L'union fait la force

Elles n'ont pas toujours été vues d'un bon oeil. Heureusement, depuis quelques années, elles effectuent un retour en force : les caves coopératives.

Diriger un vignoble mobilise de grosses sommes financières. Pour un petit récoltant de raisins, transformer ses fruits en vin peut relever de l'impossible. Dans cette optique, des producteurs s'unissent afin de partager les frais qui vont de la vinification à la commercialisation en passant par la mise en bouteille. Grâce à la force du groupe, de petits viticulteurs ont accès à des experts tels que des ingénieurs agronomes, des oenologues et des professionnels du marketing et de la vente. Les vignerons peuvent alors s'adonner librement à ce qu'ils font de mieux - cultiver les raisins.

Chaque viticulteur devient donc fournisseur et actionnaire. Hautement démocratique, la cave implique ses membres à tous les niveaux que ce soit dans les décisions ou dans l'orientation de l'organisation. Contrairement à une entreprise privée où celui qui détient le plus d'actions possède le pouvoir décisionnel, le modèle coop donne autant de pouvoir à celui qui possède deux hectares de vignes que celui qui en a dix.

Une cave coopérative, c'est plus que le partage de ressources financières, c'est aussi la mise en commun du savoir et des techniques. À la cave coopérative, Les vignerons de Buzet, dans le sud-ouest de la France, où plus de 198 viticulteurs mettent leurs raisins en commun, Serge Lhérisson, président du directoire de la cave, explique qu'à la suite d'un problème de taille des vignes à cause de la grêle, il a vu débarquer une douzaine de ses collègues pour l'aider à sauver sa récolte. Un beau modèle de solidarité!

Modèle très prisé depuis des décennies en Alsace, il est maintenant de plus en plus répandu dans tout l'Hexagone. Les produits de certaines caves, telles que la Cave de Tain ou la Chablisienne - pour ne nommer que celles-là - atteignent aujourd'hui des niveaux qualitatifs stupéfiants. En effet, les adhérents doivent suivre des cahiers de charges rigoureux pour pouvoir répondre aux exigences de la coop (taux de sucre, rendements, cépages, états sanitaires, etc.). En vérité, dans le souci de préserver les caractéristiques des différents terroirs, les bonnes caves coopératives prendront soin de vinifier les parcelles séparément.

Comme on dit, plusieurs têtes valent mieux qu'une!

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Suggestion de la semaine

Alsace Pinot Gris, Pfaff (Code SAQ : 456 244 - 17,30 $)

Pfaff est assurément l'une des caves coopératives les plus respectées par les Québécois. Créée par un petit groupe de viticulteurs dans le village de Pfaffenheim en Alsace, la cave fêtera son soixantième anniversaire l'an prochain. D'une cinquantaine d'adhérents à la première vendange en 1959, Pfaff compte aujourd'hui plus de 200 membres. Ce vin demi-sec dégage de joyeux arômes d'ananas, de poires, de fruits exotiques et de miel. En bouche, les papilles ont droit à un vent de fraîcheur et une texture grasse qui viennent tapisser le palais; gracieuseté de ses 15 g de sucre résiduel. Cette bouteille est un incontournable de la cuisine indienne et des dumplings!

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