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Traversée de la Gaspésie 2016 : 100 km en bottines

La Traversée de la Gaspésie (TDLG) en bottines a réuni cet automne plus de 150... (ricochetdesign.qc.ca)

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(Sherbrooke) La Traversée de la Gaspésie (TDLG) en bottines a réuni cet automne plus de 150 randonneurs qui s'étaient lancé le défi de parcourir une centaine de kilomètres en six jours. Des parcours qui les ont menés de sommet en sommet en contournant des lacs et longeant parfois la mer. Les plus chanceux ont aperçu des caribous et des baleines. Un des trajets a permis aux participants de vivre quatre saisons en une journée. Et même si les couleurs automnales étaient en retard cette année, les marcheurs ont pu contempler des paysages qui valaient le détour et les muscles endoloris. Récit d'une randonnée au coeur de panoramas imprenables. Une route parsemée de rencontres improbables.

L'aventure a commencé doucement avec ce trajet de 16 km menant de Cap-Bon-Ami à Cap-Gaspé dans le Parc national Forillon. Une randonnée sans trop de dénivellation qui aboutissait au bout du monde, le point situé à l'extrémité orientale de la Gaspésie. Comme un échauffement et l'occasion de faire connaissance avec les marcheurs avec qui on partagerait sueurs, sourires et conquêtes au fil des prochains jours.

Les trois jours suivants allaient être plus ardus avec l'ascension du mont Jacques-Cartier et ses 1270 mètres d'altitude, le mont Richardson et ses 1 180 m et le mont Albert et ses 1150 m. C'est lors de la première grande montée que les marcheurs ont pu parcourir tout un calendrier. Après un départ automnal au pied du deuxième plus haut sommet du Québec, un trajet de 5 km les mena dans le décor hivernal du sommet du mont Jacques-Cartier où un pied de neige était tombé la veille. Après avoir rejoint le mont Xalibu, la descente avait des airs de printemps avec le ruissellement de la neige qui fond et ses sentiers aux courbes boiteuses. Finalement, c'est un soleil estival qui a accueilli les randonneurs à destination.

La TDLG, c'est de la randonnée, mais aussi des rencontres. Âgés de 31 à 78 ans, les randonneurs avaient une moyenne d'âge de 59 ans. Beaucoup de jeunes retraités qui feraient blêmir plusieurs ados par leur forme physique. Des marcheurs de la région de Montréal, de Québec, de Charlevoix, mais aussi quelques Albertins, Ontariens, Néo-Brunswickois et Européens venus de la Suisse ou de la France. Certaines personnes qui s'inscrivent à la TDLG ont gravi le mont Everest. D'autres sont des marcheurs du dimanche pour qui les parcours peuvent être raccourcis, adaptés.

Certains étaient venus en couple, d'autres en solo. Parmi le groupe, un duo s'est fait remarquer. Celui de Marthe-Andrée, 72 ans, et son fils Francis, 47 ans, de la région de Québec. C'est lors d'une fête familiale que la mère avait exprimé le souhait de participer à la traversée. Parce qu'être septuagénaire ne signifie pas qu'on a renoncé aux sommets. Le fils unique a ajusté son pas à celui de sa mère et il rêve un jour de vivre la même expérience avec ses deux enfants, aujourd'hui adolescents. « La marche prête à la confidence. L'important, c'est vraiment de passer du temps ensemble. La vie, c'est maintenant. »

La TDLG, c'est parfois partir le matin en doutant de ses capacités et pleurer d'émotion quand on arrive au ciel, toujours vivant. Comme France qui a vaincu son vertige pour avoir la chance d'observer un caribou du haut du belvédère.

C'est aussi Lucie, Andrée, Aline ou Suzanne qui ont laissé leur mari à la maison, le temps d'une traversée colorée. Ces couples inséparables qui marchent d'un même pas synchronisé et ceux qui se séparent pour permettre à chacun de respecter ses limites.

Troisième d'une famille de six enfants, Joanie était enfant unique le temps de la traversée. Ses parents, avec qui elle a vécu en Inde, au Cameroun, au Brésil et au Mali, étaient déjà partis marcher en Écosse avec la plus vieille, au Cap Breton avec la plus jeune et en Corse avec la quatrième. « Ma mère va à son rythme. Mon père veut se pousser et moi, je l'accompagne, pour ne pas qu'il fasse de faux pas diplomatiques », explique en riant la jeune femme de 31 ans d'Ottawa en parlant de son père hyperactif qui finissait ses journées dans des temps records, malgré ses hanches artificielles. Un haut fonctionnaire qui travaille pour le ministère des Affaires étrangères, plus particulièrement à la reconstruction de l'Afghanistan.

Tous ces marcheurs qui partagent des bouts de chemin en se racontant des tranches de leur récit pour agrémenter, ou oublier, tous les kilomètres devant. Et qui se sentent, dans l'effort, unis.

La TDLG, c'est aussi se faire lire du Prévert par la comédienne Sophie Faucher après avoir redescendu le mont Albert. « Mangez sur l'herbe, dépêchez-vous. Un jour ou l'autre, l'herbe mangera sur vous. » C'est l'accordéon de Sylvie Gallant qui nous encourage le matin et nous accueille en fin de randonnée. C'est se faire chanter la mer par Alan Côté et l'ancien épicier de Petite-Vallée. C'est l'histoire de Claudine Roy, la femme derrière la TDLG, Née à Pointe-à-la-Frégate, elle est morte et ressuscitée à trois mois pour mieux mordre dans la vie. Mordre dans la vie et savourer sa Gaspésie, ce coin de pays qu'elle souhaite faire découvrir au monde entier.

Notre journaliste était l'invitée de la Traversée de la Gaspésie.

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Des passerelles dirigent les marcheurs vers le sommet du mont Albert où certains chanceux ont aperçu des caribous.

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Itinéraire (24 septembre au 1er octobre)

Jour zéro : Accueil à Gaspé

Jour 1 : De Cap-Bon-Ami à Cap-Gaspé dans le Parc national Forillon - 16 km

Jour 2 : Mont Jacques-Cartier, Xalibu et Lac-aux-Américains - 24 km

Jour 3 : Mont Richardson et Mont Joseph-Fortin 15 km

Jour 4 : Mont Albert - 17 km

Jour 5 : De Grande-Vallée à Petite-Vallée - 12 km

Jour 6 : Randonnée à Petite-Vallée en passant par le mont Dodier - 15 km

Jour 7 : Départ vers la maison

Hébergement et repas

Selon le forfait choisi, les randonneurs reprennent leurs forces dans des dortoirs, des chambres de motel, des auberges, des petits chalets ou au gîte du passant. Les repas et collations sont inclus dans tous les prix ainsi que les taxes. Les marcheurs sont très bien nourris. On mange à sa faim et les saveurs régionales sont en vedette. Du saumon d'Atkins et frères aux moules de la Baie de Gaspé en passant par la bière Pit Caribou.

Occupation simple : 3000 $ / personne

Occupation double : 2150 $ / personne

Occupation quadruple : 1650 $ / personne

Occupation amicale (max 8) : 1500 $ / personne

Occupation en dortoir : 1350 $/ personne

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(recu de Noel, Melanie )

La Traversée de la Gaspésie cet hiver

La TDLG hivernale qui se fait en ski de fond ou en raquette fêtera son 15e anniversaire en 2017. Pour l'occasion, la TDLG s'est associée aux Fêtes du 375e anniversaire de Montréal pour proposer une édition spéciale. Les participants parcourront les tracés le jour et vogueront de nuit à bord d'un bateau de croisière sur le Saint-Laurent qui les mènera de Gaspé à Montréal, où des parcours de ski et de raquette seront offerts au coeur de Montréal en fête.

L'aventure prévoit six escales entre le 21 et le 28 janvier. Les skieurs de la TDLG parcourront de 20 à 40 km quotidiennement alors que les raquetteurs effectueront des randonnées de 10 à 15 km.

Plusieurs forfaits sont disponibles à des prix variant entre 1900$ et 3175$. Environ 300 places sont disponibles et 100 sont déjà réservées à ce jour.

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