Le visage québécois de l'Australie

L'Australie, c'est aussi le pays des koalas, des... (La Tribune, Gilles Fisette)

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L'Australie, c'est aussi le pays des koalas, des sympathiques animaux qui passent les cinq sixièmes de leur vie à dormir et le reste, à manger des feuilles de certaines espèces d'eucalyptus.

La Tribune, Gilles Fisette

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Gilles Fisette
La Tribune

(Sydney) Quand on y regarde de près, l'Australie a aussi un petit côté québécois.

À Sydney, par exemple, longez la Canada Bay et vous entrerez dans le quartier de Dapto. Vous trouverez sans peine la Marceau Drive, nommée ainsi en l'honneur du Québécois Joseph Marceau. Dans un parc tout près, un monument rend hommage aux 58 Québécois qui, pour avoir pris part à la Rébellion de 1837, ont été déportés en Australie.

La cérémonie s'est tenue en présence des membres de la famille Marceau. Ils sont les descendants de Joseph Marceau, dit Petit Jacques. Ce cultivateur et tisserand de Napierville est le seul du groupe des déportés à être demeuré en Australie, une fois les peines commuées. Durant son exil, son épouse québécoise est décédée. Aussi, Joseph a décidé de demeurer à Sydney. D'autant plus qu'il était tombé en amour avec une riche veuve, Mary Barrett, avec qui il aura onze enfants, tous élevés selon les préceptes bien mélangés du catholicisme et du protestantisme.

Un peu d'Estrie...

Il y a encore des Marceau dans le pays. Il y a aussi beaucoup de Québécois et de Canadiens. On en recense un peu plus de 39 000 en Australie. Parmi eux, il y a Marie-Claire Demers, une jeune femme originaire de Saint-Denis-de-Brompton et qui a fait ses études au Collège Sacré-Coeur de Sherbrooke, de 1999 à 2004.

Quand ses parents ont accepté un emploi en Australie, il y a quelques années, elle a tourné le dos au Québec. Elle s'est rapidement intégrée à son nouvel environnement. Elle a poursuivi ses études. Il y a quelques semaines, elle a déposé sa thèse de doctorat en biologie marine.

« Durant les cinq années de mon doctorat, j'ai concentré mes efforts de recherche sur la conservation des herbiers et de la communauté d'éponges qui y habite. Je travaille présentement à l'Université de Wollongongen en tant que support technique en écologie et aussi en laboratoire. Je suis en charge du bateau de recherche, de l'équipement de plongée sous-marine et d'autres équipements nécessaires à la recherche sur le terrain », raconte-t-elle en entrevue.

Elle possède maintenant la citoyenneté australienne et planifie y faire sa vie. Les Australiens, dit-elle, ressemblent aux Québécois. Ils sont paisibles et amicaux. Et n'aiment rien de moins qu'une bonne bière froide autour d'un barbecue.

« J'ai réalisé mon rêve de devenir une biologiste marine et une maître-plongeur. J'ai plongé avec des colonies de phoques. J'ai visité la Grande Barrière de corail. Et j'ai eu la chance de plonger avec les grands requins blancs, sous la protection d'une cage d'acier évidemment. Je ne pourrai pas imaginer ma vie autrement », lance-t-elle.

Si elle servait de guide à des touristes du Québec, elle les amènerait d'abord dans les Blue Mountains. Pour les canyons, l'odeur des eucalyptus et l'étonnant oiseau-lyre, « un oiseau qui imite les cris des autres oiseaux et les sonorités de la vie courante, comme le son d'une voiture qui se verrouille ou d'une sonnerie de téléphone ».

Elle irait ensuite à Jervis Bay, une baie située à deux heures au sud de Sydney, parce que, dit-elle, on y trouve le sable le plus blanc au monde.

Finalement, elle entraînerait tout le monde à Lord Howe Island, une île située entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande. C'est un parc marin classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. La faune et la flore y sont uniques. On y voit des espèces qu'on ne peut voir nulle part ailleurs dont l'insecte le plus rare au monde, une espèce de Phasme (insecte branche géant) qu'on a longtemps cru éteinte.

Parmi les Estriennes établies en Australie, il y a aussi Rose Boutin. Elle est originaire de La Patrie où résident encore une de ses soeurs et un cousin. Elle habite l'Australie depuis 1974. Elle vit maintenant à Sydney.

« J'ai décidé de quitter le Québec au début des années 1970. On venait de connaître plusieurs hivers neigeux et très froids. Un matin alors qu'il faisait moins 40 degrés Fahrenheit, j'en ai eu assez. Je suis partie. De toute façon, je voulais voir le monde depuis longtemps », explique-t-elle.

Toute sa vie, Rose a travaillé dans l'industrie du transport et des voyages.

« Grâce à ça, j'ai voyagé partout. J'estime avoir fait le tour du monde au moins 35 fois. Quand je suis arrivée, ici, je ne parlais pas l'anglais. J'ai traîné mon dictionnaire anglais-français durant cinq ans », se remémore-t-elle.

Active dans son milieu, Rose Boutin a participé aux fouilles archéologiques sous l'hôtel YHA, rue Cumberland, dans le quartier Rocks. Ces fouilles ont mis à jour les premiers établissements européens à Sydney.

« J'ai aussi fait de la recherche sur le terrain pour aider Louise Simard à se documenter pour son roman parlant des Patriotes qui ont été exilés, ici... Je garde des contacts avec le Québec. J'y suis retournée au moins 22 fois, souligne-t-elle.

« J'essaie de voyager le plus possible, avant que je n'en sois plus capable », conclut une femme qui, visiblement, en a encore pour des années à rouler sa bosse à travers la planète.




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