Promenade dans Santiago, au pays des Mapuches

Le Palais de la Moneda, dont la façade... (Collaboration spéciale, Gilles Fisette)

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Le Palais de la Moneda, dont la façade a été rénovée afin d'effacer les traces du coup d'État de 1973, attire irrésistiblement ceux qui se souviennent de ces pages sombres de l'histoire chilienne.

Collaboration spéciale, Gilles Fisette

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Gilles Fisette
Gilles Fisette
La Tribune

(Santiago du Chili) Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.

Les irréductibles Gaulois qui résistent aux armées de César sont de la petite bière comparés aux Mapuches.

Ceux que l'on croise dans les rues de Santiago du Chili sont les fiers descendants de ces Amérindiens du centre-sud du Chili et de la Patagonie qui ont stoppé les visées expansionnistes de l'empire inca. Ils ont remis cela devant les envahisseurs espagnols. Ils ont tué le conquistador Pedro de Valdivia, le fondateur de la ville, en 1541.

Il a fallu les guerres de « pacification » et de dépossession des terres au 19e et au 20e siècles pour en venir à bout. Et encore! Les Mapuches dont plus de 600 000 d'entre eux vivent aujourd'hui dans Santiago, n'ont jamais abandonné la revendication de leurs droits. Ils continuent de lutter, envers et contre tous.

Pour tout cela, ils méritent qu'on lève notre verre à leur santé et à leur résilience. Et la meilleure façon de le faire lorsque la faim se fait sentir après une longue marche à travers la ville, c'est de s'asseoir à une table du Pneumayen, un restaurant de mets traditionnels chiliens, au 136 rue Constitucion. Des plats mapuches y sont proposés dont une soupe que l'on garde chaude en y déposant des roches volcaniques.

Avant, on aura longtemps marché dans le quartier Bellavista, le quartier bohème de Santiago (St-Jacques en français), une métropole de 7 millions de personnes. Aujourd'hui, au coeur de l'été chilien, il fait plus de 27 °C mais une légère brise nous rafraîchit.

Dans le quartier voisin, celui du centre-ville, nos pas nous mèneront d'abord devant la Moneda, le Palais de la Monnaie, le siège du gouvernement.

Comme en pèlerinage

Les touristes de mon âge y viennent un peu comme en pèlerinage. Ils se souviennent que le 11 septembre a une autre connotation pour les Chiliens. Pour eux, le 11 septembre, c'est d'abord celui de 1973, le jour où le général Augusto Pinochet a renversé le gouvernement socialiste démocratiquement élu de Salvador Allende. Ce matin-là, l'armée a tiré sur la Moneda. À l'intérieur, Allende s'est suicidé. Ainsi s'est ouvert un sombre chapitre dans l'histoire chilienne.

Le bâtiment inauguré en 1805 a été restauré. Ses plaies ont été pansées. Et même si on y regarde de près, aujourd'hui, la façade ne porte plus de traces des balles et des obus qui l'ont frappée, ce jour-là. Par contre, je crois en avoir aperçues sur le côté droit de l'édifice. Mais je suis sans doute trahi par mon romantisme naturel.

Ensuite, on a descendu tranquillement vers le Mapocho, la rivière qui traverse la ville. En chemin, on s'est arrêté à la Plaza de Armas, un square entouré de plusieurs des plus beaux édifices de Santiago. C'est là aussi que se dresse la Iglesia Catedral, une église de style néoclassique datant de 1748. À l'intérieur, les trois nefs, les peintures et les incrustations d'or récompensent celui qui s'y attarde.

En longeant la rue 21 de Mayo, on arrive au Mercado central. Construit en 1872, l'édifice dont l'ossature est une structure métallique, a d'abord abrité le principal marché d'alimentation de la ville. Aujourd'hui, on y découvre un marché essentiellement voué aux poissons et aux fruits de mer.

On peut se remettre de ses émotions et se rafraîchir en dépassant le Musée d'art contemporain et en s'arrêtant au Emporio La Rosa, 1424 avenue Las Torres. Il paraît que l'on y sert la meilleure crème glacée de Santiago.

Sinon, on bifurquera plutôt vers la rue Aillavilu, à gauche du Marché Central, et on cherchera le petit bar La Piojera. Là, on commandera l'incontournable terremoto (tremblement de terre, en français). Il s'agit d'une boisson locale composée d'une boule de glace à l'ananas, d'un peu de pisco, l'eau de vie de vin dont la recette originale est revendiquée par le Pérou et le Chili et, pour compléter le tout, d'un peu de vin blanc. Au retour, on arpente la belle et longue avenue Providencia, nommée ainsi en l'honneur de la congrégation des Soeurs de la Providence, de Montréal, PQ. Une belle histoire : je la résume en quelques mots.

Au 19e siècle, des soeurs de la Providence sont parties de Montréal pour oeuvrer en Orégon. Quand elles sont arrivées là, toutes les terres étaient inondées. Comme elles ne pouvaient revenir bredouilles au Québec, elles ont cédé à la proposition d'un capitaine de bateau de les amener au Chili où les besoins, leur a-t-il expliqué. Depuis ce temps, elles se dévouent pour les pauvres de plusieurs communes chiliennes.




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