Une question d'étiquette

Certaines étiquettes de vin sont aussi faciles à décrypter qu'un manuscrit égyptien sur papyrus. Entre les informations obligatoires, les mentions facultatives et la langue (Italien, Espagnol, Allemand) il y a tout un monde d'incompréhensions.

À une ère où on se préoccupe plus que jamais de ce que l'on mange, épluchant scrupuleusement les listes d'ingrédients, il est étonnant qu'on ne puisse en faire de même pour le vin. Parce que oui, une bouteille de vin peut contenir tellement plus que d'innocents petits raisins. Récemment, un généreux lecteur m'a envoyé une photo d'une bouteille ontarienne affichant un tableau de la valeur nutritive. A priori, l'intention du vigneron était noble. Sauf que ça s'est gâté avec le « 70 calories » bien en évidence sur l'étiquette de devant. On n'est pas très loin du marketing des barres Kellogg's. Un compteur de pas avec ça?

Les réglementations concernant l'étiquette changent d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre. Les renseignements optionnels se révèlent tantôt de précieux alliés pour le consommateur, tantôt de puissants outils marketing pour la vente.

L'une des mentions facultatives qui me laissent le plus dubitative est certainement « vieilles vignes ». L'ennui c'est qu'elle n'est pas légiférée. D'une part, pour certains vignerons une vigne devient vieille à 50 ans, tandis que pour d'autres c'est plutôt à 15 ans. D'autre part, bien que leurs vignes aient 80 ans, des vignerons choisissent de ne pas afficher l'info. Excès de modestie pour l'un et abus de confiance pour l'autre? De toute façon, ce n'est pas poli de demander l'âge paraît-il.

Récemment, une amie m'a dit qu'elle avait une grande bouteille; une bouteille numérotée. Comme je n'avais jamais entendu parler de ça, j'ai fait mes recherches histoire de savoir ce que ça mange en hiver. Il s'avère que c'est une méthode de traçabilité pour le vigneron servant à surveiller la mise en bouteille et la qualité des bouchons. Pour le consommateur, cette information est donc inutile. Au cas où cette mention serait commercialement mise de l'avant sur une bouteille, questionnez-vous sur la moralité du producteur.

Nombreuses sont les mentions facultatives qui trouvent leur place sur l'étiquette : cuvée prestige, élevé en fût, vendangé à la main et bien d'autres. Certes, elles vous informent sur le produit, mais en aucun cas sur sa qualité.

Morale de l'histoire? Vaut mieux en prendre et en laisser. Pour un choix éclairé, renseignez-vous sur le vignoble et ses techniques de production auprès de vos conseillers de la SAQ, de blogues ou d'amis connaisseurs.

Vous avez des questions ou des commentaires? Suivez-moi sur Twitter @carolinechagno1 ou écrivez-moi à caroline.c.chagnon@gmail.com.

Certaines étiquettes de vin sont aussi faciles à décrypter qu'un... (Fournie) - image 2.0

Agrandir

Fournie

Suggestion de la semaine

Mendoza, Malbec Seleccion, Alamos (Code SAQ : 11015726 - 18,95 $)

Sélection signifie habituellement que les raisins sélectionnés proviennent des meilleures parcelles pour produire un vin supérieur au vin de base du même domaine. Ceci dit, ce vin élaboré à 100 % avec le cépage malbec étonne par son intensité aromatique mêlant effluves de menthe, de poivre, de foin frais et de fruits mûrs. Sa bouche friande offre de la fraîcheur, des tannins souples, une texture presque ronde ainsi qu'un soupçon de bois, de torréfaction et d'épices. À la vôtre!

image title
Fermer