À la recherche du paradis perdu

Dans l'île de Moorea, la montagne Rotui monte... (collaboration spéciale, Gilles Fisette)

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Dans l'île de Moorea, la montagne Rotui monte la garde entre la Baie de Cook, à droite, un endroit où le navigateur et cartographe anglais n'a jamais jeté l'ancre, et la Baie d'Opunohu.

collaboration spéciale, Gilles Fisette

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Gilles Fisette
Gilles Fisette
La Tribune

(MOOREA) On peut chercher le paradis perdu d'Adam et Ève à au moins trois endroits différents sur la Terre.

En toute logique, on peut commencer la quête quelque part en Afrique. Les scientifiques s'entendent généralement pour y situer le berceau de la race humaine.

On peut aussi tourner le regard vers le Sri Lanka, anciennement le royaume de Ceylan (et je dirai pourquoi, quand nous y serons, en avril).

Enfin, il y a la Polynésie française où le navire fait présentement escale. Les probabilités sont très fortes d'y trouver le paradis, du moins de le frôler. Le territoire est vaste. On compte quelque cinq archipels différents et pas moins de 118 îles et atolls.

Commençons donc par l'archipel de la Société et par Moorea puisqu'il faut bien commencer quelque part. Avec Tahiti, sa voisine que nous visiterons par la suite, Moorea est une île du Vent, car elle est exposée au vent dominant. Les îles qui se cachent derrière elle sont les Îles Sous-le-Vent.

« Ici, c'est effectivement le paradis », n'hésite aucunement notre guide. Il nous a demandé de l'appeler Démon. Son nom polynésien est Poerava, littéralement Perle rare.

« Mais je te donne un conseil. Ne fais pas la culture des ananas. Tu travailleras au champ, courbé toute la journée au gros soleil, à cueillir des ananas avec des gants, car c'est plein de piquants... Non, ce travail est trop éreintant. Il vaut mieux être conducteur de 4X4 et guide », ajoute-t-il en riant. Avec les Polynésiens, il faut toujours se méfier. Ils sont des blagueurs-nés.

Une autre preuve du paradis, enchaîne-t-il, c'est qu'en Polynésie, « seules les femmes sont mariées. Les hommes, eux, ne le sont pas... »

Pour être heureux, il ne faudrait pas se lancer, non plus, dans la culture de la vanille. Ou alors être d'une patience d'ange. Le vanillier prend deux ans à produire sa fleur. Celle-ci n'est pas pollinisée par les insectes. Il faut donc faire cette tâche à la main. Et ne pas rater son coup. L'orchidée est capricieuse. Elle n'ouvrira qu'une seule fois, un matin, vers 10 h, et se refermera vers 14 h. Si la tentative de pollinisation échoue, la fleur mourra dans les heures qui suivent.

En cas de réussite, il faudra attendre encore neuf mois pour que la gousse arrive à maturité. Puis, il faudra la faire sécher au soleil, à raison de trois heures, le matin. Pas plus. Autrement, elle brûlera. Et ce, durant trois mois. Bref, produire de la vanille, c'est carrément l'enfer.

« Vaut mieux être guide », répète Démon.

Pour le reste, oui, Moorea ressemble à un paradis. Il fait pratiquement toujours beau et chaud. Il fait même très chaud. Autour de 28 à 31 degrés Celsius, le jour, et à peine moins, la nuit. En prime, il n'y a pas de serpents ni d'insectes venimeux. Il n'y a pratiquement pas d'insectes piqueurs. Il n'y a pas de prédateurs, hormis l'homme et la femme. Les arbres fruitiers abondent. Moorea est surnommée à juste titre le jardin vert de la Polynésie. Elle accueille d'ailleurs l'école d'agriculture que fréquentent des jeunes venus des îles d'alentour.

La mer est pleine de poissons bons à manger. Dans le lagon et même en haute mer, la température de l'eau avoisine celle de l'air. L'eau est cristalline. Y faire de la plongée ou de la nage avec tuba ouvre sur un univers fascinant de poissons et de coraux en technicolor. On se croirait dans un film.

À certains endroits, la pratique du surf rencontre les normes des compétitions internationales comme celle qui a lieu, présentement, à Tahiti-Iti, la presqu'île qui prolonge Tahiti.

Autre preuve qui soutiendrait la thèse du paradis terrestre : l'amplitude des marées est très faible. Elle est environ d'un demi-mètre. Ici, comme à peu d'endroits habités en pleine mer, l'attraction lunaire est quasi nulle. Le terme savant pour ce phénomène est le « point amphidromique ». On peut dormir tranquille dans les huttes sur pilotis. On ne se réveillera pas les pieds dans l'eau.

Au paradis, le plat typique est le poisson cru au lait de coco dont le thon mariné dans du citron, avec des légumes coupés en dés, le tout arrosé de lait de coco fraîchement pressé.

Jean-Pierre en raffole. C'est notre chauffeur. Français d'origine, Jean-Pierre pourrait se nommer Gauguin que personne n'en serait surpris. Il a l'âme artiste. Et comme le fameux peintre, il a laissé derrière lui femme et enfants pour s'établir en Polynésie, voilà 35 ans. Depuis, il a connu deux épouses polynésiennes. Avec la plus récente, il a deux enfants, dont un ado de 12 ans.

« Ça aide à rester jeune... Oui, ici, c'est le paradis. Je ne retournerais pas en France pour rien au monde. »

Mais en dedans de nous, le doute persiste. Il faut aller voir ailleurs. Embarquons donc pour Tahiti et, ensuite Bora-Bora.

Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.




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