Bouillon de cultures

C'est une tendance lourde, un mouvement qui n'est pas près de s'essouffler : le... (123rf.com)

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) C'est une tendance lourde, un mouvement qui n'est pas près de s'essouffler : le retour à la terre dans les villes et les banlieues est là pour rester. En pots, en carrés surélevés, en façade ou en aménagement vertical, le potager urbain fait désormais partie du paysage. « Ça a commencé il y a 10 ans, je dirais. D'abord avec les altermondialistes et les gens de la gauche en réaction aux OGM », explique l'horticulteur Bertrand Dumont, auteur du livre Le potager urbain facile et naturel.

« Des jeunes qui ne s'intéressaient pas du tout au jardinage ont commencé à vouloir cultiver des plantes comestibles, poursuit-il. Ceux qui pensent encore que c'est une mode ont tort : on est dans une vague de fond, qui s'enracine parce qu'elle est ancrée dans des valeurs profondes. Le jardin est un divertissement, mais c'est aussi un espace de partage »

L'envie de manger local et de savoir ce qu'on glisse dans l'assiette est une locomotive puissante. Les pesticides et OGM ont mauvaise presse. Et la flambée du coût des aliments est un argument qui s'ajoute. Résultat? On joue dans la terre davantage qu'avant. Mais on ne sait pas toujours à quel plant se vouer.

« C'est drôle à dire, mais au départ, il faut freiner son enthousiasme. Le jardinier débutant a intérêt à ne pas voir trop grand. Il vaut mieux commencer petit et avoir des résultats que s'essouffler à vouloir cultiver beaucoup et finir par abandonner parce qu'on est dépassé par l'ampleur de la tâche », dit l'agronome et auteure Lili Michaud, qui a signé plusieurs ouvrages sur le sujet.

L'art de cultiver la terre se nourrit d'essais-erreurs. Il faut se donner le temps d'acquérir de l'expérience. Graduellement.

« Je suis d'origine française et en Europe, l'intégration du potager va de soi. Parce que les gens ont vécu la guerre et connu la faim, dès qu'ils ont l'espace, ils font pousser des légumes. Au Québec, le jardin a été délaissé par une génération, il y a une transmission du savoir qui ne s'est pas faite. Il faut apprendre en expérimentant », mentionne M. Dumont.

J'avoue : je fais partie des empotés du jardinage. Pour tout dire, j'ai le pouce à peine plus vert que le bonhomme hiver. Cette année, j'agrandis quand même le petit carré de terre où poussaient déjà oseille, tomates et ciboulette. En essayant de ne pas voir trop grand (c'est mal parti!). Je vous en reparlerai ici en cours de saison. Mais d'ici là, voici quelques petits trucs de Lili Michaud et Bertrand Dumont pour planter... sans se planter!

Quelques légumes (plus) faciles à faire pousser chez soi

Les fines herbes

La laitue

Les pois mange-tout

Les haricots

Les tomates

Les radis

Dans tous les cas, on choisit un emplacement très ensoleillé. Et on favorise biodiversité et « bon compagnonnage » en amalgamant fleurs comestibles (capucines, hémérocalles, etc.), fines herbes et légumes pour attirer les pollinisateurs et éloigner les parasites.

Planter dans la plate-bande

On a l'habitude de fleurir sa devanture de maison, mais on a moins tendance à y faire pousser des carottes et des poireaux. Il est pourtant possible d'intégrer des légumes à sa plate-bande sans défigurer l'aménagement, note Lili Michaud. Ses trois suggestions pour commencer à marier verdures comestibles aux fleurs du parterre :

1- La bette à carde : une jolie plante qui peut avoir un feuillage vert lamé de rouge ou de jaune. Dans les plats, on l'utilise un peu comme les épinards.

2- Le chou kale : « C'est un champion, une plante vedette, ces dernières années parce qu'il est vraiment bon pour la santé. » Le plant, aux contours dentelés, reste beau jusqu'à la fin de la saison.

3- Les fines herbes : « Jouez avec les couleurs et les formes en mêlant les pourpres et les panachées, par exemple. »

Astuce jardinière numéro un

Pour minimiser l'entretien, on utilise le paillis.

« On n'y pense pas pour le potager et c'est pourtant une bonne façon de se donner une chance. On a moins à désherber, évidemment, mais on diminue aussi les besoins en eau des plantes, ce qui simplifie d'autant la tâche d'arrosage. Les plants sont plus en santé, les légumes ne tombent pas dans la terre et sont donc plus faciles à nettoyer », explique Lili Michaud. La paille, les rognures de gazon et les feuilles (de l'automne précédent) déchiquetées peuvent toutes être utilisées comme paillis. Le bois raméal fragmenté, les écales de cacao les fibres de coco peuvent aussi être achetés en jardinerie.

Astuce jardinière numéro deux

« Se doter d'un mini système d'irrigation, ça peut être payant. Ce n'est pas très coûteux et ça s'installe en une demi-journée. Branché à une minuterie, ça permet vraiment de faciliter l'arrosage... et de partir en vacances », indique M. Dumont.  

 

Le secret est (un peu) dans la terre

Avant de semer, planter, arroser, voir pousser et récolter, il faut préparer le sol. C'est banal. Et ça ne l'est pas. Parce que la qualité du terreau dans lequel vont croître nos jolis légumes est de toute première importance. « Les gens font souvent l'erreur d'acheter une terre de mauvaise qualité. Sauf exception, la terre qu'on a chez nous est plus riche que celle qu'on trouve en sacs », assure Lili Michaud. On a aussi tout intérêt à amender le sol. Le compost, souvent rebaptisé « or brun », est un incontournable et un allié.

« C'est la base de la fertilisation, c'est un ajout qui nous permet de regagner plus tard », souligne Lili Michaud.

À consulter

Le potager urbain facile et naturel

Bertrand Dumont

Éditions Multi Mondes

285 pages

Mon potager santé - Cultivez vos légumes en pleine terre ou en pots

Lili Michaud

Éditions Multi Mondes

362 pages

Pour les enfants :

Comment ça pousse

Erpi

80 pages

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