Subb: prolonger un peu le party

Subb, groupe phare du ska-punk du tournant du... (Courtoisie Marilyse Boulais)

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Subb, groupe phare du ska-punk du tournant du millénaire, se réunit pour une courte série de spectacles.

Courtoisie Marilyse Boulais

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Les icônes ska-punk Subb donnent un rare spectacle retour au Bar Le Magog, à l'occasion du Sherbrock. Il ne faut pas les manquer, sinon, il sera trop tard. OK, Sherbrooke?

Vous avez syntonisé MusiquePlus en 2000? Vous avez - c'est sûr et certain - déjà aperçu le chanteur de Subb Jeff Quesnel en chemise hawaïenne se dandiner tout en chantant rêver de vivre en Californie, où il mènerait une vie de plage et de volupté. L.A. Beach Bum, que s'intitule cet hymne générationnel, dont l'inoubliable clip demeurera pour l'éternité associé dans nos souvenirs aux colliers en billes de bois (c'était l'époque), à un animateur au visage en forme de rouli-roulant et à une certaine effervescence du ska-punk au Québec. Until the Party Ends, l'album d'où émergeait le « Take me away » de ce refrain ensoleillé, trouverait près de 10 000 preneurs, des chiffres aujourd'hui complètement surréalistes.

Non, Subb, le groupe que formaient les aspirants beach bums en question, n'a jamais réalisé son fantasme de sable chaud et de dolce vita, mais les cinq gars de Saint-Jean-sur-Richelieu (Quesnel, Martin Charron, guitare, Math Goyette, guitare, Stef Gauthier, basse, et JF Laguë, batterie) revendiquent néanmoins avec UtPE un des albums les plus marquants du ska-punk du début de millénaire, quelque part entre espoir d'un monde moins con (Plastic Guns & Bullets), spleen amoureux (Bright Red Dress) et gros déconnage (All About Shane).

Alors que le très cafardeux disque suivant, Daylight Saving (2002), annonçait déjà une certaine lassitude chez ses membres déchirés entre leur vie personnelle et des tournées exigeantes, Subb prenait pour de bon sa retraite en 2010. Difficile de faire des bébés, de s'accomplir au boulot et de ratisser les scènes underground de la province, sans sacrifier une part de soi-même.

Les sirènes du Rock Fest à Montebello, qui convainc depuis quelques années de nombreux groupes cultes de rebrancher leurs amplificateurs, ramenaient pourtant Subb à la vie en juin dernier, quatre ans à peine après sa mort. Une courte série de spectacles devaient ensuite mener le groupe jusqu'en Ontario. Pourquoi alors avoir récemment annulé les concerts prévus dans la province voisine?

« Quand on est allé jouer à Amos au début d'août, la réalité nous a frappés, explique Martin Charron. On avait tous pris congé de notre job, mais il y a deux gars dans le band qui sont chefs d'équipe et ils étaient obligés de travailler dans la van. Le retour au boulot n'était pas nécessairement facile le lundi matin. Sherbrooke, ce n'est pas trop loin de chez nous, alors on peut se permettre de faire le show, mais c'est un des derniers pour un très bon bout, c'est sûr », poursuit le guitariste pendant que sa petite fille le réclame à l'arrière.

Shane, quinze ans plus tard

Ironie quand tu nous tiens : alors que Subb devait négocier avec des salles plus ou moins bien remplies avant de se dissoudre, une nostalgie un brin précoce pour le ska de la fin des années 90 alimente présentement le retour en grâce de nombreux groupes oubliés, dont Reel Big Fish, étonnamment propulsé cet été en tête de la programmation du Festif! de Baie-Saint-Paul.

Ces renaissances ne vont comme de raison pas toujours sans certains malaises, peut-on du moins supposer en repensant par exemple à une chanson délicieusement amusante, mais très puérile, comme la susmentionnée All About Shane. Comment l'homme sage qu'est aujourd'hui Jeff Quesnel parvient-il à réinterpréter sans rougir cette hormonale ode à la star du porno du même nom? Vous a-t-on précisé que Jeff est non seulement père de famille, mais aussi prof au primaire?

« On ne l'a pas jouée encore cet été, parce que oui, c'est bizarre d'entendre ça dans la bouche d'un prof au primaire, mais il va peut-être accepter à Sherbrooke de redevenir pour deux minutes et demie l'ancien Jeff, rigole Martin. All About Shane m'a tout le temps fait grincer des dents, mais elle est funny et accrocheuse. Les paroles sont tellement adolescentes qu'on ne peut pas trop la prendre au sérieux. »

Réduire l'oeuvre de Subb à une série de refrains potaches relèverait cependant de la plus pure des mauvaises fois. Remercions bien bas la formation d'avoir su ouvrir une fenêtre sur le ska, genre incontournable pour tout mélomane digne de ce nom, dans la tête de bien des petits boutonneux (dont l'auteur de ces lignes) qui ne s'abreuvaient jusque-là qu'aux sottises pipi-caca-poil de Blink-182 et autres imitateurs, voire pire, à Limp Bizkit.

« On se réunissait de temps en temps depuis notre séparation juste pour le fun de faire des veilles tounes, se rappelle Martin, mais quand on a commencé à pratiquer pour le Rockfest, on a tourné une vidéo promotionnelle et je me suis senti à ce moment-là exactement comme à nos débuts. Je me sentais partie prenante d'un band vivant. C'était une drôle d'émotion. »

Tu veux dire que la vie de famille, tout aussi satisfaisante soit-elle, ne peut remplacer la fraternelle énergie générée par cinq gars qui jouent fort ensemble dans un sous-sol ou sur la scène d'un bar? « C'est un peu ça, oui. »

À retenir

Subb

Samedi 12 septembre à 20 h

Bar Le Magog (244, rue Dufferin)

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