Julie Caron: des farces à la fourrure

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L'humoriste Julie Caron se lance dans la création d'accessoires en fourrure recyclée.

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Laura Martin
La Tribune

(Sherbrooke) Il y a près d'une dizaine d'années, elle traversait le Québec de la racine jusqu'aux pointes avec sa cinglante répartie et son premier spectacle solo produit par Juste pour rire. Puis, plus rien. Disparue des radars comme un avion de ligne sud-asiatique.

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Sac en fourrure recyclée, 175 $

Aucun signal, sauf celui d'une radio féminine estrienne, où son entregent l'a amenée à faire du remplacement, et ceux des stations de télé, qui retransmettent en rafale des galas d'humour expirés.

On l'a finalement trouvée. Comme la petite nièce au réveillon familial, Julie Caron  s'était cachée dans une mer de manteaux de fourrure.

L'humoriste a troqué les blagues de sexe pour les sacs de poil. Depuis un an, en douce, elle développe sa compagnie d'accessoires en pelage recyclé. Le coeur au chaud. « La fourrure, ça sent les souvenirs », dit celle qui n'affronte plus un jour d'hiver sans une réconfortante houppe de lapin ou d'opossum.

Créatrice à la maison

Elle n'a pas tourné le dos aux foules de rieurs pour se pelotonner dans les pelisses du jour au lendemain. La native de Lac-Mégantic a d'abord choisi de venir s'installer à Sherbrooke, il y a trois ans, puis elle a trouvé l'amour. Et cet amour venait avec une famille. Du coup, la quadragénaire n'avait plus envie de partir à Fermont partager ses anecdotes de flirt raté.

« Le deuxième show était écrit. J'étais prête. Et tout a reviré de bord. L'arrivée d'un enfant dans ma vie a été déterminante. Je ne pouvais plus mettre toute mon énergie dans l'humour, et l'humour demande beaucoup d'énergie. Je me suis donc mise à chercher un projet stimulant pour exploiter ma créativité, en restant à la maison », raconte la pétillante brunette, qui continue à déclencher des éclats dans des spectacles d'entreprises, lorsqu'elle a envie de sortir du confort duveteux de Norac, la naissante compagnie qui porte son nom (à l'envers).

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Sac en fourrure, tissu et cuir recyclé, 175 $

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Sans la dentelle

Dans le sous-sol de sa chaleureuse maison de campagne, son atelier déborde des manteaux poilus dénichés dans les friperies. Il y a assez de pelleterie dans la pièce pour s'y croire dans la réserve du Musée de la nature et des sciences.

Près de son babillard d'inspirations, rempli de coupures de magazines, elle coupe les visons jadis si chers à nos aïeules et les coordonne avec des bouts de cuir ou de laine pour les transformer en sacs, capuchons et cols, des pièces uniques prêtes à donner de l'amour à n'importe quelle garde-robe d'hiver.

Toute la matière est récupérée, sauf la doublure des sacs. La quincaillerie, elle l'a entre autres achetée de Ressac, qui a cessé ses activités avant les Fêtes.

« Donner une deuxième vie à quelque chose, c'est extraordinaire! Ma création, elle est maintenant concrète. En humour, si tu ne m'aimes pas, tu n'aimeras pas mes blagues. Maintenant, si tu n'aimes pas ma sacoche, j'en ai dix autres que tu pourrais aimer! C'est aussi une création plus rapide. L'humour, c'est de la dentelle, il faut raffiner les textes pendant des mois. La mode, tu coupes, tu couds, et tu passes à un autre modèle. J'adore ça », compare cette autodidacte qui travaille à l'instinct et qui avoue avoir toujours opté pour un style vestimentaire classique. « Mais avec mes accessoires, je m'éclate! »

Ambitieuse

Julie Caron n'en est pas à un changement de carrière près. Elle était responsable des ressources humaines pour une agence de recrutement avant de faire le saut en humour à 30 ans. Le fil rouge de sa vie professionnelle : l'ambition. « Mais j'aimerais bien garder cette job-là jusqu'à ma retraite! » lance-t-elle.

Employant déjà trois couturières, sans avoir encore fait de lancement officiel, elle se voit déjà trapper de vastes marchés, motivée par les succès des Harricana et autres Rachel F.

« Oui, il y a beaucoup de créatrices qui font dans la fourrure recyclée au Québec. Nous vivons dans un pays nordique. Il y a de la concurrence. Mais il y a de place pour tout le monde dans la vie. Comme en humour! »

Les produits Norac (de 125 $ à 250 $) ne se trouvent présentement que sur la boutique en ligne, mais l'entrepreneure espère conclure bientôt une alliance avec un distributeur, « pour être présente dans toutes les grandes villes du Québec ».

Elle lui mettait le feu aux joues avec ses farces. Elle l'enveloppe maintenant dans du minou. Julie Caron  aime décidément tenir son monde au chaud.

NORAC par Julie Caron

www.noracjc.com

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