Dans la lentille d'Yves Longpré

Le Sherbrookois Yves Longpré est passionné de photographie... (IMACOM, JESSICA GARNEAU)

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Le Sherbrookois Yves Longpré est passionné de photographie sportive.

IMACOM, JESSICA GARNEAU

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Pascal Morin

Qu'ont en commun Eugenie Bouchard, Charles Hamelin, Jessica Zelinka et Jérémi Roch? Leurs prouesses ont toutes été captées par la lentille du photographe sportif sherbrookois Yves Longpré. Un passionné qui s'est fait un nom dans le milieu à force de bûcher.

Lui-même athlète dans son jeune âge, l'homme aujourd'hui âgé de 60 ans a toujours été attiré par le sport, mais encore davantage par ses nombreux artisans. Faire partie de ce monde où les émotions sont à fleur de peau, où les exploits et le dépassement de soi sont monnaie courante, représente un privilège qu'il a toujours chéri.

Après avoir participé à de grands rendez-vous comme les Petites Séries mondiales de baseball avec le Sher-Lenn en 1968 et remporté le titre de champion sherbrookois de tennis au milieu des années 1970, Longpré a dû mettre un terme à une carrière pourtant prometteuse en raison de problèmes de santé. Une décision déchirante.

« Mon corps ne voulait plus. J'avais mal partout, se remémore-t-il. J'adorais faire du sport et je me sentais bien dans ce milieu-là.

« À un moment donné, enchaîne-t-il, je me suis dit que la photo sportive serait mon crédo. Ça me parle beaucoup parce que je l'ai vécu de l'autre côté de l'objectif. Au lieu d'avoir une raquette, un bâton de baseball ou de hockey, j'ai un appareil photo. »

Plusieurs années après son retrait des plateaux sportifs, Yves Longpré, qui travaillait alors à l'Université de Sherbrooke, a en effet recommencé à assister à des compétitions sportives armé d'un petit appareil acheté chez Zone Image au centre-ville de Sherbrooke.

« Je faisais ça pour le plaisir, sans rien attendre en retour », raconte-t-il en rappelant les nombreux investissements requis au fil des ans.

Refus

Au tournant des années 2000, Longpré a tenté une première fois de faire une véritable percée en tant que photographe sportif alors qu'il a demandé des accès à la piste aux organisateurs du Challenge sur glace de Sherbrooke. Comme il ne travaillait pour aucun organisme reconnu, ni pour un média accrédité, il a essuyé un refus.

« On m'a dit de m'inscrire au Club photo de Sherbrooke, se rappelle-t-il. Un jour, j'ai pris des photos d'une compétition de patinage de vitesse et un homme m'avait offert de les prendre pour son site Internet. Malheureusement, ça n'a pas fonctionné non plus. »

Mais à cette même compétition, le photographe a rencontré des représentants des équipes sportives du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke. De fil en aiguille, il est devenu quelques mois plus tard le photographe officiel des 10 équipes universitaires. Il est avec l'organisation depuis cinq ans.

« Ils venaient de perdre le photographe qui travaillait pour eux depuis plusieurs années et ils m'ont demandé si le contrat m'intéressait. J'ai dit oui, sans vraiment savoir dans quoi je m'embarquais. Mais ça m'a finalement amené à rencontrer plusieurs personnes qui me permettent aujourd'hui de faire de la photo un peu partout au Québec et même ailleurs au pays. »

En plus du Vert & Or, le Sherbrookois a effectivement tissé des liens avec plusieurs fédérations sportives dont la Fédération québécoise d'athlétisme, Athlétisme Canada, Tennis Canada et Patinage de vitesse Canada. Sa lentille l'a notamment amené à quatre coupes du monde de patinage de vitesse, à plusieurs championnats canadiens d'athlétisme, aux Jeux du Canada, ainsi qu'à la Fed Cup avec Eugenie Bouchard la semaine dernière à Montréal.

Pas pour l'argent

Bien que ses clichés se propagent à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, on ne peut pas dire que ceux-ci lui rapportent beaucoup de sous. Qu'à cela ne tienne, Yves Longpré adore ce qu'il fait, lui qui est maintenant retraité. Il retire beaucoup de fierté à photographier de jeunes étoiles montantes.

« Chaque fois que des jeunes réalisent des exploits et que j'ai la chance de les photographier, je partage un peu leur joie, souligne-t-il avec passion. Quand une athlète de Sherbrooke réalise un record canadien au championnat canadien d'athlétisme, je réalise que j'ai la chance de vivre l'histoire en direct. Je me dis que cette personne sera probablement aux Olympiques dans quelques années. »

Et vous, les Olympiques, M. Longpré?

« Pas vraiment, dit-il sans hésiter. C'est beaucoup de pression et je pense que je serais trop vieux pour faire ça. Commencer à courir à gauche et à droite pour réussir à avoir les meilleurs clichés et me dépêcher pour fournir les photos, ce serait trop.

« J'ai atteint les objectifs que je m'étais fixés quand j'ai commencé à faire de la photo », termine-t-il sereinement.

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