HAUTE FIDÉLITÉ

Les Jeux olympiques du mensonge

Alicia Lemieux, Alexandre Martin, Simon Turcotte et Denis... (IMACOM, JOCELYN RIENDEAU)

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Alicia Lemieux, Alexandre Martin, Simon Turcotte et Denis Bégin, dans une scène de Haute fidélité, comédie présentée cet été à la Salle du Parvis.

IMACOM, JOCELYN RIENDEAU

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Parce qu'il ne faut pas snober son plaisir et parce qu'il n'y a pas plus comiquement efficace qu'un bon vieux quiproquo, la compagnie Skênê Machine organise cet été sur la scène du Parvis les premiers Jeux olympiques du mensonge. Demandez à la billetterie des sièges pour la pièce Haute fidélité.

À l'instar de plusieurs créateurs renouvelant le genre depuis quelques années, le fondateur de Skêné Machine Nicolas Duquette préfère parler de théâtre en été plutôt que de théâtre d'été. « L'expression théâtre d'été nous rappelle certains mauvais souvenirs de pièces un peu plus bas de gamme, oserais-je dire. Aujourd'hui, la plupart des théâtres en été essaient d'aller chercher des textes qui pourraient être montés pendant la saison régulière. »

Ce qui ne veut pas dire que Haute fidélité, nouveau spectacle de la compagnie présenté au Parvis jusqu'en août, se refuse au doux plaisir de multiplier les quiproquos, ingrédient aussi indissociable de la dramaturgie estivale que le bermuda de ses spectateurs. Après une altercation au cours de laquelle il se portait à la rescousse d'une vieille dame, un chauffeur de taxi baptisé Joe Bleau (traduction québécoise de John Smith) aboutit à l'urgence, où il décline deux adresses au personnel qui le prend en charge. Pourquoi deux adresses? Parce qu'il habite bel et bien, à temps partagé, dans deux endroits différents, avec deux femmes différentes. « C'est vraiment les Jeux olympiques du mensonge », résume Nicolas qui, en plus de coproduire le spectacle, interprète le benêt sergent-détective Grand'Maison.

Il y a dans le quiproquo un utile ressort dramatique, d'une éternelle efficacité comique, mais aussi le miroir grossissant des petites manigances qui émaillent nos quotidiens, plaide l'homme de théâtre. « C'est un menteur, Joe Bleau, mais c'est un bon gars. Il a de bonnes intentions, il aime ses deux femmes! On compatit avec lui! On n'a pas besoin d'avoir été dans une situation maritale semblable pour s'être déjà embourbé dans nos mensonges, même si c'était d'abord des mensonges pieux. »

« Ce texte-là nous permet de ne pas nous prendre au sérieux, tout en faisant du théâtre sérieusement, pour plaire au plus large public possible », poursuit-il au sujet de la pièce de l'Anglais Ray Cooney, Run for Your Wife, dont il a transposé les références, troquant le quartier Streatham de Londres pour la rue Prospect à Sherbrooke, et la banlieue de Wimbledon pour la rue Saint-Patrice à Magog. Présenté pendant neuf ans sans interruption dans la capitale britannique à partir de sa création en 1983, le texte trône aujourd'hui au sommet de la liste des comédies les plus jouées l'été au Québec.

Du théâtre dans l'Est

Nicolas Duquette se mettait la tête sur le billot l'an dernier. Il y avait un moment qu'il n'y avait pas eu de théâtre en été à Sherbrooke, le genre ayant été kidnappé par les granges de petites bourgades ou par les grandes productions de Juste pour rire. Avec Toc Toc, l'ancien prof au Séminaire Salésien parvenait à rameuter dans l'Est quelques 1200 spectateurs. La part qu'ont jouée dans ce succès l'opiniâtreté et la vitalité d'un Richard Vachon ne pourrait être sous-estimée. Depuis le début de son mandat, le directeur du Parvis transfigure la salle de la rue du Conseil, qui ressemble de moins en moins à un banal centre communautaire et de plus en plus à un tremplin pour les idées admirablement déraisonnables.

Bien qu'il confie être présentement angoissé à mort, Nicolas Duquette demeure visiblement, à l'aube de ses 45 ans, ce jeune homme enthousiaste qui, dans son Thetford Mines natal, aimait à « abattre des murs et à défoncer des portes » pour monter sa propre version des Héros de mon enfance de Tremblay.

Mais pour se ménager un peu, il a délégué cette année toutes les responsabilités de mise en scène à Laurie Léveillé, à qui revient la lourde tâche de tenir en bride la folle bande formée de son producteur ainsi que de Simon Turcotte, Alicia Lemieux, Alexandre Martin, Alexe Laroche et Denis Bégin. La jeune vingtenaire, diplômée du Séminaire de Sherbrooke et présentement étudiante à l'UQAM, remportait en 2014 L'Égrégore, grand prix du concours intercollégial d'écriture dramatique. Nicolas : « J'avais le choix entre Denise Filiatrault et Laurie, et c'est elle que j'ai engagée. »

À retenir

Haute fidélité

Les jeudis, vendredis et samedis du 9 juillet au 15 août dès 20 heures

Salle du Parvis

987, rue du Conseil

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