Membre des équipes nationales de cross-country et de biathlon

Le phénomène Jules Burnotte

Le Sherbrookois Jules Burnotte a réussi à obtenir... (Courtoisie)

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Le Sherbrookois Jules Burnotte a réussi à obtenir son laissez-passer pour les championnats du monde junior de cross-country en prenant le 7e rang au Championnat canadien le 29 novembre dernier à Vancouver.

Courtoisie

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Pascal Morin

Jules Burnotte est un phénomène de la nature. Un spécimen rare qui réussit à allier avec un succès déconcertant le cross-country, l'athlétisme et le biathlon, tout en étudiant à temps plein au DEC intégré en sciences, lettres et arts au Cégep de Sherbrooke, un programme excessivement exigeant. Comme disait l'autre : pas le temps de niaiser!

« À première vue, Jules ne semble pas quelqu'un de très organisé, mais dès qu'on échange avec lui quelques minutes, on s'aperçoit qu'il sait exactement où il s'en va et qu'il a la discipline nécessaire pour y arriver », souligne son entraîneur au Club d'athlétisme de Sherbrooke, Simon Croteau.

« Ses performances athlétiques sont exceptionnelles, mais ce qui est plus impressionnant encore, c'est qu'il s'en sort aussi avec d'excellents résultats scolaires. »

Deux équipes nationales en une semaine

L'athlète de 18 ans semble effectivement posséder la recette pour transformer en succès tout ce qu'il touche. En l'espace de quelques jours au début du mois, ce dernier s'est en effet qualifié sur l'équipe nationale qui participera en mars prochain aux Championnats mondiaux junior de cross-country en Chine avant de gagner sa place avec l'équipe nationale de biathlon en catégorie benjamin. Rien que ça.

« La saison de biathlon commençait le même jour que le championnat canadien de cross-country qui avait lieu à Vancouver. Comme j'avais eu de bons résultats en cross-country cet automne, mon entraîneur et moi avons évalué que mes chances de me qualifier pour les Mondiaux étaient bonnes, raconte Burnotte. J'ai donc acheté un billet d'avion à la dernière minute pour la Colombie-Britannique et je suis allé courir! »

Après avoir obtenu son laissez-passer pour les Mondiaux de cross-country grâce à sa 7e position au 8 km (27:06) à Vancouver, le Sherbrookois s'est ensuite dirigé à Canmore en Alberta pour participer à la première sélection nationale de biathlon. Faisant fi de la fatigue, il a pris le 1er rang au départ de masse sur 10 km (29:42) et le 2e aux deux épreuves de sprint de 10 km (25:20.6 et 30:16).

« Mon objectif était de garder ma place avec l'équipe nationale parce que je l'avais l'année dernière, souligne Burnotte. Maintenant que c'est chose faite, je souhaite continuer de progresser et remporter des médailles au Championnat canadien benjamin et réussir à me qualifier pour une Coupe IBU senior.»

Hiver chargé

Avec des objectifs aussi élevés en biathlon, tout en restant performant en classe, la préparation pour la plus importante course de cross-country de la carrière de Burnotte ne sera pas de tout repos. Pourtant, le principal intéressé ne s'en fait pas trop.

« Je vais continuer de m'entraîner des deux côtés. C'est quelque chose que j'ai déjà bien réussi et ça ne fait pas longtemps! lance-t-il en faisant référence à ses performances réalisées dans les deux disciplines, la même semaine, à Vancouver et Canmore. De toute façon, je n'ai pas d'objectif précis pour les Mondiaux de cross-country. C'est le plus loin que je peux aller dans ma catégorie. »

Choisir? Non merci!

Depuis un certain temps, Jules Burnotte se fait conseiller de choisir un sport et de s'y consacrer à 100 % plutôt que d'essayer de tout faire. Pas question, du moins pour l'instant, d'écouter ces avis extérieurs.

« C'est complexe de jumeler tous les entraînements, de mélanger trois plans d'entraînement et différentes intensités à des moments précis. Mais l'important, c'est d'être constamment en discussion avec les entraîneurs et d'être bien organisé », soutient-il.

Si jumeler deux sports demande une gymnastique assez importante à l'athlète, ses entraîneurs doivent eux aussi apprendre à être plus conciliants.

Tout particulièrement durant certaines périodes de pointe où les deux disciplines se chevauchent.

« Ce sont deux sports qui sont assez complémentaires, admet Simon Croteau. Si Jules était un sprinteur et que son deuxième sport était le biathlon, il y aurait sans doute un problème au niveau du développement physiologique. Ça ne tiendrait pas la route.

« Mais tout le développement aérobique qu'il fait en biathlon sert en athlétisme, enchaine l'entraîneur. Si tout le monde est capable de mettre un peu d'eau dans son vin, les deux sports peuvent se marier.»

Mais au cours des prochaines années, le jeune prodige pourrait quand même être appelé à faire un choix - déchirant il va sans dire - s'il souhaite pouvoir passer au niveau mondial chez les seniors, alors qu'il se dirige vers le steeple, une discipline qui est très exigeante techniquement en athlétisme.

« Les spécificités techniques des deux disciplines vont être de plus en plus difficiles à concilier à un haut niveau, affirme Croteau. Mais depuis plusieurs années, il y a de gens qui lui disent qu'il va avoir un choix à faire. Je lui lève mon chapeau de ne pas avoir cédé à cette pression-là. Et en ce moment, il prouve à tout le monde qu'il est capable d'allier les deux et de réussir à le faire dans la même semaine en plus! »

Jules Burnotte continuera-t-il à faire mentir les observateurs? L'avenir nous le dira.

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