Ressac remise en selle

La journaliste Mireille Roberge quitte la télé pour... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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La journaliste Mireille Roberge quitte la télé pour venir remettre Ressac en selle. Avec son conjoint Samuel Richer, designer industriel, et Anne Painchaud-Ouellet, fondatrice de la griffe sherbrookoise, l'ancienne animatrice de La vie en Estrie fait le saut dans le monde de la mode.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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Laura Martin
La Tribune

(Sherbrooke) Les pneus de vélo, Mireille Roberge connaît. Lors de sa traversée du Canada à bicyclette en 2007, elle en a changé, du caoutchouc fendu et usé à la fesse, dans toutes sortes de conditions. L'ancienne animatrice de TVA aurait pu vouloir ne plus toucher à un tube de sa sainte vie.

Ironie du sort, la communicatrice, exilée à Québec depuis deux ans, revient vivre sa vie en Estrie pour relancer Ressac, cette compagnie de sacs en chambres à air recyclées. À 40 ans, elle croit tellement à son nouveau dada qu'elle a démissionné de son poste à temps plein de journaliste aux sports à Radio-Canada et vendu sa maison pour venir à remettre la griffe écologique en selle.

« C'est complètement nouveau pour moi : le milieu de la mode comme celui des affaires. Autant ça peut être épeurant, autant c'est excitant! La compagnie correspond totalement à mes valeurs, je suis très sensible à la réutilisation de la matière, et je suis déjà une bonne cliente! » s'exclame celle qui vient de s'installer à son bureau dans le nouvel incubateur-accélérateur de Sherbrooke.

Mireille Roberge n'y est pas complètement dépaysée, puisque c'est au 440 de la rue Marquette qu'était établi le quartier général des Jeux du Canada, dont elle a été coordonnatrice en 2013.

Éviter la brume

La sportive au petit gabarit ne prend pas les pédales de cette monture en solo. Elle investit dans les besaces noires avec son conjoint, Samuel Richer, et son beau-frère Sébastien, qui ont du sang d'entrepreneurs dans les veines, leur famille étant au guidon de Gestion Ressources Richer et Nova Envirocom.

C'est d'ailleurs Samuel qui, alors qu'il était en voyage d'affaires en Chine pour son ancien employeur en décembre dernier, est tombé sur la nouvelle qu'Anne Painchaud-Ouellet souhaitait remiser Ressac, devenu trop lourd pour qu'elle puisse fonder une famille, le coeur léger.

« Je me suis mis à pleurer dans ma chambre d'hôtel », se rappelle le designer industriel, qui était alors chef de produits chez le fabricant de vélos Louis Garneau. Ressac ne pouvait pas juste disparaître dans la brume. Des sacs à chambres à air recyclées, il s'en fait partout dans le monde. Mais travailler cette matière aussi peu noble pour en faire quelque chose d'aussi élégant, personne ne le fait comme Anne. »

À trois sur le pédalier

Après quelques mois de discussions, la vente était conclue. Avec la condition qu'Anne Painchaud-Ouellet demeure dans l'entreprise à titre de créatrice.

« Nous formons une équipe très complémentaire : l'artiste, le designer et la communicatrice, soutient la diplômée en arts visuels qui a fondé Ressac en 2009. Mireille et Samuel vont pouvoir s'occuper d'aspects que je n'ai jamais eu le temps de développer. Je travaillais de façon très artisanale. Samuel va amener un côté plus industriel pour nous permettre de maximiser la production. J'ai hâte aussi de voir jusqu'où peut aller Ressac avec un peu de publicité, alors que je n'ai toujours avancé que grâce au bouche-à-oreille. »

Mireille Roberge, qui déborde déjà d'idées de marketing et d'initiatives pour les réseaux sociaux, entend aussi apprendre à dompter la machine à coudre. Tous les accessoires continueront d'être fabriqués à Sherbrooke, de leur première à leur dernière couture.

« Pour bien connaître le produit, je veux être présente dans l'atelier. C'est essentiel. Je ne pourrai pas faire un sac, mais je pourrai aider », estime celle qui agira comme porte-parole de l'entreprise, dont elle a acheté un premier sac à bandoulière en 2013, après avoir vu le même à l'épaule d'une copine.

Amenez-en, des côtes!

Puisque Ressac avançait avec les mains sur les freins depuis six mois, les nouveaux capitaines prendront les douze prochains pour trouver leur erre d'aller. Avant de passer en deuxième vitesse, ils rétabliront d'abord les ponts avec les commerçants et avec les partenaires, pour l'emploi de personnes en réinsertion professionnelle notamment.

Avec toute l'énergie des débutants, ils entrevoient de belles pentes à gravir ensuite : ils veulent notamment développer un site web transactionnel et une sélection de produits pour hommes, repositionner la marque dans le haut de gamme et, rien n'étant trop beau, percer le marché international.

« L'entreprise marchait déjà bien. On ne casse pas donc tout pour recommencer, mais on voit grand », annonce le couple.

Ces deux cyclistes, qui ont participé à des épreuves d'Iron Man l'an dernier, voient aussi dans les créations de Ressac une métaphore forte. « La fabrication d'un sac messager requiert huit chambres à air. Pour moi, ça représente une saison d'entraînement pour un Iron Man. C'est très symbolique », affirme Samuel Richer.

Les projets ne manquent pas. Ça adonne bien : les acheteurs ont de bons mollets...

Pour faire tourner la roue...

La nouvelle équipe de Ressac ne perd pas de temps. Elle lance dès maintenant une campagne de sociofinancement d'un mois sur le site Kickstarter, dans le but d'amasser un peu de carburant financier pour repartir la machine. En fonction du montant de leur don, les contributeurs recevront un accessoire caoutchouté à déterminer.«On investit une certaine somme personnelle dans l'entreprise, mais nous avons besoin de liquidités pour acheter de nouvelles pièces d'équipements et redémarrer les activités de façon solide», explique le copropriétaire Samuel Richer.

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