Danielle Nault en mode zen

Danielle Nault a transformé l'ancien magasin général de... (Photo fournie par Danielle Nault)

Agrandir

Danielle Nault a transformé l'ancien magasin général de Sawyerville en atelier.

Photo fournie par Danielle Nault

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(SHERBROOKE) Danielle Nault a déjà roulé la pédale au fond sur l'autoroute de la mode, le vent dans le tricot, l'aiguille affolée. Dans les années 1990, ses créations occupaient un coin dans 200 boutiques au pays. Ses sorties de collection s'attiraient des entrefilets dans les médias, une ligne sous Jean Airoldi et Nadya Toto. Sa marque jouait dans le trafic.

Danielle Nault a déjà roulé la pédale au... (Photo fournie par Danielle Nault) - image 1.0

Agrandir

Photo fournie par Danielle Nault

Danielle Nault a déjà roulé la pédale au... (Photo fournie par Danielle Nault) - image 1.1

Agrandir

Photo fournie par Danielle Nault

À un moment donné, la designer autodidacte a eu envie de prendre une sortie et de mettre la pédale douce. Envie de modérer ses transports, pour ne plus être pressée par les échéances et les commandes qui lui poussaient dans le pare-chocs arrière comme un poids lourd impatient.

Il y a dix ans, elle disait bye bye aux échangeurs congestionnés de son Montréal natal pour se promener sur les pastoraux chemins estriens.

«Ça marchait très bien. Trop bien, en fait. Je produisais à la chaîne. Pour continuer à faire de la création et de la qualité, il fallait que je fasse un choix. Ou je continuais à m'arracher les cheveux et je tombais dans le panneau des sous et du succès, ou je prenais la sortie de côté, et je m'en allais faire de la qualité. La décision n'a pas été dure à prendre», se remémore-t-elle, l'âme en paix.

Échange d'énergie

Dans l'ancien magasin général de l'ancien Sawyerville, qu'elle a rénové en atelier, sa création est zen et non plus étourdie. Elle coule de source, comme la rivière qui passe dans sa cour. Danielle Nault profite de la vie rurale, se fond dans la nature, se baigne dans la lumière claire. Et son inspiration ne s'en porte que mieux.

«Plus on prend soin de sa qualité de vie, plus on peut laisser s'exprimer sa créativité», explique la néo-Cookshiroise.

Depuis le coup de volant, Danielle Nault n'expédie plus de boîtes de vêtements en magasins. Ses pièces en série limitée, elle les écoule dans des salons de métiers d'art, des événements privés à Québec (en juin) et Montréal (en octobre) ainsi que dans son annuelle vente en atelier, qui se tient chaque printemps. Les pièces des collections passées y sont soldées jusqu'à 75 %.

«C'est la formule parfaite pour bichonner les clientes, qui aiment qu'on leur accorde de l'attention. Ça crée un bel échange d'énergie. La marque est assez connue pour que les clientes ne se déplacent que pour ça. Et elles ont l'impression d'avoir un morceau plus exclusif», justifie la créatrice.

Des dessus sans dessous

Lorsqu'elle n'est pas en mode créatif, Danielle Nault voyage. De ses pérégrinations aux États-Unis et en Europe elle rapporte les tissus qui vont déterminer la direction de sa création, la route de son fil. «Je ne veux pas perdre cette habitude. C'est de plus en plus dur de s'approvisionner au Québec. Je peux trouver 5 mètres d'un tissu gaufré et brillant dans un bazar à New York et m'en servir pour faire des cols. C'est l'agencement final qui fait wow et qui me démarque.»

Comme à ses débuts, Danielle Nault ne fait toujours que des «dessus» : des vestes, redingotes, tuniques et manteaux, qui ne s'enterrent sous aucune autre couche.

Alors que sa carrière a démarré avec des mélanges de laine douillets, que s'arrachaient les frileuses, ses matières sont aujourd'hui plus légères. «Mes créations sont plus simples et plus fonctionnelles, aussi.»

La création lente de Danielle Nault s'oppose, avec panache, à la fast-fashion qui exerce son emprise sur le marché. «De nos jours, il y a beaucoup de choses vite faites, sans souci de qualité. Ça fait partie de notre mode de vie rapide. Si j'ai duré, c'est probablement parce que je crée à un autre rythme, le mien. J'ai connu l'adrénaline de la production. Maintenant, je peaufine, je travaille les détails, je fais les choses à ma guise.»

Et elle roule, le pied léger et l'aiguille enjouée.

ÉVÈNEMENT PRIVÉ DE DANIELLE NAULT

Les 13 et 14 juin

À l'Hôtel Plaza, Québec

www.daniellenault.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer