Réveillon et traditions

On s'abreuve à la nouveauté toute l'année. Sauf dans le temps des Fêtes. Alors,... (Fournie par Karine Tremblay)

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) On s'abreuve à la nouveauté toute l'année. Sauf dans le temps des Fêtes. Alors, on visionne pour la 34e fois Astérix et Cléopâtre à Ciné-Cadeau. On décore le sapin en réécoutant le classique White Christmas de Bing Crosby. Et on salive devant les plats qui ont les parfums des Noëls de notre enfance. Les traditions de décembre sont comme une doudou dans laquelle on aime s'envelopper, une fois l'an. Curieux de savoir d'où viennent quelques-unes de nos coutumes? Lisez ce qui suit. Ou bien filez à la Société d'histoire de Sherbrooke. Jusqu'au 17 janvier, l'exposition Petit papa Noël s'en vient retrace l'origine de certaines traditions.

Sers-toi une bûche

Elle se décline de 1000 façons. Elle fait sa fraîche en robe de glace italienne au rayon du congélo, ou bien elle se révèle en version ultra sucrée nappée de crème au beurre. La bûche de Noël est un incontournable du 24 décembre. Commercialisée par les grandes bannières boulangères, elle se retrouve aussi dans les pâtisseries fines. À l'origine, elle n'avait pourtant rien d'un gâteau roulé.

Au départ, la bûche de Noël n'était pas un dessert, mais un véritable tronçon de bois.

«C'est une tradition qui remonte presque au Moyen Âge. À Noël, on choisissait un tronc d'arbre fruitier qu'on décorait, ou pas, avant de l'arroser de vin, d'eau bénite ou de miel», explique la coordonnatrice à la diffusion de la Société d'histoire de Sherbrooke, Marie-Ève Gingras.

 Le symbolique rondin était ensuite déposé dans l'âtre. Certains laissaient brûler la bûche pendant trois jours, d'autres prolongeaient la consumation pendant une douzaine de jours, jusqu'à l'Épiphanie (ou fête des Rois, le 6 janvier). Dans un cas comme dans l'autre, on récupérait les cendres qu'on utilisait comme engrais pour le jardin, au printemps.

«Les gens pensaient ainsi éloigner le mauvais oeil et s'assurer de bonnes récoltes», précise Mme Gingras.

La pratique existait dans plusieurs régions, chacun l'interprétait à sa façon. «Dans les Balkans, par exemple, on personnifiait la bûche, elle représentait les ancêtres. On la promenait dans la pièce avant de la mettre dans le foyer», souligne Marie-Ève Gingras.

Le billot de bois serait devenu une pâtisserie au cours du XIXe siècle, en France.

Plum-pudding, gâteau aux fruits et brandy

Le traditionnel gâteau aux fruits macéré pendant quatre semaines serait directement inspiré du  plum-pudding anglais, cuisiné depuis le XVIIe siècle.  

«Au fil de nos recherches, nous avons découvert que le premier nom du plum-pudding était le hackim. Chaque famille avait sa recette. Il pouvait contenir jusqu'à 82 ingrédients hachés finement. On le préparait le matin même de Noël et on l'arrosait de brandy», indique Mme Gingras.

L'alcool fait aussi partie de la recette du gâteau aux fruits, à base de fruits secs et confits, qui se cuisine à l'avance et se conserve longtemps.

La dinde, pièce de résistance

La volaille reine des grandes réceptions des Fêtes devrait sa cote de popularité à sa grande taille.

«Dans le temps, les familles étaient nombreuses. Cuire un poulet, ça ne suffisait pas à nourrir tout le monde. La dinde, plus grasse, nourrissait de plus grandes tablées. Et elle était facile à élever», note Mme Gingras.

Du sucre, encore du sucre

Le plongeon dans les Noëls des temps anciens révèle une chose: les desserts avaient la cote et occupaient une place de choix sur les tablées.

«La période de l'Avent était vue comme un petit carême pendant lequel les gens se privaient un peu. Avec les réjouissances de Noël, ils retrouvaient le plaisir de manger des sucreries, qui étaient cuisinées en abondance», indique Mme Gingras.  

Il n'y a pas qu'ici qu'on avait la dent sucrée: «Au Portugal, le repas de Noël était une soupe de poisson. Mais il y avait aussi 13 desserts sur la table. Et les gens devaient goûter aux 13 sinon, ça leur portait malheur.»

À la Claire façon

Ce Noël sera le tout premier sans ma grand-maman Claire. Je garde d'elle le souvenir précieux d'une femme rieuse, aimante, aux bras toujours ouverts et au regard bienveillant, pour qui la famille était un essentiel et la table, un incontournable point de ralliement. Lorsque j'étais enfant, plusieurs classiques se retrouvaient déposés sur sa nappe décorée de feuilles de houx, le soir du réveillon. Je vous fais partager deux des desserts qu'elle a fais de tout temps et qui ont pour moi les parfums de l'enfance, de la famille, du bonheur d'être tous ensemble.

Je vous souhaite un Noël joyeux, rempli de délices partagés. Rempli, surtout, de temps heureux avec ceux que vous aimez.

Petits animaux trempés dans le sirop de ma grand-mère

C'est une astuce plus qu'une recette, que vous pouvez essayer avec n'importe quelle pâte à pain ou à beignes. Un hiver, je n'étais pas encore née, ma grand-mère a décidé de découper et de cuire sa pâte à pain à la façon des beignets. Elle a étendu sa pâte au rouleau, a découpé les beignes, fait frire ses pâtons. Au lieu de rouler à nouveau ses retailles, elle a découpé des formes au coupe-pâte à la va-vite. Rien d'élaboré, rien de défini. Ces formes imprécises ont été frites dans l'huile. Aux enfants, elle a dit qu'elle avait fait des animaux. Chacun a vu ce qu'il voulait voir dans ces bouchées sucrées. Ici, un poisson, là, un chien, un chat, une girafe ou un lion. Vous comprenez l'idée. Les petits animaux ont vite été élevés au rang de tradition. Enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants ont savouré cette sucrée ménagerie, trempée dans la mélasse, le sucre glace ou le sirop.

Salade de fruits «texture spéciale»

La salade de fruits de ma grand-mère était toute simple, composée surtout de pommes et d'oranges, parfois de poires et de quelques raisins, le tout arrosé de jus frais. La particularité de son dessert vitaminé? Elle passait ses fruits au hachoir à main, pour les découper en très fines juliennes. Ça changeait tout. Elle ajoutait ensuite au mesclun fruité des tas de cerises au marasquin taillées au couteau. Inutile de préciser que le mélange prenait vite la vibrante couleur rouge des Fêtes. J'y plongeais ma cuillère avec délice. Aujourd'hui, je ne mange pratiquement jamais de cerises au marasquin, mais je pourrais dévorer ce dessert matin, midi et soir sans me lasser.

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