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Participer à une course en sentier ou à obstacles, c'est nécessairement pousser... (IMACOM, MAXIME PICARD)

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IMACOM, MAXIME PICARD

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Noémie Verhoef

Participer à une course en sentier ou à obstacles, c'est nécessairement pousser les limites du corps à un point tel où l'esprit veut absolument capituler et qu'on ne sait pas si c'est l'un ou l'autre, le corps ou l'esprit, qui va lâcher en premier. Aussi paradoxal cela puisse-t-il paraître, c'est d'ailleurs peut-être à cet état limite que les adeptes de ces courses deviennent accro et qui leur donne le goût de se relancer dans l'aventure, année après année.

En effet, il y a quelque chose de profondément réconfortant à la souffrance qu'on s'inflige à soi-même lorsqu'on pousse ses limites aux extrêmes. Et mon hypothèse principale serait que ces expériences limites permettent de décrocher des problèmes existentiels et quotidiens, car tout notre être est préoccupé par une seule chose et unique chose : survivre. Un sentiment profondément naturel, mais qui est autrement facile à oublier dans le quotidien de nos vies occidentales un peu désabusées.

C'est comme si la société était devenue si organisée, tellement réglée au quart de tour, que l'être humain moyen a complètement évacué la question de sa propre survie, ainsi condamné à penser la vie au lieu de la vivre. Parce qu'il y a toute une différence entre prendre un bain de boue thérapeutique dans un spa et sentir la mixture de terre séchée et de sable granuleux craquer lorsque les sourcils du spartiate moderne froncent dans l'ultime effort nécessaire à gravir l'énième mur de brique le séparant de la salutaire ligne d'arrivée.

En se plongeant dans une aventure aussi intense qu'une course à obstacles de la sorte, on s'oblige à vivre l'ici-et-maintenant, à fond la caisse. Même chose pour les courses de sentier où le plus microscopique des faux mouvements aura tôt fait de vous faire trébucher sur une racine d'arbre pour ensuite être catapultés des mètres plus loin où, étendus de tout votre long dans la boue, vous sentirez le sol vibrer sous les pieds agiles de vos compétiteurs alors qu'ils vous dépasseront d'un bond.

En fait, j'irais même jusqu'à ajouter à cette hypothèse de départ (que ce que les coureurs recherchent pendant la course, c'est de vivre le moment présent) que la souffrance physique qui perdure quelques jours après l'événement a le même effet, avec la « plus value » qu'est le sentiment de fierté d'avoir surpassé leurs limites au point d'en avoir des séquelles.

C'est d'ailleurs un peu avec la fierté du combattant que ceux-ci racontent leurs exploits - souvent en montrant leurs bleus et égratignures de toutes sortes en guise de support visuel à leur exposé. Après tout, quel plaisir y aurait-il à relever un défi du genre en s'en sortant indemne?

Personnellement, je suis toujours fascinée par les récits d'athlètes qui se font un devoir de se surpasser à toutes les occasions. Qu'importe le sport ou le fait qu'elles ou ils soient arrivés premiers ou derniers. Car au fond, ce qu'ils disent à travers leurs récits, c'est qu'ils ont vécu. Qu'ils ont souffert, mais qu'ils ont su accepter la souffrance au moins assez longtemps pour vivre pleinement.

Et ça, ce n'est pas tout le monde qui peut en dire autant.

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