Richard Vachon: Fleurimont, capitale culturelle?

Richard Vachon: directeur du Parvis à temps plein,... (SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS)

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Richard Vachon: directeur du Parvis à temps plein, chanteur à temps partiel.

SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS

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C'est où le Parvis? C'est juste en face du restaurant Demers! Rencontre avec l'enthousiaste directeur général du centre culturel, Richard Vachon, qui érige peu à peu l'arrondissement Fleurimont en improbable capitale culturelle.

Vendredi, fin d'après-midi. Derrière le bar du Parvis (anciennement la Salle du Parvis), Richard Vachon prodigue quelques précieux conseils à la jeune fille qui servira bières, jus et vino, pendant les deux concerts du Vent du Nord. Puis détour par la billetterie, pour s'assurer que les spectateurs entrent rondement, avant de monter sur scène afin de dûment présenter les artistes.

« Ça paraît que ça n'a pas été ajusté pour moi », blague-t-il, plein d'autodérision au sujet de sa taille, en descendant le micro à la hauteur de sa bouche. Avec son sourire avenant, sa prévenance de tous les instants et son look propret, Richard Vachon est partout en même temps dans le centre culturel de l'arrondissement Fleurimont, dont il mène la destinée depuis 2012 et qui célèbre cette année son cinquième anniversaire.

Il faudrait presque parler d'une date historique dans la courte vie du Parvis, qui accueille pour une des rares fois deux salles presque pleines au cours de la même soirée. « C'est moi qui a insisté auprès de Geneviève [Saint-Denis, productrice de ce programme double Musique à bouches/Le Vent du Nord] pour qu'elle organise une supplémentaire à 17 h 30, avant le spectacle de 20 h, parce que je n'avais pas le goût de passer deux semaines à répondre au téléphone et à dire qu'il n'y avait plus de place. » Le directeur général se démène tellement pour mettre le Parvis sur la mappe, pas question de laisser poireauter sur le perron quiconque s'y pointera.

Dans la sacristie de l'ancienne église Coeur-Immaculé, aujourd'hui transformé en bureau, le Sherbrookois d'adoption ajoute : « La raison pour laquelle je suis parti de Montréal, c'est parce que tout y a déjà été fait, pendant qu'ici, tout est à faire. Il y a tellement de choses qui se passent là-bas. Madonna vient une semaine et plus personne ne s'en souvient la semaine suivante, parce c'est U2 qui suit. »

Se « parachuter » à Sherbrooke

À 33 ans, Richard Vachon peut se vanter de n'avoir occupé que peu de boulots hors du monde de la culture. « À 16 ans, je poussais des carrosses chez Maxi, mais même là, je chantais tout le temps. » Il se retrouve quelques années plus tard sur la rue Cherrier, parmi la brigade de téléphonistes du réseau Admission, qui lui permet parfois de combler avec ses propres fesses les sièges laissés libres dans les nombreux lieux de diffusion que dessert le réseau. « Ça a vraiment aiguisé mon oeil », se rappelle le fils d'un peintre en bâtiment et d'une col bleu de la Ville de Montréal, qui a grandi dans le quartier populaire de Saint-Henri.

Ouvreur au TNM, Richard est le seul à vouloir assister à chacune des 34 représentations d'une même pièce, pendant que ses collègues préfèrent profiter du spectacle pour potasser dans leurs manuels scolaires. « C'est là que l'arrière-scène a commencé à m'intriguer. » Il étudie bientôt en production à l'École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, puis déménage à Mont-Laurier, où sa blonde gagne sa vie comme vétérinaire d'animaux de ferme, pendant qu'il donne des ateliers de théâtre au secondaire et au cégep.

Madame devant changer d'employeur, et lui sans attache, le couple choisit de se « parachuter » à Sherbrooke, sans trop connaître la ville. « Je suis arrivé ici en pensant passer les 30 prochaines années à bâtir un lieu comme le Parvis, mais on me l'a offert sur un plateau d'argent », se réjouit-il, en saluant son prédécesseur, André-Daniel Drouin.

Incubateur pour les jeunes artistes de tous âges, lieu d'exposition pour le vétéran peintre du dimanche comme pour celui qui apprivoise le pinceau, page blanche sur laquelle le dilettante peut imprimer son rêve; le Parvis ouvre grand ses bras et ses portes au créateur qui, en chaque Sherbrookois, attend d'être réveillé.

« Notre mission, c'est d'accueillir des artistes professionnels de passage en ville, comme Le Vent du Nord, mais aussi d'aider les citoyens à mettre au monde leur propre projet. Il y a plein de gens qui me disent : "Richard, un jour je vais venir te voir et on va le monter mon spectacle!", des gens qui ne gagnent pas leur vie comme artiste, mais qui ont un talent. Ce que je leur réponds toujours, c'est que c'est inutile d'attendre. Au Parvis, on va vous aider à le monter tout de suite votre spectacle, pas demain. »

Le DG en scène

Question de faire la démonstration de ce qu'il affirme, Richard Vachon se propulsait en février dernier sur sa propre scène à l'occasion du Show du DG, un hommage à la musique noire américaine, que le chanteur à la puissante voix rauque reprend cette semaine chez son homologue Clément Drolet, du Centre communautaire et culturel de l'arrondissement Jacques-Cartier. Des classiques de Noël, ainsi que des succès d'artistes blancs lourdement marqués par l'influence du rythm'n' blues et de la soul, figureront aussi au programme.

Premier volet d'une trilogie de spectacles dont il tient la vedette, ce rutilant tour de chant connaîtra une suite le 5 février 2016, au Parvis, à l'occasion d'un hommage aux musiques de films intitulé Le DG fait son cinéma. Un hommage à la chanson française devrait plus tard conclure la série. Un peu, pas mal, artiste, oui, Richard Vachon, bien qu'il réserve ses plus hautes ambitions pour sa salle.

« Quand les gens me demandent où je travaille, il arrive souvent qu'ils ne connaissent pas le Parvis. Quand je dis : "Vous savez, c'est en biais avec le restaurant Demers", là tout le monde comprend. La journée où quelqu'un va demander : "C'est où ça, le restaurant Demers?" et qu'on répondra : "C'est juste en face du Parvis", je serai un homme comblé. »

À retenir

Père Noël arrive ce soir... avec Richard Vachon

Samedi 12 décembre à 19 h

Centre communautaire et culturel de l'arrondissement de Jacques-Cartier

(2050-B, boul. de Portland)

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