Tisanes tout fruits

Offertes en trois saveurs, les tisanes de Michaela... (Spectre Média, René Marquis)

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Offertes en trois saveurs, les tisanes de Michaela Vrastiak se dégustent chaudes, mais aussi froides, en cocktail.

Spectre Média, René Marquis

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Oubliez vos tisanes habituelles. Celles-ci n'ont rien à voir avec les sachets qui traînent dans votre armoire. Rien de rien.

Les tisanes en pots de Michaela Vrastiak nichent dans une catégorie à part. Faites de fruits tranchés, elles surprennent agréablement le palais dès la première gorgée. Le test du goût produit chaque fois son effet. Et le bouche-à-oreille fait le reste. Le chaud nectar conçu par l'entrepreneure sherbrookoise est un délice de moins en moins confidentiel.

Michaela se souvient de la journée charnière où, sans le savoir, elle a mis un pas dans l'entrepreneuriat.

« C'était le 29 novembre 2014. Précisément. J'avais un brunch avec une vingtaine d'amies. Chacune apportait quelque chose à partager. Je me suis dit que tout le monde irait pour des confitures, du caramel ou des croissants. J'ai apporté des tisanes que je préparais à la maison, un peu comme celles que nous faisait ma mère lorsque j'étais enfant. »

Les copines ont aimé. Beaucoup.

« Elles n'avaient jamais goûté quelque chose comme ça. Je me cherchais justement des idées de cadeaux à offrir pour Noël. J'ai acheté une tonne de fruits et, pendant une semaine, j'ai développé mon produit. »

La maman de trois enfants a concrétisé ce qu'elle avait en tête : créer trois tisanes aux couleurs et aux saveurs distinctes.

Trop contente du résultat, elle a offert sans tarder ses douceurs en pots. C'était Noël deux semaines avant le temps. Encore une fois, tout le monde a aimé. Et les commandes ont commencé à rentrer. En six mois, Michaela avait écoulé 600 pots. Sans faire de publicité, sans même s'être officiellement lancée en affaires.

Elle a vu qu'elle tenait peut-être quelque chose. « J'étais à la maison depuis la naissance de mes jumelles, il y a cinq ans. Je n'avais jamais pensé faire le saut en affaires, mais je suis une fille de projet, je n'ai pas peur des défis. Mon but, ce n'est pas de créer une multinationale, mais de faire ce qui m'anime en offrant un produit de qualité. »

Tout à la main

Les préparations qui sortent de sa cuisine ne contiennent que des fruits, du jus de citron fraîchement pressé et un peu de sucre. Aucun agent de conservation et aucun colorant ne sont ajoutés. Tout est confectionné à la main, de façon très artisanale et à partir de produits locaux, si possible.

« J'adore voir le visage des gens quand ils goûtent à mes tisanes. »

Les enfants les adorent, les adultes aussi. Nul besoin de laisser infuser la préparation, qui se boit aussi bien chaude que froide.

« Comme il n'y a pas de sachet, tout se consomme. Le plaisir, c'est de finir sa tasse à la cuillère, en dégustant les morceaux de fruits. »

Ne cherchez pas ses produits sur les tablettes des supermarchés, ils n'y sont pas. Pour l'instant, on les trouve dans ces différents points de vente.

Café Pierre Jean Jase

Café Le Tassé

Café Mano du Vieux Nord

Mystea

Boutique L2D

Au Coin d'Italie

Café du Globe

Café créatif Au Croquis

Salon de beauté MarieBella

De Chanel... à Sherbrooke

C'est une question qui va de soi : Mishka parce que?

« Parce que c'est comme ça que ma mère m'appelle depuis toujours. C'est mon nom en slovaque. »

Vrastiak, c'est aussi un patronyme slovaque, explique Michaela. « Je suis née là-bas, en Slovaquie, mais je n'en garde aucun souvenir : on a quitté le pays alors que j'avais trois ans. »

Lorsqu'elle y est retournée, avec ses parents, à l'âge de 14 ans, après la chute du communisme, elle n'a pas davantage reconnu les paysages.

« Mais c'est un endroit magnifique, les montagnes s'y étalent à perte de vue et les belles villes historiques y sont intactes puisqu'il n'y a pas eu de guerre. »

La famille de Michaela est arrivée à Sherbrooke il y a 33 ans. Elle n'est jamais repartie. La petite histoire de son parcours est fascinante.

« Ma grand-mère maternelle était couturière pour Chanel, à Paris. Elle avait son salon de couture en République tchèque, où elle employait des gens. Mon grand-père maternel, lui, avait son magasin de fruits et légumes. »

Lorsque le communisme a été implanté dans le pays, les règles ont changé. Le quotidien aussi. Ceux qui avaient bien réussi se sont retrouvés journaliers en usine, par exemple.

Oser le départ

« Ce n'était pas évident pour mes grands-parents, qui ont perdu beaucoup au change. Ma mère a grandi là-dedans. Lorsqu'elle a épousé mon père, il y avait encore un ratio de deux policiers par habitant. Tout le monde vivait bien, mais tout était contrôlé. »

L'idée de partir était tentante, mais risquée. « Mes parents ont choisi d'essayer. Pour traverser les lignes, il fallait obtenir 20 signatures de différentes notables. Ils ont réussi en faisant croire qu'ils partaient en vacances trois semaines. Ils sont partis avec trois jeunes enfants et trois valises seulement, en laissant tout le reste derrière eux. »

Après plusieurs semaines en France, la petite famille a mis le cap sur l'Autriche où elle a demandé le statut de réfugié.

« C'était un long processus. Si la demande était refusée, on nous renvoyait en Tchécoslovaquie, où mes parents auraient été emprisonnés et nous, remis aux bons soins d'un orphelinat. »

Le vent a tourné. Pour le meilleur et sans le pire. Le précieux statut a été octroyé.

« Parce que sa mère à elle voyageait à Paris, ma mère avait quelques bases de français. C'est pour ça que ma famille a choisi Sherbrooke, au Québec. »

Michaela ne sait pas jusqu'à quel point la tradition des boissons chaudes fruitées est importée de son pays natal, mais à la maison, elles avaient la cote.

« En fait, mes parents avaient une tisane pour à peu près tout. Quand on était malade, ils nous faisaient même une tisane à l'oignon. Mais ça, c'était dégueulasse! Jamais je n'en ai fait! » dit la femme d'affaires, qui a développé sa propre technique et ses recettes bien à elle.

Le MAPAQ a donné son aval pour qu'elle poursuive la confection de ses tisanes dans la chaleureuse cuisine de sa maison. Pour l'instant. Viendra un moment où elle devra déménager ses fruits et ses pots dans une cuisine commerciale.

« Je suis consciente qu'alors, si ça continue de grandir, j'aurai peut-être des employés avec moi. Quand ce jour viendra, j'ai envie que mon entreprise serve à quelque chose. Je viens d'une famille immigrante, alors j'aimerais bien, par exemple, fournir du travail à des femmes immigrantes. »

Parce que, pour Mishka, la question ne se pose même pas : c'est un engagement qui va de soi.

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Spectre Média, René Marquis

Trio de saveurs en pots

Mishka propose actuellement trois saveurs distinctes.

Chaleur d'été : un mélange de mangues, de pommes, d'ananas et de gingembre frais

Douceur rosée : un mariage de pommes, fraises, cannelle et clou de girofle

Espace boisé : des canneberges, des fraises, des bleuets, de la cannelle

Pour déguster, on mélange deux cuillères à thé à une tasse d'eau chaude, c'est tout. On peut aussi servir le mélange sucré avec du yogourt, des crêpes ou du gâteau, par exemple.

Une autre belle idée, à l'approche de la belle saison, c'est de boire la préparation fruitée en slush (avec de la glace réduite au robot) ou en cocktail avec alcool pour les adultes. Voici le mélange que propose Michaela :

Cocktail estival

Une généreuse cuillère de mélange à tisane « chaleur d'été »

150 ml de jus de pommes

100 ml de jus de canneberges blanches

Une once de Bacardi à la lime (ou du gin, du rhum ou de la vodka)

On mélange le tout et on sert avec de la glace, si désiré.

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