Bonne bouffe en plein air

Dans le livre d'Odile Dumais, au sens littéral... (Photo Michel Caron)

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Dans le livre d'Odile Dumais, au sens littéral comme au figuré, cuisiner dehors, c'est bien manger.

Photo Michel Caron

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / En camping, en randonnée, en expédition, on amène le strict minimum, on opte pour l'essentiel. À tous les chapitres. Faut-il, pour autant, avoir la gamelle triste?

Odile Dumais... (Photo fournie par Québec Amérique, Louise Gagnon) - image 1.0

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Odile Dumais

Photo fournie par Québec Amérique, Louise Gagnon

CHRONIQUE / En camping, en randonnée, en expédition,... (Photo fournie) - image 1.1

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Photo fournie

Absolument pas, répond Odile Dumais. Celle-ci a l'aventure en plein air burinée sur le coeur et une formidable passion pour la cuisine. Elle a toujours su conjuguer les deux. Dans son livre à elle, au sens littéral comme au figuré, cuisiner dehors, c'est bien manger.

Son recueil de recettes (et d'infos), La gastronomie en plein air, est à la fois gourmand et gourmet, pensé pour le bonheur des papilles autant que pour le maintien d'une bonne santé.

Titulaire d'une maîtrise en nutrition, la grande aventurière a multiplié les conférences et additionné les expéditions. En 2000, elle était engagée pour assurer la logistique du campement fixe sur le plateau du film Le peuple migrateur... en Arctique! Dans des conditions extrêmes, au coeur du magnifique panorama de l'île Bylot, elle a mitonné des petits plats pendant six semaines.

« C'est l'une de mes plus belles expériences de cuisine en plein air », souligne celle qui fait son propre jerky et qui déshydrate elle-même les joyaux que produit son grand jardin.

Du plein air, elle en mange, elle qui réside dans une nature abondante, aux abords de la Jacques-Cartier, dans la région de Québec. Déjà à l'époque du baccalauréat, qu'elle a complété en éducation physique à l'Université de Sherbrooke, elle organisait des randonnées pour financer ses études. Sa passion et son talent pour la bonne bouffe faisaient sensation.

« Les gens me demandaient déjà, en 1982, quand j'allais publier mon livre de recettes », se souvient celle dont les galettes polaires faisaient la joie des campeurs.

« Je ne pense pas me tromper en disant que plusieurs ont acheté mon livre en partie pour enfin obtenir la recette! »

Lancé une première fois en 1999, réédité en 2015, le bouquin compte plus de 70 recettes. Il est aussi une mine d'informations pour quiconque s'aventure en nature, été comme hiver. Le matériel à avoir, les trucs à prévoir, l'apport calorique à respecter, les petits secrets qui font une grande différence : Odile Dumais démystifie tout, tout, tout. Mais il y a un terrain sur lequel elle ne s'aventure pas. Le rapido presto, la promesse d'un repas en deux temps trois mouvements, très peu pour elle.

Les recettes d'Odile Dumais peuvent parfois être effectuées à l'avance (en partie), elles permettent de mieux manger sur place, mais pas nécessairement de gagner du temps.

« Manger en plein air, pour moi, c'est le plaisir de prendre son temps. Si on termine la randonnée vers 16 h et qu'on se couche autour de 20 h, on a quatre heures devant soi pour partir un feu, préparer le repas, le déguster, faire peut-être trempette dans le lac. Pour moi, la valeur ajoutée des repas extérieurs, elle est là : dans le plaisir. »

C'est vrai maintenant, c'était vrai aussi lorsque Odile Dumais était toute jeune. Celle-ci garde un souvenir précis (et savoureux) de tous les repas pris en famille au bord du lac Bouchette de son enfance.

« Jamais on ne mangeait de hot-dogs autour du feu. Ni de guimauves, d'ailleurs, il y a tant d'autres choses à faire griller sur un feu de camp! Et c'était toujours bon. »

Elle a gardé cet appétit pour la cuisine renouvelée, les idées neuves.

« Présentement, je découvre l'univers culinaire d'Ottolenghi et j'adore ça. Je teste une foule de ses recettes! »

Parce que l'aventure, c'est aussi dans l'assiette.

Marie-Pier prépare de l'eau pour un repas lyophilisé... (Photo fournie, Michel Caron) - image 2.0

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Marie-Pier prépare de l'eau pour un repas lyophilisé et du thé

Photo fournie, Michel Caron

Repas pochette

Michel Caron s'est promené au Pérou, en Argentine, en Alaska, dans l'Ouest américain. Il a fait l'Aconcagua en solo. Il a aussi escaladé le Denali. Il a multiplié les ultramarathons au cours desquels on pousse la machine à son maximum et où chaque gramme ajouté au sac à dos compte triple. Autant dire : le photographe sherbrookois est un habitué des expéditions.

« Partir avec un bagage ultraléger, c'est se donner la possibilité de parcourir de longues distances en un temps restreint », explique le randonneur d'expérience, qui peut enfiler 80 kilomètres dans une même journée.

« Et pour de longues excursions, où le poids du sac à dos compte énormément, les repas lyophilisés, c'est pas mal la seule façon de partir léger avec un apport calorique suffisant. »

Certains de ces repas en sacs ne requièrent aucune cuisson. De l'eau chaude dans la pochette d'aluminium, 10 ou 15 minutes de patience, et le tour est joué.

« C'est rapide, complet, et il n'y a pas de vaisselle à faire. »

Une recommandation, quand même : « Il faut bien brasser la pochette, pour que toutes les saveurs s'amalgament. Le goût n'est vraiment pas mauvais, ça ressemble un peu à un ragoût. La compagnie Happy Yak propose d'excellents plats lyophilisés. Mais tout ce qui est associé à un bon repas entre amis, on ne l'a pas. Le vin, la compagnie, l'assiette élaborée. »

La beauté du paysage et la grandeur de l'aventure compensent.

« Pour que ces repas-là soient un peu plus festifs, je suggère quand même d'amener un petit quelque chose de plus qui rappelle un vrai souper. Du pain pita, du pain nan ou un bagel, par exemple. Ça ne s'écrase pas dans le sac à dos et ça ajoute vraiment quelque chose. »

Dans son sac, il glisse aussi des céréales chaudes à manger le matin ainsi que des barres et des collations énergétiques pour dîner le midi, souvent sans s'arrêter.

Thés, tisanes, bouillons salés font aussi partie de son attirail.

« Pour les collations, j'aime bien aller dans les endroits où on peut acheter en vrac. Ça permet de varier ce qu'on apporte et de choisir selon nos goûts. »

Trucs et secrets d'Odile pour de belles gamelles

Le secret pour des repas succulents même en camping?

Les épices, les assaisonnements, les ingrédients pour garnir. Tout ça fait une réelle différence au chapitre des arômes, de la texture, des parfums. Je pense aux graines de sésame grillées, au lait de coco en poudre, aux fines herbes comme la menthe, le thym, le basilic, aux épices comme le paprika fumé, le cumin, les graines de carvi. Les graines d'anis sont succulentes ajoutées à une pâte à crêpes. La nigelle, aussi. Lorsqu'on la fait griller, elle prend un goût de sirop d'érable.

L'erreur que font les gens en randonnée?

Apporter trop de sucres rapides. Des barres commerciales, des chocolats industriels, des aliments sucrés qui ne soutiennent pas. Je suggère d'amener des noix salées, par exemple. Et des barres faites maison.

Une recette à essayer avec les enfants?

Le pain banique. C'est facile et agréable à faire. Ils adorent ça.

Une recette dont vous êtes particulièrement fière? 

C'est difficile d'en nommer une davantage qu'une autre : chacune a son histoire. J'aime beaucoup les barres müesli et le curry de lentilles, deux recettes dont je fais cadeau à vos lecteurs (voir recettes ci-bas).

Qu'est-ce qu'on devrait délaisser dans les collations de camping?

Les chips de bananes plantains sont remplies de mauvais gras. Elles sont frites dans de l'huile de palme, qu'on recommande d'éviter.

Un essentiel? 

En ce qui me concerne, une tasse isolante qui garde mes boissons bien chaudes. Et une gamelle qui fait la même chose.

Un conseil? 

Varier un peu le menu en camping en osant apporter un nouvel aliment, une épice différente.

CHRONIQUE / En... (Photo fournie par Québec Amérique, Catherine Côté) - image 4.0

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Photo fournie par Québec Amérique, Catherine Côté

Recette de curry de lentilles d'Odile Dumais (recette tirée du livre La gastronomie en plein air)

3 c. à soupe d'huile d'olive

1/2 t. de carottes en fines juliennes

1/2 t. de céleri en cubes

1/2 t. de poireau taillé

1/2 poivron rouge en fines lanières

1/2 poivron jaune en fines lanières

4 oignons verts émincés

2 gousses d'ail hachées

1 t. de lentilles orange

2 t. de bouillon de légumes ou de volaille

2/3 de t. de lait de coco

1 c. à thé de pâte de curry de Madras (ou 1 c. à soupe de curry en poudre)

Coriandre et persil frais, au goût

Sel et poivre au goût

Dans une casserole, chauffer l'huile.

Ajouter tous les légumes et l'ail et faire suer.

Ajouter les lentilles et cuire à couvert pendant 5 minutes.

Ajouter le bouillon et cuire durant 12 minutes ou jusqu'à ce que les lentilles soient tendres.

Retirer du feu, ajouter le lait de coco, la pâte de curry et assaisonner.

Chauffer durant 2 minutes, ajouter la coriandre et le persil au moment de servir.

CHRONIQUE / En... (Photo fournie par Québec Amérique, Martial Labarthe) - image 5.0

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Photo fournie par Québec Amérique, Martial Labarthe

Recette de barres müesli d'Odile Dumais (recette tirée du livre La gastronomie en plein air)

1 t. de beurre d'arachide naturel ou d'amande

1/2 t. de miel liquide

2 c. à thé de vanille

1/2 t. de canneberges séchées

1/2 t. de raisins secs

1/4 t. d'abricots secs

1/4 t. de dattes

1/4 t. de gingembre cristallisé

1/2 t. d'arachides rôties non salées

1/2 t. de pistaches

1/4 t. de graines de citrouille

1 t. 3/4 de flocons d'avoine à cuisson rapide

1 t. de quinoa soufflé ou de millet soufflé

1 c. à soupe de germe de blé

1/2 c. à thé de sel rose de l'Himalaya

1/2 t. de beurre de cacao

Dans un grand bol, mélanger le beurre d'arachide, le miel et la vanille.

À l'aide d'un couteau ou d'un robot culinaire, hacher grossièrement les noix et les graines.

Mettre les fruits hachés et les noix dans un grand bol, ajouter les céréales et le sel, bien mélanger.

Ajouter ce mélange à celui de beurre d'arachide et de miel.

Faire fondre le beurre de cacao au bain-marie et le verser sur le mélange en l'incorporant bien (cette étape est importante, c'est cet ingrédient qui donnera la texture solide aux barres).

Presser dans un moule de 23 X 30 cm tapissé de papier parchemin.

Couper en 24 barres et mettre le moule au froid pendant 4 heures avant de démouler les barres.

Crédit : Spectre Média : Jessica GarneauJournaliste :... (Spectre Média, Jessica Garneau) - image 6.0

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Crédit : Spectre Média : Jessica GarneauJournaliste : Karine TremblayChronique BouffeAero press

Spectre Média, Jessica Garneau

Café camping

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, le café matinal est non négociable. Impossible de m'en passer. Je l'aime corsé, sans lait sans sucre. Aussi avais-je l'habitude de traîner une petite cafetière italienne en camping ou en voyage. Je l'ai récemment remplacée par une Aero Press, un outil pratique et léger qui fait un excellent café en deux minutes, top chrono. 

Suffit d'ajouter de l'eau chaude au café moulu et de presser le mécanisme. En résulte un savoureux nectar au goût riche et impec.




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