Les Guerres d'l'Amour : énergie cardio

Les Guerres d'l'Amour disséminent leur discoïde énergie vendredi... (COURTOISIE MAUDE TOUCHETTE)

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Les Guerres d'l'Amour disséminent leur discoïde énergie vendredi à la Petite Boite noire.

COURTOISIE MAUDE TOUCHETTE

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Les Guerres d'l'Amour, c'est ce qu'on appelle, dans le disco des figures de style, un oxymoron. C'est aussi le meilleur groupe de disco intergalactique au Québec. Jasette philosophico-énergétique avec Maxime Bouchard, chantre des spas et leader spirituel de la plus charnelle des armées.

Et si Réjean Ducharme avait écrit des textes pour Prince plutôt que pour Robert Charlebois? Et si Claude Fournier avait demandé au roi de l'italo disco Giorgio Moroder de composer la trame sonore de son folichon long-métrage La pomme, la queue et les pépins? Et si les B-52's avaient émergé du Faubourg à m'lasse, plutôt que d'Athens en Géorgie, et avaient nourri une obsession pour le sexe et ses pulsions?  

Tout ça aurait été franchement cool, mais peut-être pas aussi cool que Les Guerres d'l'Amour, suave armada composée d'une douzaine (!) de paires de jambes qui, depuis 2012, réinvestit le plancher de danse comme sublime et ultime lieu de la transcendance, tout en figurant une vision charnelle d'un disco intergalactique, embrassant l'univers entier et embrasant les entre-jambes un par un.

« Si tu m'voyais m'déshabiller, j'te ferais capoter », insistent les affables combattants dans T'aS MêMe Po Vu!, grivois et ondoyant extrait de leur premier album, le lascif Unisexe (2014), et on les croit sur parole, après les avoir vus sur scène, chacun d'entre eux étant traversés par une désinhibition digne d'un enfant de cinq ans qui porterait un costume scintillant. Dans une classe de yoga, on dirait sans doute que ces gens-là savent habiter leur corps.

Le leader spirituel, chanteur et principal compositeur de la formation, Maxime Bouchard, alias Max BouBouBou, ambitionnait d'abord en déclenchant ces guerres de redonner aux mélomanes le désir de remuer les foufs au coeur d'une époque où, hors des cercles world, la ballade folk règne (pour le meilleur et pour le soporifique). Rameuter autant d'esprits libres, dont des cuivres et deux danseuses contemporaines, sur un même petit bout de scène, c'était aussi décocher un joyeux doigt d'honneur aux rigueurs budgétaires contraignant trop souvent les jeunes artistes à des tours de chant acoustiques, en formation réduite. Quand on a l'amour, l'argent, de toute façon, on s'en fout.

« J'ai déjà été un rebelle qui voulait faire un pied de nez au capitalisme, mais maintenant, je suis davantage dans une période d'acceptation, et si je rassemble autant de gens autour de moi, c'est surtout parce que ça génère plus d'énergie, explique Bouchard. L'énergie est à la base de ma conception de la vie, parce que lorsque quelque chose te fait une émotion en dedans, que ce soit du poulet frit, une fille ou un char, t'as envie de mettre toute ton énergie dans cette chose-là. Nous, on crée de l'énergie en bougeant, parce que la vie, c'est le mouvement. Brad Pitt l'a dit dans Wolrd War Z. »

Tout le monde dans le spa

Sur un ton oscillant entre la conversation et celui qu'on emploierait pendant de délicieux préliminaires, ainsi que dans une langue très juteusement joualisante, Maxime Bouchard et sa collègue Amélie Pitre célèbrent donc sur Unisexe la grisante voracité propre à une relation toxique (LeS CrOcS din VeiNes!!), les destructeurs charmes d'une femme qui « move son body » (AmirA!) ainsi que l'extase insoupçonné de l'adultère dans un spa (LeS gRanDs CoUps D'l'AmoUr!). On aura aussi compris que Les Guerres d'l'Amour affectionnent particulièrement la lettre majuscule insérée de façon aléatoire.

« J'adore les spa, c'est un de mes endroits préférés sur la Terre », s'exclame Bouchard, que l'on pourra désormais qualifier de Gandhi des bains tourbillons. « Je pense que si tous les humains de la Terre avaient droit à un spa par semaine, il n'y aurait ni conflit ni terrorisme. Tout le monde serait calmé. »

Les Guerres d'l'Amour, groupe charnel, donc, bien que la conversation prenne en conclusion un tour drôlement philosophique. « Rassembler des gens, c'est créer de la beauté, martèle Maxime Bouchard. Moi, j'aime tout ce qui est beau : les belles chansons, les beaux meubles, la belle bouffe, les belles personnes. Je ne sais que ça ne veut pas dire quelque chose de précis, ce mot-là, beauté, et c'est ce que j'aime. La beauté, c'est une quête éternelle. »

Doublé sexü

Parmi les grands noms du disco lubrique francophone, seule Patsy Gallant sera absente vendredi de la Petite Boite noire qui, en plus d'être caressée dans le sens du poil par Les Guerres d'l'Amour, pulsera au rythme de Beat Sexü. Le quatuor met en orbite ces jours-ci Open House Qc, premier album complet composé d'improbables relectures discoïdes de pièces d'abord enregistrées par des compatriotes musiciens de la Vieille Capitale. Créé au Pantoum, épicentre de l'effervescence musicale du bourgeonnant quartier Saint-Roch, ce gros party de disque réunit entre autres au micro Pascale Picard, Ponctuation et Jane Ehrhardt, qui mettent tous un pied (dansant) hors de leurs proverbiales zones de confort. Le grégarisme aura rarement été aussi orgasmique.

À retenir

Beat Sexü et Les Guerres d'l'Amour

Vendredi 4 décembre à 20 h 30

La Petite Boite noire (58, rue Meadow)

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