Steve Roy: Monsieur Coaticook

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Steve Roy présente tout l'été La virée d'Al Capone dans la Grange Ronde du Parc de la Gorge de Coaticook.

Photo Imacom, Jessica Garneau

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Saint-Élie-de-Caxton a eu Fred Pellerin. Coaticook peut désormais compter sur Steve Roy pour mythifier un des chapitres les plus invraisemblablement méconnus de son histoire - celui de la prohibition - avec La virée d'Al Capone.

Le téléphone de Steve Roy vibre au milieu de la table. «Excuse-moi, faut absolument que je le prenne, c'est peut-être pour des billets.» Il s'agira effectivement d'une dame de Shawinigan souhaitant réserver des places pour La virée d'Al Capone, premier one-man-show du présentateur météo d'ICI Estrie.

«Si vous êtes là pour la représentation de 20h30, ce serait parfait, on a déjà beaucoup de billets vendus. Mais si vous ne pouvez arriver que pour la représentation de 21h45, pas de problème. Je ferai le show pour vous deux s'il le faut», insiste Steve, sans aucun agacement perceptible dans la voix. C'est bien sûr un peu le producteur qu'on entend parler ici, mais c'est aussi, et surtout, le petit gars qui présentait ado des spectacles d'humour à l'école secondaire La Frontalière.

«J'avais l'impression d'avoir réalisé tous mes rêves», explique le jeune trentenaire au sujet de la genèse de La virée d'Al Capone, qu'il racontera pendant la haute saison touristique trois fois par soir, sept jours sur sept.

«Je voulais animer un retour à la maison à la radio et je l'ai fait. Je voulais travailler à la télé, je l'ai fait. Je voulais avoir une femme, des enfants, une maison, et j'ai tout eu ça, sauf que je n'avais pas encore fait mon show à moi.»

Une fertile note en bas de page

En voyage à Reykjavik en Islande il y a quelques années, Steve et sa copine participent dans une brasserie locale à une visite guidée retraçant non seulement l'histoire de l'entreprise, mais aussi celle de la prohibition qui a longtemps asséché l'île.

L'animateur ambitionne dès lors d'importer l'idée dans son patelin d'origine. À l'instar de bien des territoires frontaliers, Coaticook a profondément plongé ses mains dans la contrebande d'alcool afin d'humecter le gorgoton sec de ses voisins ricains, qui ont été contraints par leurs dirigeants à boire de l'eau de 1919 à 1933.

Au deuxième étage de la Grange Ronde du Parc de la Gorge de Coaticook, Steve mythifiera tout l'été ce chapitre méconnu du passé de la région, fertile creuset d'anecdotes invraisemblables mettant en scène tout ce qu'on peut imaginer de petits bandits, de ruses abracadabrantes, de sang versé et de meurtres irrésolus.

Il y avait dans les archives de la Société d'histoire de Coaticook un spectacle d'humour qui n'attendait qu'à être assemblé, à partir de ce pan du passé qui, dans le grand livre de l'histoire officielle, a longtemps été relégué au rang de note en bas de page.

Pourquoi donc?

«Les gens n'étaient pas fiers de ça. Tu ne veux pas être connu pour tes méchants coups, C'était le monde de la cachette, la prohibition. Mais les protestations s'apaisent à mesure que le temps passe, et je ne crois pas dépeindre les gens comme de grands criminels de toute façon», explique en entrevue au lendemain de sa première médiatique celui qui, au cours des huit derniers mois, a joué à l'enquêteur en cognant aux portes de résidents de la région.

Il fallait mettre de la viande autour des squelettes d'histoires qu'il avait glanés dans L'Étoile de l'Est et le Coaticook Observer, les journaux de l'époque.

Pour l'amour de sa ville natale

Quelque part entre le stand-up et le spectacle de conte, La virée d'Al Capone a aussi quelque chose de la lettre d'amour de Steve Roy à sa ville natale, qu'il n'a jamais cessé de porter près de son coeur.

«La personne que je suis, je la dois en grande partie à cette communauté qui m'a tout donné, insiste-t-il. Benoit Pelletier qui fait la mise en scène du spectacle, c'est ma référence en théâtre. J'ai longtemps été de la distribution de ses pièces, l'été dans la Gorge. C'est lui qui a largement construit le communicateur que je suis devenu.»

Quelque 72 000 estivants visitaient l'an dernier le Parc de la Gorge de Coaticook, aimantés par la Foresta Lumina de Moment Factory, un projet casse-cou, comme en compte beaucoup l'histoire de la capitale québécoise de la crème glacée, observe son enthousiaste ambassadeur.

«Notre passé est rempli de gens qui ont eu des flashs, comme la laiterie, ou le Château Norton. C'est ça, Coaticook!», défend-il, en évoquant cette splendide maison de style néo-Queen Anne, construite par Arthur O. Norton, entrepreneur qui est passé à la caisse en manufacturant un cric à roulement à billes. Le bâtiment abrite désormais le Musée Beaulne.

«Il y a des lieux qui t'imprègnent, qui ne vont jamais vraiment te quitter, et le Parc de la Gorge, c'en est un, confie Monsieur Coaticook. C'est profondément ancré en moi. J'ai embrassé ma première blonde sous le pont couvert. J'ai une fascination, une passion immense pour cette ville, pour son histoire, son architecture, ses rues, ses cimetières et ses noms.»

À retenir

La virée d'Al Capone

Jusqu'au 22 août

Dans la Grange Ronde du Parc de la Gorge de Coaticook

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