Vendanges manuelles ou mécaniques?

CHRONIQUE / Ce n'est pas compliqué, il existe deux manières de cueillir les raisins: manuellement ou mécaniquement. Le bon sens pousse à penser que la méthode artisanale est la plus souhaitable pour la vigne et le raisin. Mais avant de condamner la pratique automatisée, regardons ce qu'elle implique.

La première est plus dispendieuse et plus lente que la seconde. Elle reste toutefois l'approche la plus délicate et la plus qualitative, puisqu'elle permet une sélection des grappes directement sur le plant. Cependant, la théorie ne va pas toujours de pair avec la pratique, car le jugement du travailleur saisonnier n'est pas infaillible; sans parler des oublis de grappes sur les plants.

Quant à elle, la machine à vendanger ne fait aucune discrimination et cueille tout sur son passage - les pas mûrs, les mûrs et les amochés de tous genres. En secouant les vignes, elle fait tomber les raisins, et ce, sans la rafle (squelette de la grappe). Au terme de la vendange, il sera alors possible de séparer le bon grain de l'ivraie grâce aux tables de tri. Une telle machine coûte de gros bidous. C'est pourquoi des vignerons se mettront parfois à plusieurs pour en faire l'acquisition.

Certaines appellations interdisent son utilisation, obligeant les vignerons à faire tomber les grappes sous les coups du sécateur. D'autres régions à la topographie accidentée, en montagne ou en pente, sont tout simplement inaccessibles à la machinerie; la méthode traditionnelle s'impose donc.

Une grosse pluie ou la grêle menace le vignoble en pleine vendange? Dans ce cas, la machine à vendanger sera d'une plus grande aide que les vendangeurs, puisqu'elle est disponible immédiatement, et ce, 24/7.

La nature de certains vins nécessite une vendange manuelle: le vin de paille (uniquement les grappes les plus saines), les vins botrytisés comme le Sauternes (uniquement les grappes atteintes par le champignon botrytis cinerea), entre autres. Tandis que la fragilité de certains cépages, comme le pinot noir, obligent aussi la cueillette à la main.

Bien qu'il puisse être difficile de faire abstraction de l'image romantique et traditionnelle qu'on aime se faire du vin, le domaine vinicole, comme toute autre industrie, doit répondre à des impératifs économiques et qualitatifs. Il est appelé à se moderniser et à trouver le bon équilibre entre la mécanisation et le travail de l'humain.

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Suggestion de la semaine

Salento 2007, Notarpanaro, Taurino

(Code SAQ: 00709451 - 21,75$)

L'automne est officiellement commencé, et c'est tant mieux! En cuisine, les salades laissent place au comfort food: la table est mise pour des rouges costauds. Élaboré dans le talon de la botte italienne, les Pouilles, le Notarpanaro est le fruit d'un assemblage joliment réussi de deux cépages autochtones italiens (originaires de la région), le negroamaro et le malvasia nera. Si l'automne était un vin, ce serait définitivement celui-ci. Petite bombe aromatique, il livre des parfums de sous-bois, groseille, cèdre, épices et pot pourri. Ce vin tannique doté d'une bonne acidité fera un tabac avec un chili épicé. Il est rare de trouver un vin de presque 10 ans (et de cette qualité!) à ce prix à la SAQ! Faites-en provision!

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