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Pologne : terre de souffrance, terre de résilience

Cracovie est tout simplement magnifique, avec le château... (La Tribune, Isabelle Pion)

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Cracovie est tout simplement magnifique, avec le château Wawel qui s'élève sur une colline, la Vistule en contrebas, sa cathédrale et ses synagogues. Sur cette photo, la Halle aux draps de Cracovie.

La Tribune, Isabelle Pion

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(Cracovie) La Pologne a un destin incroyable : son peuple a enduré des souffrances inimaginables. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, environ six millions de Polonais ont péri, dont 3 millions de juifs.

À plusieurs endroits à Varsovie et Cracovie, les deux villes où j'ai posé mes bagages pendant une dizaine de jours, des traces du passé nous rappellent ce destin. Pour quiconque s'intéresse au conflit de la Deuxième Guerre, la Pologne regorge de visites passionnantes.

C'est ce qui m'a d'abord poussée à m'y rendre, outre la proximité avec Prague, en République tchèque, que je visitais d'abord. Cependant, j'ai quitté le pays en me promettant de revenir pour d'autres raisons.

Avec ma fascination pour la Seconde Guerre mondiale, un séjour en Pologne signifiait nécessairement un arrêt au camp de concentration d'Auschwitz, qui a fait plus de 1,1 million de morts.

Auschwitz se trouve à environ une heure trente de Cracovie. Plusieurs excursions organisées amènent les touristes dans cet antre de l'horreur. Ils arrivent sur le site en passant sous la bannière « Le travail rend libre », là où passaient les victimes des Nazis.

Avec une guide francophone, on déambule devant des pièces vitrées : là, une empilade de souliers et de valises, signe du dernier voyage des juifs faits prisonniers. Là, d'énormes monticules de cheveux... Nous entrons à travers différents baraquements, devant lesquels des panneaux informatifs révèlent des pans de cette horreur : des expériences sur des enfants pour qu'ils puissent avoir des yeux bleus à la naissance. Les nazis ont même tenté de comprendre comment les femmes accouchaient de jumeaux pour mettre au monde plus d'Aryens, l'idéal nazi. La visite compte deux parties, Auschwitz 1 et Birkenau.

À Cracovie, une visite s'impose au musée d'Oscar Schindler.

L'ancienne usine convertie en lieu de mémoire raconte le parcours de cet industriel allemand, membre du parti nazi, qui a sauvé plus d'un millier de juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale, en les faisant travailler dans ses installations.

La visite se termine sur une mosaïque montrant les visages de ceux et celles qui ont eu la vie sauve grâce à Oscar Schindler. Une finale émouvante. L'Allemand, mort en 1974, est enterré à Jérusalem, en Israël. La visite permet aussi d'en apprendre davantage sur le contexte de l'époque et la vie sous l'occupation nazie, dont la fermeture d'universités et d'écoles secondaires, l'arrestation d'étudiants et de professeurs...

Non loin de là, la place des Héros-du-Ghetto brille sous le soleil et renferme plusieurs chaises vides en acier. Les oeuvres d'art installées en plein air rappellent le vide laissé par les juifs, à leur départ, mais aussi le peu de biens que les juifs emportaient avec eux.

Cracovie a elle-même compté un camp de concentration (d'abord un camp de travail) sur son territoire. Le camp Plaszow a été détruit, mais on peut encore voir ses vestiges.

Étonnement, contrairement à Varsovie qui a presque été anéantie, Cracovie a réussi à éviter la destruction. Son décor est tout simplement magnifique, avec le château Wawel qui s'élève sur une colline, la Vistule en contrebas, ses cathédrales et ses synagogues.

Pas de doute : le pays du pape Jean-Paul II a beaucoup à offrir. La chaîne de montagnes des Carpates, au sud, offre des paysages magnifiques; le décor semble tout aussi attirant à Gdansk, à proximité de la mer Baltique. Autant de choses que j'ai manquées et qui me donnent envie d'y retourner.

Le centre historique de Varsovie, presque complètement anéanti... (La Tribune, Isabelle Pion) - image 2.0

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Le centre historique de Varsovie, presque complètement anéanti à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a été reconstruit comme il était. Il fait partie des sites inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

La Tribune, Isabelle Pion

Plonger dans l'histoire de Varsovie

On m'avait prévenue : Varsovie, première étape de mon périple, n'est pas particulièrement jolie, surtout si on la compare à sa consoeur Cracovie. Les compliments, « les oh! et les ah! », on les garde pour Cracovie. La capitale polonaise ne s'attire pas de grands éloges.

Mais quand même! La ville aux mille souffrances mérite qu'on y dépose son sac à dos au moins quelques jours. C'est par elle que j'ai fait mon entrée en Pologne, la tête levée vers ses immenses immeubles d'habitation, témoins de l'époque communiste. Après avoir visité quelques pays d'Europe de l'Ouest ces dernières années, je m'y sentais un peu « ailleurs » avec cette première incursion à l'Est.

En raison des commentaires entendus avant mon départ, j'y suis arrivée sans grandes attentes. Mais son histoire à elle seule justifie une petite visite.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville a été presque entièrement détruite.

Lors de mon passage, une exposition de photos en plein air retraçait quelques-uns des grands moments tragiques de la ville.

Sur une image de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une femme tente de retrouver quelque chose qui aurait pu être épargné à travers un champ de ruines. Difficile de croire que des maisons se sont tenues à cet endroit-là : tout est réduit en poussières.

Il fait bon flâner dans le centre historique de Varsovie... entièrement reconstruit après la Seconde Guerre. Idem pour son château qui domine la ville et que l'on aperçoit de loin, de l'autre côté de la Vistule.

L'édifice, qui avait été lourdement endommagé par un incendie, a été détruit par les Allemands à la fin de la guerre. Comptant une trentaine de salles, il a pu renaître grâce aux dons amassés auprès de la population et on peut aujourd'hui le visiter.

Le centre historique, qui avait été presque anéanti, fait partie des sites inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Varsovie a aussi été décrite comme le plus grand ghetto d'Europe au cours de la Seconde Guerre. On peut d'ailleurs encore voir quelques vestiges, soit les morceaux d'un mur du ghetto, en parcourant la ville.

Varsovie compte plusieurs musées. Mon choix s'est arrêté sur Polin, le Musée de l'histoire des juifs polonais, et le Musée de l'Insurrection, mon coup de coeur.

Ce dernier raconte les moments de l'Insurrection de Varsovie, où les citoyens ont pris les armes contre les Allemands. Lors de mon passage, une manifestation commémorait justement la prise des armes du 1er août 1944.

Mon guide de voyage suggérait de prévoir au moins deux heures dans ce musée, j'y ai facilement passé le double... Ma visite s'est terminée avec le visionnement du film en 3D City of Ruin, qui nous permet de comprendre l'ampleur de la destruction à la fin de la Deuxième Guerre.

On peut encore apercevoir, en arpentant la ville, des traces de son passé communiste. Héritage de Staline, le palais de la Culture et des sciences est visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

Dictature nazie, occupation communiste, partage entre les grands empires... S'il y a beaucoup de traces du passé varsovien à découvrir, Varsovie ne se limite pas qu'à ça : la ville compte plusieurs petits cafés sympathiques, des îlots de verdure où il fait bon se promener, et les amateurs de vélo peuvent aussi visiter la ville à deux roues, car Varsovie compte plusieurs km de réseau cyclable.

On m'avait aussi mise en garde : l'anglais ne semble pas avoir fait de grandes percées en sol polonais. Vrai. Si votre polonais est aussi nul que le mien, prévoyez le système D!

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