«Le lendemain, comme de raison...»

Tout le monde s'était donné rendez-vous devant le petit écran afin de suivre... (IMACOM, JULIEN CHAMBERLAND)

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IMACOM, JULIEN CHAMBERLAND

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Robert Gagné

Tout le monde s'était donné rendez-vous devant le petit écran afin de suivre les résultats imprévisibles des élections fédérales. Tous les grands chroniqueurs de la scène politique avaient prédit un résultat très serré. L'électorat en a décidé autrement. Vote stratégique.

Il y avait quand même un désir de changement complet de la vieille garde d'un gouvernement qui a décidé avec une certaine arrogance de nous plonger dans la plus longue et la plus coûteuse campagne électorale jamais vécue au pays. Les stratèges conservateurs croyaient pouvoir noyer le poisson en allongeant la bataille puisqu'ils détenaient la meilleure caisse électorale leur permettant de nous inonder de propagande.

Au soir du scrutin, après la vague orange québécoise de la dernière élection, la vague rouge déferla sur les provinces de l'Atlantique emportant cent pour cent des comtés. C'était du jamais vu. Les chefs d'antenne étaient petits dans leurs bottines de prédicateurs et n'osaient avancer quelle forme de gouvernement nous aurions dans les prochaines heures.

Plus de 68 % de l'électorat se prononça et montra le chemin de l'opposition aux conservateurs. L'imprévisible se concrétisa avec l'élection du deuxième plus jeune premier ministre de notre histoire. Une autre génération prenait possession du pouvoir. Personne n'avait donné Justin Trudeau comme gagnant d'un gouvernement libéral majoritaire. Sa jeunesse, un manque de connaissance approfondie dans certains dossiers, ses déficits annoncés, rien de permettait de croire que monsieur Tout-le-Monde allait lui faire confiance.

Faut quand même se rappeler que le ras-le-bol s'était généralisé depuis quelques années devant la baisse de réputation dont jouissait le Canada à travers la planète. Et que dire de la perte de notre siège au Conseil de sécurité de l'ONU.

La grande majorité des faiseurs d'image sont vite tombés d'accord que les stratèges libéraux ont bien entouré leur jeune chef. Le lendemain, le jeune premier ministre élu surprit tout le monde en faisant apparition dans le métro pour saluer ses électeurs et électrices. Une nouvelle ère s'ouvrait rapprochant le politique du citoyen. On en avait perdu l'habitude avec le style Harper qui avait décidé de museler ses députés et ministres pour centraliser le message.

Les défis qui attendent maintenant ce nouveau leader de la génération X sont de taille. Il devra tout d'abord affronter la réalité de la situation puisque celle-ci sera certainement différente de ce qui avait été annoncé. Son premier défi sera de former un premier conseil des ministres avec parité homme femme. Les éminences grises de la machine rouge lui feront un lobby assez contraignant afin de reprendre du gallon dans la machine gouvernementale.

Autre enjeu de taille : Justin Trudeau a l'intention de bien s'entourer (provinces et Parti Vert) pour le Sommet de Paris sur l'environnement. Non seulement devra-t-il bien paraître à Paris, mais aussi il devra y lancer un message articulé et crédible sur la future place du Canada dans les enjeux internationaux.

Pour une fois, je suis assez en accord avec les grands penseurs de notre société qui sont d'avis que le pouvoir doit maintenant passer à une nouvelle génération qui pourra mettre de l'avant de nouvelles idées quant au style de démocratie qui devra nous gouverner dans les prochaines décennies. La réforme annoncée du mode de scrutin est aussi un enjeu de ce nouveau gouvernement. Le retrait du Canada dans les offensives militaires sur la planète fait aussi partie des attentes que les Canadiens nourrissent envers le nouveau leader du gouvernement. Une majorité de Québécois applaudiront peut-être l'annonce de la cessation de frappes canadiennes, mais certains auraient sans doute préféré un retrait pur et simple de nos troupes qui, semble-t-il resteront tout de même sur place pour y jouer d'autres rôles de formation ou de conseillers. Osons espérer que monsieur Trudeau aura le courage de réduire de façon significative le budget de la défense et de redonner à nos armées leur rôle traditionnel de forces de maintien de la paix. Il devra donc sabrer dans le budget du ministère de la Défense du Canada. Bonne chance!

Les caméras de surveillance sont donc allumées et braquées sur le jeune prodige, héritier malgré lui de la succession de son père. Les espoirs sont quelque peu démesurés et le nouveau premier ministre devra s'assurer que les bottines suivront les babines, comme le dit l'adage populaire. À bon entendeur... Salut!

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