Suivre à la trace les tortues du marais

On retrouverait plus de 500 tortues peintes dans le... (Fournie par LAMRAC)

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On retrouverait plus de 500 tortues peintes dans le marais de la Rivière-aux-Cerises à Magog. Fait surprenant, on dénombrerait 10 mâles de cette espèce pour une femelle.

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(Magog) Traquer les tortues du marais de la Rivière-aux-Cerises et des environs pour découvrir où se trouvent leurs sites de ponte. Voilà la mission toute particulière que doit remplir Mathieu St-Pierre, un finissant en bioécologie au Cégep de Sherbrooke. Tel un enquêteur, il recueille des indices et compte sur l'appui du public pour accomplir sa tâche.

Dans le marais de la Rivière-aux-Cerises, on retrouve deux espèces de tortues : les peintes et les serpentines. Plusieurs centaines de spécimens de ces deux espèces vivent à l'intérieur du marais, lequel est situé à proximité du centre-ville de Magog.

Le cas de la tortue peinte est particulièrement intéressant puisque, d'après les inventaires réalisés dans le marais de la Rivière-aux-Cerises, le nombre d'individus mâles de cette espèce dépasserait nettement celui des femelles. Le rapport serait de 10 pour 1, ce qui serait anormal.

« Normalement, sur le terrain, on devrait avoir un mâle pour une femelle. Mais ce n'est pas ça du tout ce qu'on observe. On veut savoir pourquoi », résume Mathieu St-Pierre, qui est supporté dans son travail par l'enseignant Jean-François Desroches, un des principaux spécialistes des amphibiens et reptiles du Québec.

Pour comprendre la raison du débalancement existant, la localisation des principaux sites de ponte paraît tout à fait primordiale aux yeux de Mathieu St-Pierre et de ses collaborateurs.

Mathieu St-Pierre est finissant en bioécologie au Cégep... (La Tribune, Jean-François Gagnon) - image 2.0

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Mathieu St-Pierre est finissant en bioécologie au Cégep de Sherbrooke.

La Tribune, Jean-François Gagnon

Une question de température

Menant son projet en collaboration avec L'Association du marais de la Rivière-aux-Cerises (LAMRAC), Mathieu St-Pierre révèle que, tout aussi surprenant que cela puisse être, la température à l'intérieur des nids a une influence sur le sexe des nouveau-nés.

« C'est la température dans le nid qui détermine si les tortues peintes qui naîtront seront des mâles ou des femelles, note-t-il. À une certaine température, les deux sexes sont possibles, mais à d'autres on n'aura qu'un des deux. On désire savoir si la qualité des sites de ponte a une influence. »

Outre la température dans les nids, un taux de mortalité plus grand chez les femelles pourrait expliquer le débalancement. Ces dernières ont souvent à traverser des routes pour aller pondre leurs oeufs et, en conséquence, elles sont probablement plus souvent heurtées par des véhicules. Les « mortalités routières » seront donc par surcroît prises en compte.

La taille de l'échantillon considéré pour établir le rapport mâle-femelle a peut-être aussi un rôle à jouer. Ainsi, lors des deux derniers inventaires, moins de 60 spécimens ont été capturés alors que la population de tortues peintes dans le marais de la Rivière-aux-Cerises dépasserait les 500 individus. Un échantillon plus large serait évidemment plus représentatif.

Un large territoire

Mathieu St-Pierre le reconnaît, la mission qu'il s'est donnée n'est pas simple. « Il y a beaucoup de terrains privés autour du marais. Disons que ça complique le travail de recherche. »

Pour s'assurer d'amasser le plus d'indices et d'informations possible, le jeune homme est allé rencontrer plusieurs propriétaires de terrains situés en bordure du milieu humide afin de leur demander de lui rapporter les observations qu'ils pourraient avoir faites. Il souhaite qu'on lui signale uniquement les spécimens aperçus hors de l'eau.

« Jusqu'ici, une belle collaboration de la part du public a été obtenue, déclare Laura Patriganni, coordonnatrice à l'environnement et à l'aménagement pour LAMRAC. Les gens sont contents de participer au projet en donnant l'accès à leur propriété. »

Sauf exception, Mathieu St-Pierre interpelle les personnes qui résident dans un rayon d'un kilomètre autour du marais. Les gens qui se rendent marcher sur les sentiers de l'aire protégée sont également sollicités. Le numéro de téléphone pour joindre le stagiaire est le 819 345-6551.

La ponte a normalement lieu à la fin mai et pendant tout le mois de juin ou presque. Les femelles laissent habituellement leurs oeufs dans un sol « bien drainé, graveleux ou sablonneux ». Elles creusent avec leurs pattes arrière pour aménager le nid.

Des recommandations

Au terme du projet, une série de recommandations seront formulées. LAMRAC les étudiera attentivement et décidera ensuite si elles se transformeront en actions précises.

La création de sites de ponte qui seraient plus favorables à la naissance de tortues femelles est envisageable. Toutefois, ce type de solution n'est pas une panacée, car des prédateurs risqueraient de découvrir le lieu rapidement. « Il ne faudrait pas créer un buffet chinois pour ratons laveurs », remarque Mathieu St-Pierre.

L'ajout de panneaux, en bordure de certaines routes, constitue également une option. De tels panneaux pourraient inviter les automobilistes à faire preuve d'une plus grande prudence dans des secteurs de ponte.

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