Gervais Morier a le droit de s'enorgueillir de ce bilan d'étape. En 25 ans, il a tenu solidement la barre de son entreprise, Industries Touch, à qui il a assuré une croissance annuelle d'au moins 15 pour cent, malgré les cycles économiques et, surtout, malgré la mondialisation.
Spécialisée dans la distribution de produits à utilisation unique adaptés à l'industrie alimentaire, au secteur médical et dentaire et aussi à la vente au détail, Touch embauche 26 personnes dans son immeuble du parc industriel de Sherbrooke. Elle réalise un chiffre d'affaires qui dépassent les 20 millions de dollars. On peut penser à 800 produits aussi variées que des cure-dents, des pailles, des allumettes, des bâtonnets de bois, des ustensiles, etc.
Pour avoir une idée de la progression de l'entreprise, il suffit de se rappeler qu'en 1986, lorsqu'il a acquis l'entreprise (à l'époque, elle s'appelait L. Tanguay), elle procurait du travail à six personnes et déclarait des ventes de 680 000 $.
«Je dois une fière chandelle à Me Louis Lagassé et à Dennis Wood qui m'ont fait confiance, au départ. Aussi, au Fonds de solidarité et, surtout, à mon équipe sans qui je ne serais pas ici», a-t-il précisé.
«Je dois également souligner que je me suis toujours inspiré des frères Lemaire et de Cascades. D'ailleurs, dès le début de l'entreprise, j'ai mis en place un programme de participation aux profits pour tous les employés.»
Industries Touch a également su prendre le virage vert. De plus en plus, sa gamme de produits comprend des produits recyclables ou compostables.
«Présentement, je m'intéresse beaucoup à la bagasse, le résidu de la canne à sucre qui peut entrer dans la fabrication d'assiettes et de contenants. À ce sujet, je regarde du côté de Cuba, un pays où je n'avais encore aucun lien d'affaires.»
Même s'il est toujours entre deux valises - «j'adore les voyages. Je combine donc affaires et plaisir» -, Gervais Morier trouve le temps de s'impliquer socialement. Il y a 13 ans, il a frappé à la porte de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue et a proposé ses services pour la cueillette de fonds.
«Il n'y a pas grand-monde qui s'occupe du travail de rue et des jeunes qui sont dans la rue. Ce n'est pas très glamour. Je le fais parce que j'aime les jeunes. Je me dis qu'on doit prendre soin de nos jeunes», explique-t-il lorsqu'on l'interroge sur les raisons de cette implication.
Son action a été sûrement contagieuse. Sa fille Geneviève a complété une maîtrise en service social avant de devenir travailleuse de rue, à Sherbrooke, une passion qu'elle nourrit depuis cinq ans.
Gervais Morier qui s'implique aussi au sein du Mérite sportif Estrie à qui il prête son concours pour garnir les fonds, a également un fils, Pierre-Alexandre. Depuis cinq ans, Pierre-Alexandre travaille pour Touch. Il est directeur des comptes. La relève est en place.