Jérôme Dupuis-Cloutier : groove grave

Jérôme Dupuis-Cloutier présente samedi au Boquébière les nouvelles... (Courtoisie Marc-Étienne Mongrain)

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Jérôme Dupuis-Cloutier présente samedi au Boquébière les nouvelles chansons de son album à paraître cet automne.

Courtoisie Marc-Étienne Mongrain

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Jérôme Dupuis-Cloutier se réinvente en enfant de la soul et du groove sur un deuxième album solo à paraître cet automne. Qu'on se le tienne pour dit : le Sherbrookois d'origine veut débaucher les hanches. Écoute préliminaire.

On en a écrit de belles choses lors de la parution de Gentleman refroidi, premier album de Jérôme Dupuis-Cloutier paru en 2010. Journalistes musicaux et critiques avaient alors presque unanimement célébré, en multipliant les superlatifs, la soufflante maturité et la beauté surannée de ces chansons folk aux références dont se drapent rarement les jeunes vingtenaires. Le chanteur d'origine sherbrookoise confessait d'ailleurs à qui voulait l'entendre son admiration pour Jean-Pierre Ferland ou Robert Charlebois.

Mais de tous les généreux adjectifs épinglés à ce disque d'une rare orfèvrerie, nul n'aurait même songé à employer les termes groove ou soul. Ce sont pourtant les maîtres mots du deuxième album de Jérôme Dupuis-Cloutier, à paraître cet automne. Parlons d'une réinvention quasi totale, tant les trois extraits entendus par La Nouvelle font table rase du passé.

En étroite collaboration avec le batteur Gabriel Lemieux-Maillé (aperçu entre autres avec Harvest Breed), l'ex-Roi Poisson articule autour de lignes de basse entêtantes et d'éruptions de claviers analogues des rythmes enivrants, qui débauchent les hanches. Des cuivres enfiévrés irriguent d'une urgente chaleur ces lascives et charnelles oraisons.

Même changement au plan des textes. Alors que le gentleman refroidi était tourmenté par les amères déceptions que générait en lui le choc entre la réalité et ses idéaux romantiques, le JDC nouveau parle maintenant la langue des ébats et du souffle court.

« Quand tu m'abandonnes, au soupir de ton corps, je ne t'aime plus, je t'adore », clame-t-il dans L'amour frappe son ressort, lubrique et tendre confession d'un gars entièrement possédé par le désir qu'inspire en lui une représentante de l'autre sexe. En clair : ça se passait jadis entre les deux oreilles pour Jérôme Dupuis-Clouter, ça se passe désormais en bas de la ceinture.

Inspiré par Mehliana

Qu'est-il arrivé? Tu en as marre du folk? « J'avais le feeling que si je faisais un autre disque de folk, il faudrait que je mette du ukulélé, et ça ne me tentait pas », blague-t-il, au sujet d'un instrument qu'on a récemment un peu trop entendu. « Ce qui est arrivé, pour vrai, c'est que j'ai vu le projet Mehliana du pianiste Brad Mehldau l'an dernier au Festival de jazz. Il ne joue qu'avec un batteur. Gabriel et moi, on a eu le goût de fonder notre propre duo de synthés et de batterie. J'ai voulu enregistrer un album que j'aurais le goût d'écouter, que j'aurais le goût de jouer sur scène. J'aime encore la chanson et le folk, mais j'ai toujours aussi aimé l'électro, le hip-hop, la soul. Ce qui a vraiment changé aussi, c'est que j'ai composé au piano, aux claviers. Les rares guitares sur l'album, on les a passées à travers toutes sortes d'effets. On peut dire que je me prends pour un Afro-Américain, même si avec la voix que j'ai, faut que je garde les deux pieds sur terre. »

Aller faire danser le monde

Répétons-le : Gentleman refroidi était un album d'exception, qui brillait à la fois puissamment et sobrement, grâce à ses arrangements minutieusement orchestrés et ses textes conjuguant savamment introspection et autodérision. Malgré des échos médiatiques enthousiastes, l'album trouvera difficilement son public, malheureux résultat d'un travail de promotion déficient. Dupuis-Cloutier serait bientôt recruté comme musicien d'accompagnement par quelques collègues chanteurs, dont Bernard Adamus, qu'il a épaulé et épaule toujours sur scène à la trompette (son instrument premier).

« Il a fallu que je fasse des choix pour gagner ma vie », explique celui qui dirige aussi les Jazz Street Boys, réjouissante formation inspirée par la musique de La Nouvelle-Orléans.

« J'ai joué avec plusieurs artistes [Philippe B, Les Cowboys Fringants cet été], ce qui fait que ce n'était plus une priorité d'absolument faire un album. Avec Bernard, c'était la vraie tournée. Il a un public fidèle qui tripe, et c'est un peu ce qui m'a donné le goût de faire moi aussi un jour de la vraie tournée avec un projet personnel, d'aller rencontrer le monde. C'est l'objectif derrière le prochain album : mettre les claviers et la batterie dans le char et partir faire danser le monde. »

Mais quand tu dis dansant, doit-on comprendre qu'il faut apporter nos glow sticks au Boquébière samedi? « Non, ce n'est pas un rave et je ne pense pas qu'on va avoir de stroboscope! Mais le but, c'est vraiment que ça bounce. Il y en a en masse des tounes folk contemplatives, non? »

À RETENIR

Jérôme Dupuis-Cloutier et Ariel

Samedi 30 mai à 21 h

Boquébière (50, rue Wellington Nord)

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