Ensemble, c'est tout

La famille Quirion-Martel: Marie-France, Juliette, Félix-Antoine et Marianne.... (Imacom, René Marquis)

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La famille Quirion-Martel: Marie-France, Juliette, Félix-Antoine et Marianne.

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Depuis quelques semaines, une certaine bannière de supermarché répète à l'envi une invitation qui semble banale, a priori. Elle met au défi les Québécois de cuisiner un repas maison de plus par semaine. Rien que ça. Un repas.

Au début, j'avoue, j'ai trouvé que les clones animés de Josée di Stasio, Stefano Faita et Christian Bégin ne mettaient pas la barre bien haute dans les pubs télé. Un repas de plus. Ça me semblait peu. Mais c'est déjà ça dans un quotidien où le temps file toujours trop vite et où les plats tout préparés de l'industrie font les yeux doux aux consommateurs toujours à la course que nous sommes. Le « tout fait tout prêt » est un raccourci qu'on était collectivement enclins à emprunter. C'est en train de changer, pense Sylvie Bernier. Ambassadrice des saines habitudes de vie pour l'organisme provincial Québec en forme depuis 2011, elle entrevoit un retour du balancier.

« On est allé très loin dans le prêt-à-manger. On réalise que ce n'est pas l'idéal pour notre santé. Notre mode de vie a changé, mais on peut essayer de se donner les moyens de retrouver le plaisir de cuisiner et de manger ensemble. »

Ensemble. Le mot phare. Les recherches qui se multiplient le disent et le répètent : manger en famille n'a que des avantages. Non seulement parce que le contenu de l'assiette est plus équilibré, mais aussi parce que les bienfaits des repas partagés avec les proches se font sentir dans d'autres sphères que la seule santé physique. Une étude publiée dans Pediatrics mentionnait que les repas pris en famille diminuaient chez les enfants le risque de souffrir d'obésité et de troubles alimentaires. De même, les adolescents qui mangent un minimum de cinq repas par semaine en famille auraient de meilleurs résultats scolaires, une meilleure estime d'eux-mêmes et seraient moins portés à consommer drogues ou tabac.

Ce n'est pas si étonnant. Tant de choses se nouent autour de la table. Les habitudes alimentaires futures, entre autres : « En matière d'alimentation, les enfants font plus tard du copier-coller de ce qu'ils ont vécu à la maison », me résumait récemment la nutritionniste-diététiste sherbrookoise Geneviève Arbour.

La main à la pâte

Et les enfants, ils ont envie de mettre la main à la pâte. Dans son rapport national Tout le monde à table, publié en 2012, Extenso soulignait que 56 pour cent des enfants québécois ne cuisinent pas régulièrement avec leurs parents, mais que 79 pour cent d'entre eux aimeraient le faire plus souvent. Autour de l'ilot de cuisine, on transmet bien plus que la bonne technique pour faire une béchamel ou de la pâte à tarte. On transmet un héritage. Un savoir-faire familial. La curiosité de goûter. L'envie de bien manger.

« La phrase-clé, c'est l'agir tôt. Plus on les implique vite dans la cuisine, plus les enfants développent le goût de bien manger. Ça commande du temps et de la patience, au début, mais c'est le plus bel héritage qu'on peut transmettre à nos enfants », dit Sylvie Bernier.

J'y crois aussi. On a fait de la cuisine un épicentre familial. On y consacre du temps. Ensemble. Même si ça veut dire qu'il y aura parfois de la farine partout, de l'huile renversée, des traces de doigt sur le four chromé, des dégâts qui font que la cuisine a des airs d'après-sinistre. Après tout ça, vient un moment où l'autonomie culinaire se déploie. Et alors, ça fait vraiment plaisir à voir : ma grande se charge maintenant toujours de la confection des vinaigrettes. Sans qu'on le lui demande. Ses émulsions pourraient faire pâlir d'envie n'importe quelle bouteille de sauce à salade du commerce. Autour de la table, ça se ressent. Les enfants sont toujours plus intéressés à goûter ce qu'ils ont aidé à cuisiner.

Ce n'est pas parfait. Parfois, ça chiale en bloc à propos du menu. Ça ne veut pas toucher aux poivrons. Ça chipote à cause des oignons. Ça mange des champignons frais à la tonne, mais ça ne veut pas du tout goûter aux champignons rôtis. Ça veut déjeuner-diner souper de pâtes-blanches-avec-pas-de-sauce. Et puis des fois, ça se chicane encore, mais en mieux : ça se chamaille pour avoir la dernière portion de salade (oui, oui!), ça veut encore du brocoli, des asperges, des choux de Bruxelles. Et ça trouve qu'on ne met pas assez souvent le chou-fleur au menu. Il y a des problèmes pires que d'autres.

Depuis quelques semaines, une certaine... (Fournie par l'Atelier saint-cerf) - image 2.0

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Fournie par l'Atelier saint-cerf

Testé, aimé

Le coupe-légumes (et fruits) pour enfants

Le couteau en bois fabriqué à Québec par l'Atelier Saint-Cerf est un petit bijou d'outil de cuisine. Semblable à une petite corne de pâtisserie en bois, il assure une prise stable, il tranche fruits et légumes sans problème, mais il ne coupe pas la peau. L'équation est parfaite pour les petites mains délicates des enfants, parfois encore un peu trop malhabiles pour manipuler un couteau conventionnel. Inutile de préciser qu'il apporte beaucoup de zénitude autour de la planche à découper. Au surplus, le couteau nouveau genre est écolo, fabriqué qu'il est dans des retailles (neuves) d'érable. On le trouve sur le web et la compagnie livre partout au Québec. Une belle idée pour le bas de Noël.

Depuis quelques semaines, une certaine bannière de supermarché... (Fournie) - image 3.0

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Fournie

En librairie

Depuis des années, Ricardo insère dans son magazine une petite section pour enfants. C'était une question de temps avant qu'il ne lance un livre entièrement consacré aux aspirants jeunes cuisiniers. Et le temps, il l'a pris pour bien faire les choses.

Le gabarit carré de sa toute récente publication donne déjà l'indice d'un recueil pas ordinaire. Rempli de photos et d'illustrations façon magazine, le livre de recettes allie une mise en page inventive et éclatée à une mine d'informations livrées de façon claire et parfois humoristique.

Au fil des pages, les jeunes toques apprendront les bonnes techniques pour cuire les pâtes, tenir un couteau, couper des légumes et des bagels, réussir des muffins et concocter une parfaite purée de légumes. C'était prévisible : les recettes que mes cuistots en herbe ont voulu essayer en premier débordaient de chocolat. Mais pas de vaisselle : la page du gâteau au chocolat sans salir un bol a été la première du livre qu'ils ont taché de cacao. La seconde? Celle où apparaissait le gâteau moelleux dans une tasse, recette qu'ils avaient déjà trouvée sur le web et expérimentée plusieurs fois, mais qu'ils ont pris plaisir à redécouvrir sur papier glacé. Maintenant qu'elle a plongé à fond dans le sucre, ma marmaille veut absolument tester l'intrigante recette de popcorn au ketchup.

Les plats, de base, ne sont pas compliqués pour deux sous. C'est un peu ça l'idée, on ne s'en plaindra pas. Macaroni chinois ou au fromage, pogos au poulet, frites cuites au four, sauce à spag et soupe alphabet devraient plaire aux palais moins aventureux. Les plus audacieux se lanceront dans la salade fattouche, le burger de saumon et la sauce abricot moutarde. Tout petit bémol : pour être vraiment en phase avec l'air du temps, le livre aurait pu inclure davantage de recettes végétariennes.

Mon premier livre de recettes

Ricardo

Éditions La Presse

200 p.

Cote : trois cuillères et demie

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