Les joyeux hybrides

Au moment d'écrire ces lignes, il neige en plein mai. Pas facile la vie de vigne au Québec.

Entre les froids hivernaux intenses, les canicules estivales et les fréquentes crises identitaires des deux autres saisons, difficile de savoir sur quel pied danser au Québec. C'est que Dame Nature aime bien en faire à sa tête. S'il y a peu de cépages internationaux (Vitis vinifera) dans nos vignobles - chardonnay, sauvignon blanc, pinot noir - c'est que leurs chances de survie sont plutôt minces en nos terres hostiles et qu'ils ont besoin de longues périodes d'ensoleillement. Par ailleurs, si les cépages blancs réussissent mieux ici, c'est qu'ils requièrent une période de maturation plus courte que les rouges.

D'un autre côté, il y a les autres espèces du genre Vitis, comme le Vitis riparia ou le Vitis labrusca. Celles-ci poussent à l'état sauvage dans nos contrées américaines. Si elles ne craignent pas le froid, leurs arômes restent pourtant difficiles à apprécier.

Heureusement que des chercheurs ont mis au point des hybrides issus de croisements entre différentes espèces de vigne provenant du genre Vitis. L'hybridation vise à mettre en commun les qualités de chaque variété, telles que la résistance aux maladies et au froid, tout en atténuant leurs faiblesses. Parmi les hybrides excellant le plus au Québec : seyval, vidal, baco noir, saint-pépin, frontenac et maréchal foch.

À noter qu'un hybride ne peut être conçu à partir de vignes provenant du même genre Vitis. On l'appellera alors métis, comme c'est le cas pour le cabernet sauvignon, croisement du cabernet franc et du sauvignon blanc, tous deux des vinifera.

Comme nous, les vignes peuvent attraper froid l'hiver. Et cela, même si elles sont conçues pour résister au gel. Vaut alors mieux les couvrir d'un beau grand manteau de terre. Le buttage consiste à remonter la terre entre les rangs sur les plants pour les protéger du froid. Au printemps, le procédé inverse, le débuttage, se fera idéalement avec un souffleur à terre. Autrement, d'autres techniques ont fait leurs preuves comme les toiles géotextiles.

Avec une histoire du vin si jeune au Québec, les vignerons en sont encore à tester différents cépages et méthodes de viticulture afin de trouver la recette la mieux adaptée à notre cher climat québécois. On ne peut qu'être fiers du progrès si rapidement parcouru et impatients de découvrir les développements futurs!

Vous avez des questions ou des commentaires? Suivez-moi sur Twitter @carolinechagno1 ou écrivez-moi à caroline.c.chagnon@gmail.com.

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Suggestion de la semaine

Vidal, Léon Courville (Code SAQ : 10 522 540 - 18,40 $)

Le cépage vidal donne des vins au fort potentiel alcoolique et aux arômes de pamplemousse et de litchi en vin sec et demi-sec. Fort de sa peau résistante, il entre la plupart du temps dans la fabrication de vendanges tardives et de vins de glace. Il possédera alors des arômes de fruits exotiques. Celui du Domaine Courville, dans les Cantons-de-l'Est, est empreint de parfums de pamplemousse et de miel. Sa bouche riche combine fraîcheur et texture veloutée. Sa complexité, il la doit à un élevage sur lies. Il fera un malheur avec des brochettes de poulet et sauce satay.

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