Di Stasio: jaser avec Josée

Après deux ans d'absence du petit écran, Josée... (Photo courtoisie, Maxime Desbiens)

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Après deux ans d'absence du petit écran, Josée di Stasio revient à la barre d'un nouveau magazine gourmand à l'antenne de Télé-Québec. Dès le 30 septembre, à 20h, l'émission di Stasio colorera nos vendredis soir télévisuels.

Photo courtoisie, Maxime Desbiens

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Karine Tremblay
La Tribune

CHRONIQUE / À la veille de retrouver sa case horaire hebdomadaire à Télé-Québec, Josée di Stasio a un sourire grand comme ça dans la voix.

« C'est quelque chose qu'on ne peut pas feindre, qui ne se triche pas, je pense », dit celle qui a disparu du radar télé ces deux dernières années parce qu'elle a eu à découdre avec un cancer du sein.

« J'ai pris une pause santé. »

La pause a été salutaire. La chirurgie et la radiothérapie aussi. Aujourd'hui, plus aucune trace de la maladie. C'est en pleine forme et avec grand bonheur qu'elle reprend les rênes d'un nouveau rendez-vous culinaire. Après 13 saisons à piloter À la di Stasio, elle était mûre pour un petit changement. Dès le 30 septembre, les vendredis soirs gourmands se feront donc à l'enseigne de l'émission di Stasio. Tout court. Sans le À la qui présidait le titre de son magazine télévisé depuis ses débuts, en 2002.

C'est un détail. Il est quand même révélateur.

« C'est plus direct, plus dynamique. On n'est pas toujours assis autour d'une table ou debout derrière un comptoir. Ce n'est pas vraiment un nouveau concept d'émission... C'est plutôt une évolution qui s'inscrit dans une certaine mouvance et qui suit mon propre parcours. Quand j'ai commencé l'émission, au tout début, les jeunes chefs étaient moins connus que maintenant. Alors on leur donnait une vitrine, on les encourageait. Après, on a voyagé, on est allé voir ce qui se faisait ailleurs. Là, je dirais que tout part des personnes qu'on rencontre. On prend vraiment le temps de s'asseoir, de jaser, d'échanger. Ça donne quelque chose d'un peu plus décontracté, de plutôt relax, je pense. Probablement parce que je vais chez les gens, j'entre dans leur décor. »

Cette façon « Airbnb » de tourner lui sied. Et elle permet une appétissante facture visuelle qui se renouvelle chaque semaine, au gré de l'environnement visité.

« Ça donne une émission très habillée, je suis vraiment contente du résultat. »

Dans cette neuve mouture télévisée qu'elle tourne jusqu'à la fin d'octobre, il y aura encore des astuces et des bons trucs de cuisine. Et bien sûr, il y aura des recettes « à la fois simples, délicieuses, et faciles à réaliser avec des ingrédients de saison ». Mais il y aura surtout des rencontres nourrissantes. Dans tous les sens du terme.

« On a en quelque sorte inversé les proportions. La recette est là, toujours, mais elle n'est pas au coeur de l'émission. Tout ce qui se passe autour de la table a toujours été un prétexte d'échanges, au fond. Une façon d'aller à la rencontre de l'autre. Cette fois, j'avais besoin d'aller une coche plus loin et de découvrir l'art de vivre de mes invités. J'avais envie d'apprendre et de transmettre. J'avais le goût de déborder du simple répertoire de recettes. »

Onze univers

Onze thématiques ont donc été pensées, comme autant de voyages dans l'univers de personnes inspirantes. Il y a cette ancienne recherchiste qui a quitté le Plateau pour aller vivre à Mont-Tremblant et qui fait tout elle-même, son yogourt comme son pain. Il y a les copains de longue date Dyan Solomon (de Olive et Gourmando) et Fred Morin (de Joe Beef) qui ouvriront les portes de leur frigo, de leurs armoires, de leur bibliothèque. Il y a Kim Thúy, avec qui Josée se promettait depuis longtemps un voyage gustatif.

« On se connaît depuis longtemps, on a lancé des livres en même temps, mais elle n'était jamais venue encore à mon émission. On s'était jadis parlé d'un séjour au Vietnam. »

Mais voilà : le Vietnam colore chacun des bouquins de Kim Thúy. Les parfums de cuisine aussi. Il n'était pas nécessaire d'aller au loin pour goûter le pays d'enfance de l'écrivaine. Il suffisait d'aller chez elle.

« J'avais relu ses trois livres avant le tournage, je suis ressortie enchantée. Utiliser la cuisine comme amorce à la discussion, ça me plaît beaucoup. »

Dans tout ça, une seule escapade à l'extérieur de nos frontières est au menu. Pas plus tard que cette semaine, Josée et son équipe filaient à San Francisco pour un petit bain d'idées.

« On a choisi San Francisco pour son côté à l'avant-garde, dans plusieurs domaines. En alimentation, en écologie, en technologie, ils sont toujours un pas en avant. »

La première de la saison sera consacrée aux repas en famille.

« Au cours des prochaines semaines, on abordera aussi l'alimentation locale, la diminution du gaspillage alimentaire, la cuisine végé pour recevoir, les petits rituels qui font du bien. On touchera également à la cuisine italienne, en axant le propos sur ce qu'on peut emprunter aux Italiens. »

Bien davantage qu'à une recette de stracciatella, on pense ici à l'esprit de famille et de communauté qui teinte la dolce vita italienne. On pense ici à l'essentiel, quoi. Cette soif de profondeur et de rencontres vraies qui guide l'animatrice a beaucoup à voir avec le temps qu'elle a passé en dehors de la sphère publique. Un temps où elle a pu prendre du recul. Le cancer a beau être derrière elle, il a laissé une empreinte : « Quand ça arrive, ça fait prendre la pleine mesure de certaines choses. On n'est pas éternels... Ce n'est rien que je ne savais pas déjà, mais s'il y a une chose que je retiens de tout ça, c'est l'importance de prendre le temps, dans différents domaines. Prendre le temps de se faire un garde-manger un peu plus organisé, prendre le temps de s'arrêter pour un petit café ou un apéritif avec des amis, prendre le temps de s'offrir de petits moments qui adoucissent les matins, prendre le temps de s'arrêter. »

Reste que le temps, parfois, nous rattrape. Dans l'univers télévisuel, le rythme se module davantage au pas du lièvre qu'à celui de la tortue.

Les semaines ultras chargées, il y en a encore, ça fait partie du métier, concède Josée. Mais elles sont davantage l'exception que la norme, maintenant.

« Il y a des périodes où les trucs se bousculent, mais je tente le plus possible d'éviter que ça déborde. »

Pendant qu'elle tourne ses émissions, certains autres projets patientent au four.

« Avant, j'aurais tout fait en même temps. »

Plus maintenant. Le manuscrit du livre amorcé il y a un moment déjà va attendre que l'agenda compte des jours en blanc. Pareil pour cette idée de documentaire qui mûrit depuis quelques tours de calendrier.

« C'est un beau projet, quand même bien avancé. »

C'est pendant son temps d'arrêt que l'animatrice a jeté les bases de ce film axé sur le développement du goût chez les enfants.

« Je souhaiterais aussi creuser l'apprentissage de la cuisine chez les jeunes. Savoir cuisiner, selon moi, donne de l'autonomie en plus d'avoir des répercussions sur la santé, l'économie et la vie sociale des futurs adultes. Avec très peu de cours, on pourrait changer plein de choses. »

L'envie de regarder par-dessus l'épaule du pays pour voir ce qui a cours à l'extérieur, en France et en Suède, par exemple, est aussi dans sa mire.

« En fait, j'aimerais voir si on a un plan, ici. Le documentaire brosserait un portrait de ce qui se fait, dans la province et à l'étranger, avec quelques pistes pour faire mieux à certains chapitres. »

Dans sa voix, toujours ce sourire.

Prendre le temps de ralentir et de s'arrêter, oui, ça semble une bonne recette.

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Du nouveau, côté web

Un nouveau titre d'émission appelait un changement de la plateforme web. Le site À la di Stasio sera refondu et remanié. Complètement. Vous pouvez recommencer à respirer tout de suite : oui, les recettes qui se trouvaient sur l'ancien portail suivront sur le nouveau. Toutes, sans exception.

« Il sera beaucoup plus fonctionnel, il permettra davantage de possibilités. Vous pourrez y faire vos propres carnets, par exemple. »

Cuisiner avec Salvail?

Son passage à l'émission En mode Salvail, au printemps dernier, avait valu à Josée di Stasio une salve d'applaudissements en studio. Et une invitation éventuelle aux Recettes pompettes.

« Mais je ne suis tellement pas la bonne personne pour ce genre de concept! Moi, j'ai de la misère à lâcher prise. Je ne pense pas qu'il va réussir à me convaincre », dit celle qui a quand même laissé planer un « peut-être », si et seulement si Salvail l'autorisait à fouler le plateau alcoolisé en duo, avec un invité qu'elle choisirait.

Salvail n'a pas relancé. Pas encore. Mais si jamais il se risquait, Josée sait qu'elle ne lui rendrait pas la tâche facile.

« J'oserais proposer un un nom vraiment très international. Il aurait du mal à répondre à ma demande... Et s'il y arrivait, eh bien, j'irais, ce serait juste super. »

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