais. Je ne veux pas me retirer tout de suite, parce que j'ai encore envie de transmettre le goût de la musique. Par contre, je ne veux pas prendre la place d'un jeune», admet celui qui a vu sa fille Isabelle, également musicienne, recevoir avant lui le prix du Mérite estrien pour son implication dans le milieu scolaire.