L'Australie, un continent de différences

Quand on passe par Melbourne, il faut trouver... (La Tribune, Gilles Fisette)

Agrandir

Quand on passe par Melbourne, il faut trouver du temps pour remonter la rivière Yarra et visiter les vignobles qui ont été aménagés dans sa vallée.

La Tribune, Gilles Fisette

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Gilles Fisette
La Tribune

(Perth) Il est impossible d'aller plus loin du Québec qu'en Australie. Si on creusait un trou à partir des rives du Saint-Laurent en droite ligne en passant par le centre de la Terre, on sortirait dans l'océan Indien, à quelques centaines de kilomètres au large de Perth, la grande ville de l'ouest australien.

Une fois sur place, il faudrait avoir tout son temps pour faire le tour du pays, même si sa presque totalité est désertique. L'Australie est entourée d'eau, mais ce n'est pas une île. C'est l'Océanie pratiquement à lui seul. Il s'étend sur plus de 7,6 millions de kilomètres carrés, ce qui lui confère le sixième rang au monde.

Aujourd'hui, l'Australie accueille 34 millions de personnes, principalement des gens originaires de Grande-Bretagne, de Nouvelle-Zélande, de Chine, d'Inde, d'Italie et du Vietnam. Et environ 700 000 aborigènes.

Quand les Britanniques ont pris possession de l'Australie, à la fin du 18e siècle, Londres a statué qu'il s'agissait d'une terre inoccupée. Il y avait bien près d'un demi-million d'aborigènes, mais aux yeux de l'Empire, ils n'existaient pas réellement. On estimait qu'il s'agissait de créatures inférieures, plus près du règne animal que de l'humain. Le traitement qu'on leur a réservé jusqu'au milieu des années 1960 a été tel que leur nombre était tombé sous les 100 000.

Pourtant, les aborigènes occupaient le territoire depuis plus de 50 000 ans. On a même conclu qu'ils provenaient des premiers groupes d'humains à sortir de l'Afrique, le berceau de l'espèce humaine, pour explorer la planète. Ils sont arrivés en Australie en profitant des couloirs qui unissaient l'Australie à la Nouvelle-Guinée.

Ils se fondent maintenant dans la population des villes ou vivent sur des réserves, loin des autres Australiens.

Au cours de cette croisière, il a été possible de visiter trois des plus grandes villes australiennes et leurs environs immédiats : Sydney, sur la côte est; Melbourne, sur la côte sud; et Perth, sur la côte ouest, là où on a aménagé cette ville pour mettre fin aux velléités des Français de Napoléon d'occuper la partie occidentale de l'Australie.

À Sydney, impossible d'ignorer l'édifice de l'Opera House, voisin du Harbour Bridge, deux silhouettes emblématiques de l'Australie, au même titre que le kangourou ou le koala. À propos, il est amusant d'apprendre que le mot kangourou, s'il était traduit littéralement en français signifierait « je ne comprends pas ».

Quand les premiers Britanniques ont demandé à des aborigènes comment on appelait cet étrange animal, la réponse a été un mot se rapprochant de kangourou, les aborigènes répondant qu'ils ne comprenaient pas la question.

Revenons à Sydney où vivent 5 millions de personnes. Après une tournée des musées et des principales églises dont la St Mary's Cathedral, il faut visiter le vieux quartier, The Rocks, où on a mis à jour les premiers établissements européens en terre australienne.

Et si on sort de la ville, les Blue Montains et leurs canyons sont des incontournables.

La riche Melbourne qui a longtemps été la principale ville du pays grâce notamment au boom extraordinaire qu'elle a connu après la découverte de mines d'or, est renommée notamment pour son grand tournoi de tennis, l'Australian Open. Si on prend le temps de visiter le vaste site, il faut aussi se rendre dans le parc voisin, le Fitzroy Garden où on peut fouiner à l'intérieur de la maison où a grandi l'explorateur James Cook. Cette maison a été transportée d'Angleterre et rebâtie, pièce par pièce, au centre du parc.

Bien sûr, le centre-ville doit aussi figurer sur le parcours et, surtout, la superbe State Library of Victoria.

En remontant la rivière Yarra qui traverse Melbourne, on entre dans la vallée où sont établis 80 vignobles. Sous peu, on commencera les vendanges. On boira ce vin au Québec dans une année.

Quant à Perth, il faut trois jours de navigation pour couvrir la distance la séparant de Melbourne. Avec ses deux millions d'habitants, elle est tout aussi moderne et cosmopolite que ses soeurs australiennes. Elle est toutefois bien isolée d'elles. En fait, la ville populeuse la plus près est située au Timor. C'est dire l'isolement des Perthiens.

Perth peut également s'enorgueillir de posséder Kings Park, le parc urbain le plus étendu au monde avec ses 4,06 kilomètres carrés. De là, on a une vue imprenable sur la ville. Si on traverse sur la petite île Rottnest où on peut louer des bicyclettes, il y a de fortes chances de croiser un quokka. Il s'agit d'un petit marsupial pas plus gros qu'un chat et réputé pour être l'animal le plus heureux au monde à cause du sourire que dessine naturellement sa gueule. Il se trouve nulle part ailleurs que sur cette île.

Pour les amateurs de baignade, signalons que si on envisageait de visiter une plage australienne par jour, on aurait de quoi s'occuper durant 26 ans. Toutefois, il y a un hic. La presque totalité d'entre elles sont carrément dangereuse. Aucune mesure de protection ne peut y être aménagée afin d'épargner aux baigneurs une rencontre avec les requins.

Le bateau lève l'ancre, à destination du Sri Lanka qu'il atteindra après huit jours de navigation dans l'océan Indien. Moi, je choisis de demeurer cinq jours à Perth, puis de devancer tout le monde à Colombo, où je pourrai flâner trois jours avant de remonter à bord.

Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer